jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2100149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUILLAUME-MATIME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2021, Mme A B, représentée par Me Guillaume-Matime, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer les feuilles de soins dites triptyques dont elle a demandé la communication ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé de faire droit à sa demande de modification des mentions erronées figurant sur le certificat médical final descriptif du 25 mars 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de lui délivrer, sans délai, les feuilles de soins dites triptyques, à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 200 euros pas jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de procéder à l'adjonction des mentions manquantes et à la rectification des erreurs contenues dans le certificat médical final descriptif établi le 25 mars 2021 par le médecin inspecteur régional des Antilles ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer les feuilles de soins dites triptyques est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'accident dont elle se prévaut a été reconnu imputable au service par un arrêté préfectoral du 8 juillet 2020 et que le refus qui lui est opposé empêche la prise en charge des soins liés à cet accident ;
- la décision de notification du certificat médical final descriptif du 13 avril 2021 est entachée d'erreurs de fait concernant la date de l'expertise médicale sur laquelle elle se fonde et en tant qu'elle dispose qu'elle a été reconnue comme étant guérie avec retour à l'état antérieur par cette expertise ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en la considérant comme " guérie avec retour à l'état antérieur " à la date de l'expertise médicale.
La procédure a été communiquée au préfet de la Guadeloupe, qui n'a pas produit d'observations en défense, malgré une mise en demeure en ce sens envoyée le 13 mars 2023.
Par ordonnance du 24 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision refusant de modifier le certificat médical final du 25 mars 2021 dès lors qu'il s'agit d'un acte préparatoire, qu'elle n'a pas saisi le conseil médical en contestation des conclusions médicales et qu'elle n'a pas expressément formulé cette demande auprès du préfet dans son recours du 2 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Guillaume-Matime, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 juillet 2020, le préfet de la Guadeloupe a reconnu que l'incident du 12 octobre 2018 subi par Mme B, brigadière de police affectée à la direction départementale de la police aux frontières de Saint-Martin, était imputable au service jusqu'au 20 octobre 2018. Mme B a ensuite été prolongée en arrêt maladie de manière continue, sans reprendre le service. Par un courrier du 13 avril 2021, le préfet de la Guadeloupe a notifié à Mme B le " certificat médical final descriptif de sa blessure en service du 12 octobre 2018 ", selon lequel le médecin inspecteur régional des Antilles a conclu à sa guérison avec retour à l'état antérieur le 7 mars 2021. Comme suite à ce courrier, Mme B a demandé au préfet de la Guadeloupe de réexaminer son dossier, en contestant les conclusions de ce certificat médical final, et de lui délivrer les " feuilles de soins triptyques ", dont elle avait demandé la communication le 6 décembre 2019, le 10 janvier 2020 et le 3 mai 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande de communication des " feuilles de soins triptyques " et sa demande de modification des mentions erronées du certificat médical final descriptif du 25 mars 2021 et d'enjoindre à l'administration de lui délivrer les feuilles de soins précitées et de modifier le certificat médical.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant de lui délivrer les feuilles triptyques :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur, " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service (). Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite () ". Aux termes du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 : " () si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. ". Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Les dispositions du deuxième alinéa du 2° du présent article sont applicables au congé de longue maladie. ".
3. Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986, dans sa rédaction issue du décret du 21 février 2019 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Aux termes de l'article 47-9 du même décret : " Au terme de l'instruction, l'administration se prononce sur l'imputabilité au service et, lorsqu'elle est constatée, place le fonctionnaire en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la durée de l'arrêt de travail. () Pour obtenir la prolongation du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse un nouveau certificat médical à son administration précisant la durée probable de l'incapacité de travail. ".
4. En l'espèce, la requérante produit trois courriers datés du 25 novembre 2019, du 10 janvier 2020 et du 3 mai 2021, en vertu desquels elle a demandé au préfet de la Guadeloupe de lui délivrer des " feuilles triptyques " suite à son accident de service du 12 octobre 2018, et afin de poursuivre les soins médicaux dont elle estime avoir besoin. Toutefois, en soutenant que l'administration devait lui délivrer ces documents, en application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, et dès lors qu'il existe un lien entre sa blessure et l'accident de service dont elle a été reconnue victime, elle n'apporte toutefois pas de précisions suffisantes afin d'apprécier le bien-fondé de son moyen. En tout état de cause, si la requérante peut être regardée comme ayant demandé à l'administration de lui communiquer le formulaire de déclaration d'accident de service en application des dispositions précitées de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986, il ressort des termes de l'arrêté de préfet de la Guadeloupe du 8 juillet 2020 que son accident a été reconnu imputable au service à l'issue de sa demande déposée en ce sens. Ainsi, dès lors qu'il résulte des dispositions précitées de l'article 47-9 du décret du 14 mars 1986 que la requérante n'avait pas besoin de fournir un nouveau formulaire afin de prolonger son congé pour invalidité temporaire imputable au service et avoir droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par son accident de service, et alors qu'elle n'atteste d'aucun frais ou honoraire resté à sa charge des suites de l'absence de délivrance des feuilles de soins litigieuses, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision implicite par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé de faire droit à sa demande de délivrance de " feuilles triptyques " est entachée d'une erreur de droit.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant de modifier le certificat médical final du 25 mars 2021 :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. "
6. Aux termes de l'article 47-10 du décret du 14 mars 1986 : " Lorsqu'un fonctionnaire est en congé pour invalidité temporaire imputable au service, l'administration peut faire procéder à tout moment à son examen par un médecin agréé. Elle fait en outre procéder obligatoirement à cet examen au moins une fois par an au-delà de six mois de prolongation du congé initialement accordé. / Le conseil médical peut être saisi pour avis, soit par l'administration, soit par l'intéressé, de la contestation des conclusions du médecin agréé. ". Aux termes de l'article 47-18 du même décret : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant de l'accident de service, de l'accident de trajet ou de la maladie professionnelle sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'administration un certificat médical final de guérison ou de consolidation. ".
7. En l'espèce, si la requérante soutient dans sa requête avoir demandé au préfet de la Guadeloupe de modifier certaines mentions présentes sur le certificat médical final qu'il lui a notifié par son courrier du 13 avril 2021, il ne ressort pas des termes de son recours administratif du 2 août 2021 qu'elle aurait effectivement formulé cette demande auprès du préfet de la Guadeloupe, et il n'appartient pas au juge administratif de modifier les conclusions d'un certificat médical en dehors de tout recours administratif préalable en ce sens. En tout état de cause, il est constant que la requérante n'a pas saisi le conseil médical en contestation des conclusions de ce médecin ainsi que l'imposent les dispositions de l'article 47-10 du décret du 14 mars 1986. Par suite, la requête est dirigée contre un avis qui revêt seulement la nature d'un acte préparatoire à une future décision administrative, et non contre une décision au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Ainsi, les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet aurait implicitement refusé de faire droit à sa demande de modification des mentions erronées figurant sur le certificat médical final descriptif du 25 mars 2021 doivent être rejetées comme irrecevables, ainsi que les conclusions à fin d'injonction subséquentes.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, comprises ses conclusions à fin d'annulation, à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, et au préfet de la Guadeloupe.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,Le président,
SignéSigné
J. LE ROUXS. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026