mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2200008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | KATAM Avocats |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 janvier 2022 et le 1er août 2023, M. B A, demande au tribunal d'annuler la décision du 12 novembre 2020 par laquelle le directeur par intérim de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home a refusé de prendre en charge ses frais de changement de résidence.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il aurait dû bénéficier du remboursement des frais de changement de résidence au titre de son rapatriement au lieu de sa résidence habituelle, sur le fondement des dispositions de l'article 21 du décret du 12 avril 1989 ;
- elle porte une atteinte au principe d'égalité de traitement entre les agents publics en fonction sur le territoire européen de la France et en outre-mer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, le centre hospitalier Louis-Constant Fleming déclare ne pas avoir la qualité de défendeur dans le présent litige.
Il soutient que, si la décision attaquée a été adoptée par le directeur du centre hospitalier Louis-Constant Fleming, c'était en raison de l'intérim qu'il exerçait à la direction de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home pendant cette période ; par suite, la décision attaquée a été prise au nom et pour le compte de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home et il s'ensuit que la requête de M. A n'a pas été communiquée au défendeur idoine, qui est l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home.
La procédure a été communiquée à l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home qui n'a pas produit d'observations en défense, malgré une mise en demeure en ce sens envoyée le 2 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 89-271 du 12 avril 1989 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais de changements de résidence des personnels civils à l'intérieur des départements d'outre-mer, entre la métropole et ces départements, et pour se rendre d'un département d'outre-mer à un autre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Khatri, représentant le centre hospitalier Louis-Constant Fleming.
Les autres parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Depuis le 1er avril 2014, M. A assurait les fonctions de directeur de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home, situé sur le territoire de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin. Le 9 février 2020, il a été admis à la retraite et a déménagé dans la commune de La Rochelle. Par un courrier, reçu le 28 octobre 2020, M. A a demandé le remboursement de ses frais de changement de résidence au directeur par intérim de l'établissement public Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home. Par une décision du 12 novembre 2020, le directeur par intérim de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du directeur par intérim de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home du 12 novembre 2020.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 12 avril 1989 : " (). / Le présent décret est également applicable au règlement des frais de changement de résidence à la charge des budgets des organismes qui sont soumis au contrôle économique et financier de l'Etat et dont les dépenses de fonctionnement sont couvertes au moins à 25 p. 100 par des subventions de l'Etat et des établissements visés au premier alinéa, par la perception de taxes parafiscales ou par la vente de produits du domaine public ou privé de l'Etat ou des collectivités publiques. () ". Aux termes de l'article 21 de ce décret : " L'agent admis à la retraite peut prétendre au remboursement des frais de changement de résidence, pour lui et les membres de sa famille, s'il demande son rapatriement, au lieu de sa résidence habituelle, dans un délai de deux ans à compter de sa radiation des cadres ". Ces dispositions ne s'appliquent qu'au règlement des frais à la charge des budgets de l'Etat et des établissements publics nationaux à caractère administratif à l'occasion des changements de résidence effectués par les personnels civils et ne trouvent pas à s'appliquer au statut des agents de la fonction publique hospitalière relevant des dispositions de la loi du 9 janvier 1986.
3. Aux termes de l'article 77 de la loi du 9 janvier 1986 : " (). / Sont applicables de plein droit aux fonctionnaires régis par le présent titre les dispositions législatives et réglementaires prises pour les fonctionnaires de l'Etat relatives à la valeur du traitement correspondant à l'indice de base, à l'indemnité de résidence, au supplément familial de traitement ainsi qu'à toutes autres indemnités ayant le caractère de complément de traitement ". Toutefois, le remboursement des frais de changement de résidence entre la métropole et un département d'outre-mer lors de l'admission à la retraite d'un agent qui demande son rapatriement au lieu de sa résidence habituelle, qui concerne un agent qui n'est plus en activité et qui ne perçoit pas de traitement, ne peut être regardé comme un complément de traitement au sens des dispositions précitées de l'article 77 de la loi du 9 janvier 1986.
4. En l'espèce, eu égard à ce qui est indiqué au point 2 s'agissant du champ d'application des dispositions des articles 1er et 21 du décret du 12 avril 1989, M. A, dont il ressort de ses propres écritures qu'il est un fonctionnaire hospitalier soumis aux dispositions de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986, n'est pas fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article 21 dudit décret et que c'est à tort que le directeur par intérim de l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home a rejeté sa demande remboursement de ses frais de résidence. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté comme mal fondé.
5. En second lieu, la circonstance alléguée selon laquelle les fonctionnaires hospitaliers affectés sur le territoire européen de la France auraient le droit au remboursement de leurs frais de changement de résidence en cas de départ à la retraite, sur le fondement du décret n°92-566 du 25 juin 1992, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que ces agents se trouvent dans une situation nécessairement différente de celle du requérant, qui n'était pas affecté sur le territoire européen de la France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement entre les fonctionnaires ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) Bethany Home et au centre hospitalier Louis-Constant Fleming.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
La rapporteure,
J. LE ROUX
Le président,
S. GOUÈS
La greffière,
L. LUBINO
La République mande et ordonne à la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026