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AccueilJurisprudence administrativeN° TA108-2100148

Tribunal Administratif de St Martin — Décision N° TA108-2100148

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de St Martin
SectionTribunal Administratif de St Martin
N° DossierTA108-2100148
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantARVIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 novembre 2021 et le 19 mai 2023, Mme B D, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, à titre principal, de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une incompétence de son auteur, dès lors que la compétence du préfet de la Guadeloupe pour refuser une demande de protection fonctionnelle d'un agent de la police nationale n'est pas établie ;

- elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte, dès lors qu'il n'est pas établi que Mme A disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée et suffisamment précise en ce sens ;

- elle est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée de vice de procédure dès lors que l'administration n'a pas mis en œuvre la procédure d'orientation et de traitement des signalements prévue par l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 et l'article 1er du décret du 13 mars 2020 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'une demande de protection fonctionnelle ne peut pas être rejetée pour irrecevabilité ;

- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;

- elle est entachée d'une erreur de droit

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2020-247 du 13 mars 2020 ;

- le décret n° 2013-728 du 12 août 2013 ;

- l'arrêté du 30 décembre 2005 portant déconcentration en matière de gestion des fonctionnaires actifs de la police nationale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Roux,

- et les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique.

Mme E, représentant le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, était présente et n'a pas produit d'observations.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, brigadier-chef de police, entrée dans le corps de la police nationale en 1993, exerce ses fonctions au sein du service de la police aux frontières de Saint-Martin depuis le 1er septembre 2018. Par un courrier du 25 mai 2021, Mme D a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle auprès du chef du service de la police aux frontières de Saint-Martin. Par la décision attaquée du 12 juillet 2021, notifiée à l'intéressée le 17 novembre 2021, le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée, désormais codifié aux articles L. 134-1 et suivants du code général de la fonction publique : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / II.- Lorsque le fonctionnaire a été poursuivi par un tiers pour faute de service et que le conflit d'attribution n'a pas été élevé, la collectivité publique doit, dans la mesure où une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions n'est pas imputable au fonctionnaire, le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui. / III.- Lorsque le fonctionnaire fait l'objet de poursuites pénales à raison de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions, la collectivité publique doit lui accorder sa protection. Le fonctionnaire entendu en qualité de témoin assisté pour de tels faits bénéficie de cette protection. La collectivité publique est également tenue de protéger le fonctionnaire qui, à raison de tels faits, est placé en garde à vue ou se voit proposer une mesure de composition pénale. / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté (). ".

3. D'une part, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 30 décembre 2005 portant déconcentration en matière de gestion des fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " Pour l'ensemble des trois corps de fonctionnaires actifs des services de la police nationale, à l'exception des personnels servant en administration centrale, les préfets sous l'autorité desquels sont placés les secrétariats généraux pour l'administration de la police et, dans les départements d'outre-mer, les services administratifs et techniques de la police () reçoivent délégation pour prendre les décisions concernant : () - les décisions relatives à la mise en oeuvre de la protection juridique de l'Etat ; (). ". En outre, selon l'article 6 du décret n° 2013-728 du 12 août 2013 portant organisation de l'administration centrale du ministère de l'intérieur et du ministère des outre-mer, le directeur général de la police nationale dirige les activités de la direction centrale de la police aux frontières. D'autre part, en vertu de l'annexe II de l'arrêté du 6 mars 2012, relatif à l'organisation territoriale de la direction centrale de la police aux frontières, le service de police aux frontières de Saint-Martin est implanté au sein de la direction départementale de la police aux frontières de Guadeloupe. Il en résulte que le service de la police aux frontières de Saint-Martin est dirigé par la direction départementale de la police aux frontières de Guadeloupe.

4. En l'espèce, la requérante soutient que la décision du 12 juillet 2021 est entachée d'un vice d'incompétence dès lors qu'il n'est pas démontré que Mme C A, signataire de la décision litigieuse, disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée et suffisamment précise en ce sens. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été signée, pour le préfet et par délégation, par Mme C A, cheffe du service administratif de la police nationale. D'une part, il résulte des dispositions précitées que le préfet de Guadeloupe, sous l'autorité duquel est placé le service administratif et technique de la police, est compétent, par délégation du ministre de l'intérieur, pour prendre les décisions relatives à l'octroi de la protection fonctionnelle aux personnels actifs de la police nationale, dont fait partie Mme D. D'autre part, il ressort des pièces produites par le préfet en défense, que, par un arrêté du 10 août 2020, régulièrement publié au recueil administratif spécial n°971-2020-163 du 11 août 2020, le préfet de la Guadeloupe a donné délégation de signature à Mme C A, cheffe du service administratif et technique de la police nationale, en ce qui concerne les attributions de ce service. En vertu de cette délégation de signature, qui est suffisamment précise et a été régulièrement publiée, Mme A était ainsi compétente pour signer l'acte attaqué. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision du 12 juillet 2021 est entachée d'un vice d'incompétence de son auteur.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

6. En l'espèce, la décision attaquée se réfère à la demande de protection fonctionnelle déposée par la requérante, à ses motifs ainsi qu'à l'avis défavorable rendu par son chef de service sur cette demande. Elle expose également les éléments sur lesquels le préfet de la Guadeloupe s'est fondé pour refuser d'y faire droit. Enfin, elle cite les dispositions de la circulaire B8 n°2158 du 5 mai 2008 relative à la protection fonctionnelle des agents publics, qui sont accessibles tant aux juges qu'aux parties, et renvoient aux dispositions législatives applicables, dont l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Cet arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit, par suite, être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 : " Les administrations, collectivités et établissements publics mentionnés à l'article 2 mettent en place un dispositif de signalement qui a pour objet de recueillir les signalements des agents qui s'estiment victimes d'atteintes volontaires à leur intégrité physique, d'un acte de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel, d'agissements sexistes, de menaces ou de tout autre acte d'intimidation et de les orienter vers les autorités compétentes en matière d'accompagnement, de soutien et de protection des victimes et de traitement des faits signalés./ () Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent article, notamment les conditions dans lesquelles le dispositif peut être mutualisé ainsi que les exigences en termes de respect de la confidentialité et d'accessibilité du dispositif. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes dans la fonction publique : " Le dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel et des agissements sexistes prévu par l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 susvisée comporte : 1° Une procédure de recueil des signalements effectués par les agents s'estimant victimes ou témoins de tels actes ou agissements ; 2° Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes de tels actes ou agissements vers les services et professionnels compétents chargés de leur accompagnement et de leur soutien ; 3° Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes ou témoins de tels actes ou agissements vers les autorités compétentes pour prendre toute mesure de protection fonctionnelle appropriée et assurer le traitement des faits signalés, notamment par la réalisation d'une enquête administrative. ".

8. En l'espèce, si Mme D se prévaut des dispositions de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 et de l'article 1er du décret du 13 mars 2020, lesquelles sont relatives à la mise en place d'un dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes prévoyant une procédure d'orientation vers les autorités compétentes, ces dispositions ne sauraient être regardées comme instituant une obligation pour l'administration de procéder à une enquête administrative dans le cadre de l'instruction d'une demande tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle. En outre, Mme D n'atteste pas ne pas avoir été en mesure de saisir les autorités compétentes mentionnées à l'article 1er du décret précité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure, tenant à l'absence de mise en place d'une procédure d'orientation et de traitement de son signalement et de réalisation d'une enquête administrative, doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la légalité interne :

9. Aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ". Aux termes de l'article 11 de la même loi : " Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions, d'une protection organisée par la collectivité publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales. / () La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ".

10. Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient, dans chaque cas, à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

11. En premier lieu, si la décision du 12 juillet 2021, par laquelle le préfet de la Guadeloupe a rejeté la demande de protection fonctionnelle de la requérante mentionne que sa demande est irrecevable, cette simple erreur de plume est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'il résulte clairement des motifs qui la fondent que la demande de Mme D a été rejetée pour un motif de fond. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il ressort des termes du courrier de Mme D du 25 mai 2021, qu'elle a demandé le bénéfice de la protection fonctionnelle à sa supérieure hiérarchique en raison de violences subies à l'aéroport de Juliana à Sint-Marteen le 17 mars 2020. Il ressort des termes de la décision attaquée du 12 juillet 2021 que le préfet de la Guadeloupe a refusé de faire droit à la demande de la requérante au motif que cette affaire possédait un caractère purement privé et personnel.

13. D'une part, la requérante soutient que la décision attaquée dénaturerait les faits litigieux en se fondant sur le rapport de son chef de service, qui n'était pas présent au moment des faits, ainsi que sur de faux témoignages de la part des agents interrogés à l'occasion de l'enquête administrative. En l'espèce, il est constant que la requérante a eu une violente altercation avec un agent de maréchaussée royale des Pays-Bas alors qu'elle se trouvait au niveau du contrôle de l'immigration aux arrivées à l'aéroport de Juliana, lequel a exécuté une clé de bras à son encontre afin de la sortir de cette zone, ce qui lui a occasionné une anxiété réactionnelle et un traumatisme du poignet avec entorse sévère. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de ses propres écritures, que Mme D s'était rendue à l'aéroport de Juliana afin de venir chercher son fils, qui y atterrissait par un vol en provenance de la métropole. Il est également constant que le comportement de l'agent néerlandais était motivé par la volonté d'évincer la requérante de la zone d'accès réglementé où elle se trouvait sans autorisation. Ainsi, la requérante, qui n'apporte aucune preuve de l'inauthenticité des documents contestés, n'établit pas que la décision attaquée serait fondée sur des faits matériellement inexacts.

14. D'autre part, la requérante soutient dans son dernier mémoire qu'elle n'était pas placée en position d'absence au moment des faits dès lors que le courrier du 16 mars 2023, par lequel elle aurait demandé une autorisation spéciale d'absence à compter du 17 mars 2020 afin de garder son enfant mineur, serait un faux. Il ressort toutefois des termes mêmes de sa requête introductive d'instance, ainsi que de son procès-verbal d'audition dressé le 23 mai 2021 lors de son dépôt de plainte devant la gendarmerie nationale, que Mme D a elle-même soutenu se trouver en position d'absence pour enfant malade au moment des faits. En tout état de cause, si elle soutient être intervenue en renfort de ses collègues français dans le cadre de la coopération internationale avec les autorités néerlandaises et que les autorités néerlandaises lui ont délivré un badge d'accès à la zone de contrôle dans cet objectif, il est constant qu'elle s'est rendue à l'aéroport de Juliana de sa propre initiative, sans disposer d'un ordre de mission lui permettant d'effectuer lesdits contrôles, contrairement à ses deux collègues de la police française présents sur place. En outre, la circonstance que les autorités néerlandaises lui aient remis un badge d'accès est insuffisante pour rattacher les faits du 17 mars 2020 à l'exercice de ses fonctions. Ainsi, alors que la requérante exerçait irrégulièrement ses fonctions au moment des faits, le comportement litigieux de l'agent de maréchaussée royale des Pays-Bas n'a pas été réalisé à l'occasion ou du fait des fonctions de Mme D.

15. Enfin, la requérante ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions de l'article 113-3 de l'arrêté du 6 juin 2006, dès lors qu'il est constant qu'elle n'a, à aucun moment, porté assistance à une personne en danger, ni prévenu ou réprimé un acte de nature à troubler l'ordre public ou protégé un individu et la collectivité contre des atteintes aux personnes et aux biens. Par suite, dès lors qu'il est constant qu'elle n'était pas en fonction au moment des faits, c'est à bon droit que l'administration a rejeté la demande de protection fonctionnelle de Mme D et la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation. Elle n'est également pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, ensemble ses conclusions à fin d'injonction et au titre des frais non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Goudenèche, conseillère,

Mme Le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

La rapporteure,Le président,

SignéSigné

J. LE ROUXS. GOUÈS

La greffière,

Signé

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

N°2100148

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