jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2100160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUILLAUME-MATIME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 décembre 2021, Mme B E C épouse A et M. D A, représentés par Me Guillaume-Matime, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée et lui a interdit un retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin l'a assignée à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à la nouvelle décision du préfet sur sa demande de titre, dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui restituer son passeport ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire est illégale par voie d'exception ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie d'exception ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant assignation à résidence est illégale par voie d'exception ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 733-2 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 avril 2023, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Goudenèche, conseillère ;
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante haïtienne, née le 1er août 1960, déclare être entrée sur le territoire français le 12 mai 2007. A la suite d'un contrôle routier le 8 décembre 2021, la requérante a été interpellée. Par un arrêté en date du 8 décembre 2021, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée, lui a interdit un retour sur le territoire français pendant une période d'un an et l'a assignée à résidence. Les requérants demandent au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.
Sur la recevabilité des conclusions présentées par M. D A :
2. Les conclusions présentées par M. D A dès lors qu'elles tendent à obtenir l'annulation d'une décision qui ne le concerne pas personnellement doivent être rejetées comme irrecevable dès lors qu'il ne présente pas d'un intérêt lui donnant qualité à agir.
Sur les moyens communs à l'ensemble de l'arrêté :
3. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
4. En l'espèce, la requérante soutient être entrée sur le territoire français le 12 mai 2007 et y avoir établi depuis sa résidence habituelle. Elle produit, notamment, afin d'en attester des certificats médicaux, deux cartes d'admission médicale, des courriers de la sécurité sociale, une attestation d'hébergement sur l'honneur de son fils datant de 2016, un contrat de location du 1er septembre 2018, des factures d'électricité de 2018 et 2019 et des avis d'imposition. Toutefois ces pièces ne sont ni de nature ni suffisamment nombreuses afin d'établir une résidence continue et stable sur le territoire français depuis cette date. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de la présence en France de son fils, âgé de 31 ans à la date de la décision attaquée et titulaire d'une carte de séjour, de sa belle-fille et de son petit-fils avec qui elle réside cette circonstance ne suffit pas à démontrer des attaches sur le territoire justifiant une insertion familiale sur le territoire. En outre la requérante n'établit ni même n'allègue aucune insertion professionnelle. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux a porté au droit au respect de sa vie privée et familiale de Mme C une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et ainsi méconnu les stipulations précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française ; 7° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans et qui est marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant étranger relevant du 2°, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessée depuis le mariage ; 8° L'étranger titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle servie par un organisme français et dont le taux d'incapacité permanente est égal ou supérieur à 20 % ; 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Par dérogation au présent article, l'étranger mentionné aux 2° à 8° peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 s'il vit en France en état de polygamie. ".
6. En l'espèce, les requérants soutiennent que la décision méconnait les dispositions précitées dès lors que la requérante a droit de plein droit à un titre de séjour vie privée et familiale. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et également pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3 que la situation de la requérante corresponde à l'un des cas énoncés par ces dispositions. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3 que la décision soit entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur le refus de délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette décision doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'aucun des moyens qu'ils ont soulevés contre cette décision n'est fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : ()3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ()"
11. En l'espèce, pour refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire le préfet s'est fondé sur le fait que la requérante s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse. Il ressort en effet des pièces du dossier que par une décision du 29 avril 2020 notifiée le 20 mai 2020 la requérante s'est vu refuser un titre de séjour et s'est maintenue sur le territoire français. Ainsi et pour ces seuls motifs, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et Saint-Martin pouvait refuser d'accorder à l'intéressée, qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points précédents l'arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annuler la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette décision doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'aucun des moyens qu'ils ont soulevé contre cette décision n'est fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code précité : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
16. Il ressort de la décision attaquée qu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à la requérante sans que cette dernière n'établisse ni même n'allègue devoir bénéficier de circonstances humanitaires y faisant obstacle. Par ailleurs, afin de fixer la durée de l'interdiction le préfet s'est fondé sur son entrée irrégulière, de la nature et l'ancienneté de ses liens en France, l'existence d'un refus de titre de séjour et son maintien en situation irrégulière. La requérante n'apporte aucun élément afin d'établir le contraire. Par suite, le moyen doit donc être écarté.
17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points précédents l'arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annuler la décision lui interdisant un retour sur le territoire français doivent être rejetées.
Sur l'assignation à résidence :
19. Aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. ". Aux termes de l'article L. 733-2 de ce code :" L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures.
Lorsque l'étranger assigné à résidence fait l'objet d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une décision d'interdiction administrative du territoire français, ou si son comportement constitue une menace pour l'ordre public, la durée de cette plage horaire peut être portée à dix heures consécutives par période de vingt-quatre heures. ". Aux termes R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. "
20. En l'espèce, la décision d'assignation à résidence en litige interdit à la requérante de sortir de sa résidence sans autorisation et lui fait obligation de se présenter deux fois par semaine au bureau de la police aux frontières. Ainsi, la décision litigieuse méconnait les dispositions précitées dès lors que la durée de la plage horaire pendant laquelle elle doit demeurer dans les locaux où elle réside est supérieure à dix heures consécutives par période de vingt-quatre heures. Par suite, le moyen doit être accueilli.
21. Il résulte de ce qui précède que la décision d'assignation à résidence doit être annulée.
22. Il résulte de tout ce qui précède, que l'arrêté du 8 décembre 2021 doit être annulé qu'en tant seulement qu'il assigne Mme C à résidence.
Sur l'injonction :
23. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions à fin d'injonction de la requérante.
Sur les frais d'instance :
24. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de verser à Mme C la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 décembre 2021 est annulé en tant qu'il assigne Mme C épouse A à résidence.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B E C épouse A, M. D A et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin.
Copie en sera adressée au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
C. GOUDENÈCHE
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026