mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2200068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | Jean-Baptiste Chevalier |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 juillet 2022 et le 1er juillet 2023, M. A L, Mme I D, M. K G, M. J C et Mme F C, représentés par Me Chiche-Maizener, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le président de la collectivité de Saint-Martin a délivré à M. E un permis de construire un bâtiment de sept logements sur la parcelle cadastrée AY 190, située au 71, rue de l'Escale, au lieu-dit Oyster Pond, sur le territoire de la collectivité de Saint-Martin ;
2°) de mettre à la charge solidaire de M. E et de Mme B la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir ;
- leur requête n'est pas tardive ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure substantiel, dès lors que son affichage est irrégulier, en méconnaissance des dispositions de l'article 44-20 du code de l'urbanisme de Saint-Martin ; ce moyen est opérant car il se fonde sur le code d'urbanisme de Saint-Martin ;
- il est entaché d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de sa publication au journal officiel de la République française, en méconnaissance des dispositions de l'article 61-14 du code de l'urbanisme de Saint-Martin ; ce moyen est opérant car il se fonde sur le code d'urbanisme de Saint-Martin ;
- les pétitionnaires ont commis une fraude en omettant de faire figurer, sur les plans joints à leur demande de permis de construire, la terrasse et le local technique présents sur la terrasse située au Sud de la parcelle, et qu'ils ont l'intention de conserver ;
- le dossier de demande de permis de construire est inexact, dès lors que la surface de plancher du projet a été sous-estimée car elle ne prend pas en compte la terrasse et le local technique situés côté Sud de la parcelle, ni le hall d'entrée, qui doit être considéré comme clos ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 6 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors que la piscine recouverte située à l'Est de la parcelle a été implantée à moins de 4 mètres des voies publiques ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 7 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors que la terrasse située au Sud de la parcelle a été implantée en méconnaissance des limites de propriété et que sa destruction n'est pas prévue par le permis litigieux ; elle diminue en outre la hauteur du mur de séparation avec la parcelle limitrophe, et crée, par conséquent, des vues directes sur cette parcelle ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 7 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors qu'il autorise l'implantation d'arcs boutants à moins de 3 mètres des limites séparatives de propriété ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 10 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors que la hauteur des constructions n'a pas été mesurée depuis le sol naturel véritable de la parcelle, qui avait été terrassé avant la demande de permis de construire litigieuse afin d'y édifier la maison initiale des pétitionnaires ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors qu'il autorise l'implantation d'arcs boutants de plus d'1,50 mètres de hauteur et 61 centimètres de largeur, sur le mur de soutènement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors que la surface des toitures horizontales dépasse celle autorisée ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 11-5 du code de l'urbanisme de Saint-Martin en raison des nuisances sonores et de circulations engendrées par le projet litigieux, qui prévoit treize places de parking et sept appartements ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 12-14 du code de l'urbanisme de Saint-Martin dès lors que, par ses dimensions, sa destination hôtelière et son architecture, le projet litigieux porte atteinte à l'harmonie du lotissement environnant.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 octobre 2022, le 11 janvier 2023 et le 28 juillet 2023, M. H E, représenté par Me Chevalier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge solidaire de M. L, Mme D, M. G, M. C et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;
- les nouveaux moyens présentés par le mémoire en réplique du 1er juillet 2023 et relatifs à la méconnaissance des dispositions de l'article UG 7 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin par la terrasse située au Sud de la parcelle et à la méconnaissance des dispositions de l'article UG 6 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin par la piscine Est, sont irrecevables en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de justice administrative ;
- les autres moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin, qui n'a pas produit d'observations en défense avant la clôture de l'instruction, malgré une mise en demeure en ce sens envoyée le 13 mars 2023.
Par ordonnance du 12 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 20 août 2023.
Les parties ont été informées qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en vue de la production d'un permis de construire modificatif régularisant le vice tiré de la méconnaissance des dispositions des articles UG 6, UG 10 et UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, concernant l'implantation du deck en bois par rapport aux voies et emprises publiques, la hauteur des constructions par rapport au sol naturel et la hauteur des arcs boutants.
M. A L, Mme I D, M. K G, M. J C et Mme F C ont présenté des observations en réponse à cette mesure par un mémoire enregistré le 14 mai 2024.
Un mémoire a été enregistré le 9 mai 2024 pour M. A L, Mme I D, M. K G, M. J C et Mme F C, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Un mémoire a été enregistré le 10 mai 2024 pour la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme de Saint-Martin ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Chiche-Maizener, représentant M. A L et autres, Me Tillard, substituant Me Chevalier et représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E et Mme B ont acquis, en 2011, un ensemble immobilier situé au 71, rue de l'Escale au lieu-dit Oyster Pond, sur la parcelle cadastrée AY 190, sur le territoire de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin. Suite au passage du cyclone IRMA, en 2017, les bâtiments présents sur cette parcelle ont été gravement endommagés, et M. E et Mme B ont entrepris des travaux de démolition et de reconstruction sur leur parcelle, lesquels ont fait l'objet d'un arrêté interruptif de travaux du président de la collectivité de Saint-Martin, le 1er mars 2021, en raison de l'absence de délivrance préalable d'un permis de construire. Le 28 octobre 2021, M. E et Mme B ont déposé une première demande de permis de construire afin de régulariser les travaux entrepris sur leur parcelle, qui a été rejetée par un arrêté du président du conseil territorial de la collectivité de Saint-Martin du 22 décembre 2021. Le 24 janvier 2022, ils ont déposé une seconde demande de permis de construire, complétée le 15 février 2022. Par un arrêté n° PC 971127 22 01007 du 5 mai 2022, le président du conseil territorial de la collectivité de Saint-Martin a délivré à M. E, au nom de la collectivité, un permis de construire un bâtiment nouveau d'une surface de plancher de 394 m2, comprenant sept logements, ainsi qu'autorisant la démolition de trois logements de 200m2 de surface de plancher totale, sur la parcelle cadastrée AY 190. Par la présente requête, M. L, Mme D, M. G, M. C et Mme C, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le président du conseil territorial de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin a accordé un permis de construire à M. E.
Sur la fin de non-recevoir opposée par M. E et Mme B en défense :
2. En vertu des dispositions de l'article L. 61-3 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Une personne autre que l'Etat ou la collectivité territoriale ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Aux termes de l'article L. 61-4 du même code : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de ce dernier. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment des attestations notariées et des extraits d'actes notariés produits, que l'ensemble des requérants sont propriétaires des terrains contigus au terrain d'assiette du projet litigieux, sur lesquels sont construits des maisons d'habitation. En l'absence de tout autre élément de nature à établir qu'ils auraient perdu leur titre de propriété à la date d'affichage de la demande du pétitionnaire, ils justifient ainsi être des voisins immédiats du projet. A ce titre, la circonstance que, à la date d'affichage de la demande du pétitionnaire, M. et Mme C aient mis leur bien en location et que M. G ne résidait pas dans son logement situé rue Arawak, est sans incidence sur la qualification de leur intérêt à agir, dès lors qu'il est constant, qu'à cette date, ils étaient propriétaires de biens immobiliers contigus à celui du projet. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment du constat d'huissier en date du 13 janvier 2022, que le projet litigieux, en raison principalement de ses dimensions, affecte la vue mer et l'ensoleillement des propriétés des requérants. Si les pétitionnaires se prévalent de l'absence de nouveauté de cette atteinte, qui était déjà constituée par le bâtiment initialement construit sur leur parcelle, ils n'établissent toutefois pas suffisamment de l'absence de modification des conditions de jouissance des biens de leurs voisins immédiats par la seule circonstance que la hauteur de faîtage de la nouvelle construction serait identique à celle du bâtiment initial, alors qu'il notamment est constant que le projet litigieux comporte une surface de plancher plus importante que cette construction initiale. Ainsi, la construction autorisée par le permis de construire attaqué, par sa situation et ses caractéristiques, est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance des biens que le requérants détiennent. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée en défense, tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
A titre liminaire, en ce qui concerne la recevabilité des moyens nouveaux présentés par le mémoire en réplique des requérants du 1er juillet 2023 :
5. D'une part, en vertu de l'article LO 6313-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions législatives et réglementaires sont applicables de plein droit à Saint-Martin, à l'exception de celles intervenant dans les matières qui relèvent () de la compétence de la collectivité en application de l'article LO 6314-3. () ", aux termes duquel figure notamment les règles applicables en matière d'urbanisme et de construction. Aux termes de l'article LO 6313-4 du même code : " Les lois, ordonnances et décrets intervenus avant l'entrée en vigueur de la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer dans des matières qui relèvent de la compétence des autorités de la collectivité peuvent être modifiés ou abrogés, en tant qu'ils s'appliquent à Saint-Martin, par les autorités de la collectivité selon les procédures prévues par le présent livre. / Lorsqu'elles usent de la faculté qui leur est offerte par le premier alinéa, les autorités de la collectivité doivent prononcer l'abrogation expresse de la disposition législative ou réglementaire précédemment en vigueur et procéder à l'édiction formelle d'une nouvelle disposition. ". Il résulte de la combinaison de ces textes, que les dispositions législatives ou réglementaires adoptées avant l'entrée en vigueur de la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007, et qui régissent un domaine qui relève de la compétence de la collectivité en application de cette loi organique, restent applicables dans cette collectivité jusqu'à leur abrogation expresse par celle-ci.
6. En l'espèce, M. E et Mme B opposent en défense l'irrecevabilité des moyens nouveaux présentés par le mémoire en réplique du 1er juillet 2023 en se fondant sur les dispositions de l'article R. 600-5 du code de justice administrative relatives à la cristallisation des moyens passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Toutefois, dès lors que les dispositions précitées de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ont été adoptées par un décret du 17 juillet 2018, soit postérieurement à l'entrée en vigueur de la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007, et que la collectivité de Saint-Martin a adopté son propre code de l'urbanisme comportant notamment des dispositions relatives au contentieux devant le juge administratif des autorisations de construire, par une délibération de son conseil territorial du 18 décembre 2014, il en résulte que ces dispositions ne sont pas applicables sur le territoire de la collectivité de Saint-Martin. Par suite, les moyens nouveaux présentées par les requérants ne sont pas irrecevables.
En ce qui concerne l'affichage et la publication du permis de construire :
7. En premier lieu, les circonstances que l'affichage et la publication au Journal officiel de la collectivité de Saint-Martin de la décision d'autorisation du permis de construire litigieux seraient irréguliers, en méconnaissance des dispositions des article 44-20 et 44-21 du code de l'urbanisme de Saint-Martin, si elles sont, le cas échéant, susceptibles d'avoir une incidence sur la recevabilité des recours dirigés contre le permis de construire, elles n'ont néanmoins aucune incidence sur la légalité du permis de construire attaqué. A cet égard, et en l'absence de dispositions spécifiques sur l'influence de ces dispositions sur la légalité des autorisations de construire, l'application des dispositions du code de l'urbanisme de Saint-Martin est sans influence sur l'appréciation de l'opérance des moyens relatifs à l'affichage et la publication de ces décisions, quand bien même il est fait référence au Journal officiel de la collectivité de Saint-Martin. Par suite, les moyens relatifs à l'affichage et à la publication du permis de construire attaqué doivent être écartés comme inopérants.
En ce qui concerne l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :
8. D'une part, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. D'autre part, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles 46-12 et suivants du code de l'urbanisme de Saint-Martin, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
10. En premier lieu, si les requérants soutiennent que les pétitionnaires ont volontairement omis de faire figurer la terrasse et le local technique présents sur la terrasse située au Sud de la parcelle sur les plans joints à leur demande de permis de construire, il ressort toutefois du plan d'état des lieux qu'une piscine figurait à cet endroit, entourée d'une terrasse en béton, ainsi qu'un espace couvert en bordure Nord de cette terrasse et un autre bâtiment côté Ouest. Il ressort, de plus, du plan des démolitions et de la note de présentation qu'il est prévu de démolir cette piscine, ainsi que les deux studios situés dans le bâtiment côté Ouest et le garage couvert situé plus au Nord. Si le dossier de permis de construire ne fait pas expressément mention de la démolition de la terrasse en béton entourant la piscine située au Sud de la parcelle, il ressort clairement du plan de démolition couplé au plan de masse, qu'il est prévu de laisser cette partie du terrain vierge de toute construction. Il s'ensuit que la démolition prévue de la piscine doit être considérée comme impliquant celle de la terrasse la bordant, et cette omission n'a, par conséquent, pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En outre, par les seules photographies qu'ils produisent, les requérants n'établissent pas suffisamment que le dossier de demande de permis de construire aurait omis de faire apparaître un local technique que les pétitionnaires voudraient conserver. En tout état de cause, en l'absence de tout élément permettant d'établir l'existence d'une fraude, la circonstance que les pétitionnaires n'auraient pas l'intention de respecter le permis de construire qui leur a été délivré en conservant la terrasse située au Sud et un local technique la jouxtant, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher le permis de construire d'illégalité, dès lors qu'il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que l'administration n'avait pas à vérifier l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet. Par suite, le moyen tiré de la fraude doit être écarté.
11. En second lieu, d'une part, il résulte de ce qui a été exposé au point 10 que le permis de construire délivré aux pétitionnaires ne prévoit pas de conserver la terrasse et le local technique situés côté Sud de la parcelle. D'autre part, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire serait entaché d'une inexactitude concernant la surface de plancher déclarée par les pétitionnaires, dès lors qu'elle aurait dû inclure la surface de 38,50 m2 du hall d'entrée. Toutefois, il ressort du plan du rez-de-chaussée du projet que, si l'espace correspondant au hall d'entrée est couvert, il n'est toutefois pas clos, en l'absence de pans de murs et de tout autre système de fermeture à trois endroits donnant directement accès à l'extérieur. La circonstance que des grilles aient été posées sur ces ouvertures afin de les clore et que l'intention réelle des pétitionnaires serait de les conserver sur leur bâtiment est, en l'espèce, sans incidence sur la légalité du permis de construire attaqué, dès lors que l'administration n'avait pas à vérifier l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet. Par suite, le moyen relatif à la surface de plancher doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin :
12. En premier lieu, aux termes de l'article UG 6 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Les constructions sont implantées à au moins 4 mètres de l'emprise des voies et emprise publique, et à au moins 18 mètres du rivage, et à au moins 10 mètres de l'axe de la route nationale ou départementale. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 15-4 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme ne peuvent faire l'objet d'aucune dérogation, à l'exception des adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes. ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que la règle de constructibilité fixée à l'article UG 6 du règlement du plan d'occupation des sols s'applique aux terrasses, quelle que soit leur hauteur et, d'autre part, que ces dispositions ne peuvent faire l'objet d'adaptations mineures que si celles-ci sont rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes.
13. En l'espèce, il est constant que le côté Est de la parcelle AY 190 est bordé d'une voie publique et qu'une piscine avait initialement été construite à moins de 4 mètres de distance de l'emprise de cette voie. Les pétitionnaires font valoir qu'en vertu du permis de construire qui leur a été délivré, il est prévu de recouvrir cette piscine d'un deck en bois et que cette terrasse en bois, non surélevée par rapport au sol naturel, ne constitue ainsi pas une construction soumise aux dispositions précitées de l'article UG 6 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin. Toutefois, cette terrasse, qui crée un espace utilisable par l'Homme en surface en reposant sur les fondations fixes et pérennes de l'ancienne piscine creusée en sous-sol et est un élément indissociable du reste du bâtiment principal, dont elle fait partie intégrante, constitue une construction au sens des dispositions précitées. En outre, si les pétitionnaires se prévalent de la difficulté technique qu'implique la destruction de cette piscine, ils n'apportent aucun élément au soutien de leurs allégations. Par suite, l'implantation de cette construction ne pouvait être légalement autorisée en limite séparative voie publique, et les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire litigieux méconnaît les dispositions de l'article UG 6 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article UG 7 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Les constructions seront implantées à au moins 3 mètres par rapport aux limites séparatives. ".
15. En l'espèce, si les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG 7 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors que la terrasse située au Sud de la parcelle a été implantée en méconnaissance des limites de propriété et que sa destruction n'est pas prévue par le permis litigieux, il ressort toutefois du plan des démolitions, couplé au plan de masse, joints au dossier de demande de permis de construire, qu'il est prévu la démolition de l'ensemble des ouvrages présents à cet endroit, qui étaient effectivement situés à moins de 3 mètres par rapport à la limite séparative avec la parcelle AY 189, et sans que l'édification d'une nouvelle construction ne soit envisagée à cet endroit. La circonstance que la démolition prévue n'ait pas été effectuée par les pétitionnaires est relative au contentieux de l'exécution des travaux en application des dispositions de l'article 61-18 du code de l'urbanisme de Saint-Martin, et est, par suite, sans incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme délivrée, qui s'apprécie à la date de sa délivrance. En outre, la circonstance que cette terrasse, en diminuant la hauteur du mur de séparation avec la parcelle voisine, crée des vues directes sur cette parcelle, si elle peut avoir une incidence sur l'intérêt à agir des requérants, est cependant sans incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme litigieuse, qui est délivrée sous réserve du droit des tiers. Par suite, ce moyen doit être écarté, dans toutes ses branches, comme inopérant.
16. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG 7 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, dès lors qu'il autorise l'implantation d'arcs boutants à moins de 3 mètres des limites séparatives de propriété, il ressort toutefois des pièces du dossier que ces édifications ne génèrent aucun espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface et ne peuvent ainsi pas être regardées comme constituant des constructions pour l'applications des dispositions précitées de l'article UG 7. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces ouvrages constitueraient un ensemble indissociable avec la construction principale autorisée soumise à ces dispositions, avec laquelle il est distant de plus d'un kilomètre et non lié techniquement. La circonstance, par ailleurs non établie, que ces arcs-boutants serviraient de fondation à la construction future de deux studios est sans incidence en l'espèce sur l'arrêté attaqué qui n'en a pas autorisé l'édification. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article UG 10 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin relatif à la hauteur des constructions : " 1- La hauteur à l'égout de toiture est la plus grande distance mesurée verticalement entre tout point de l'égout du toit d'un bâtiment et le sol naturel. / 2- La hauteur des constructions est fixée à 6 mètres à l'égout de toiture. () ". Pour l'application de ces dispositions, il convient de mesurer la hauteur des constructions projetées à partir du niveau du sol existant avant tous travaux d'exhaussement ou d'excavation effectués en vue de la réalisation du projet faisant l'objet d'une demande de permis de construire.
18. En l'espèce, s'il ressort des plans de coupe PC3b CC et DD que la construction litigieuse serait implantée sur un terrain dont le sol naturel présente une forte déclivité et pour lequel des travaux d'excavation ont été effectués, il ressort toutefois des propres écritures en défense des pétitionnaires que ces travaux de terrassement ont été réalisés lors de la construction, en 1982, de la maison préexistant sur le terrain et non en vue de la réalisation du projet faisant l'objet de la demande de permis de construire litigieuse. En outre, il ne ressort pas du plan d'état des lieux dressé par un géomètre expert le 10 mai 2021, et joint à la demande de permis de construire, que le sol du terrain d'assiette du projet présentait à cette date une forte déclivité à l'endroit d'implantation du bâtiment principal litigieux, et il ne ressort pas des pièces du dossier que les pétitionnaires auraient réalisé des travaux de terrassement supplémentaires en vue de la réalisation du projet litigieux. Ainsi, en se fondant sur les plans de coupes joints à la demande de permis de construire, la hauteur de la construction litigieuse, mesurée à partir du sol sur lequel elle a été édifiée jusqu'à l'égout du toit, dépasse les 6 mètres maximum imposés par les dispositions de l'article UG 10 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin. Par suite, c'est à bon droit que les requérants soutiennent que le président de la collectivité de Saint-Martin a commis une erreur de droit, en retenant que le niveau du sol naturel correspondait à celui indiqué sur les plans de coupe afin de mesurer la hauteur de la construction litigieuse, en méconnaissance des dispositions de l'article UG 10 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin.
19. En cinquième lieu, aux termes de l'article UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin relatif à l'aspect des constructions : " Le permis de construire peut-être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation des prescriptions spéciales, si les constructions projetées par leur situation, leur architecture, leur dimension ou leur aspect sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / () Les toitures pourront compter des parties horizontales ou à faible pente à condition que leur surface n'excède pas 50% de la surface totale des couvertures en projection horizontale. () / Le mur de soutènement de plus d'1.50 mètres de hauteur et de 20 mètres d'alignement sont interdits. ".
20. En l'espèce, il est constant que les arcs-boutants litigieux sont accolés à un mur de soutènement situé à l'Est de la parcelle, ils constituent par là même un tout indissociable avec ce mur et sont, par conséquent, soumis au même régime. Il ressort des pièces du dossier que ces arcs boutants dépassent 1,50 mètres de hauteur et ne respectent ainsi pas les dispositions précitées de l'article UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin. En outre, si les requérants soutiennent que la présence de ces arches est nécessaire au maintien du mur de soutènement à la suite du remblai effectué sur la parcelle voisine, ils n'apportent toutefois aucun élément au soutien de leurs allégations. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit pour ce motif, en méconnaissance des dispositions de l'article UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin.
21. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier, qui ne sont pas utilement contestées par les requérants, que les toitures horizontales dites terrasses représentent 156 m2 du projet attaqué, sur une surface totale de 312 m2 de toitures au total. Il s'ensuit que la surface des toitures plates du projet n'excède pas 50% de la surface totale des couvertures en projection horizontale. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.
22. En septième lieu, aux termes de l'article 11-5 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
23. En l'espèce, en soutenant uniquement que la construction de sept logements et treize places de parking risque d'entraîner des nuisances sonores et des problèmes circulation dans le quartier, les requérants n'établissent pas suffisamment l'atteinte que le projet litigieux serait susceptible de porter à la salubrité ou à la sécurité publique en application des dispositions précitées, ni la gravité de ces atteintes au regard de la densité déjà existante des constructions du quartier. En outre, les considérations relatives à la commodité du voisinage ne relèvent pas de la salubrité publique au sens de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11-5 du code de l'urbanisme de Saint-Martin doit être écarté.
24. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article 12-14 du code de l'urbanisme de Saint-Martin : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Toutefois, dès lors que les dispositions de l'article UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin ont le même objet que celles de l'article 12-14 du code de l'urbanisme de Saint-Martin et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
25. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient au juge d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents.
26. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé sur une péninsule, à moins de 100 mètres du littoral, dans un quartier densément construit et ne présentant pas de caractère architectural remarquable ou particulier. Il ressort notamment des prises de vues aériennes produites au dossier que l'ensemble des parcelles voisines à la parcelle AY 190 sont construites. Si les requérants soutiennent que la construction litigieuse porterait atteinte à l'harmonie des constructions environnantes de style " antillais ", par son style architectural moderne et ses dimensions, il ne ressort toutefois pas des photographies produites au dossier qu'il existerait une harmonie architecturale particulière à ce quartier, notamment au regard des constructions blanches à toit plat réalisées sur les parcelles AY 189 et AY 191, ainsi que du bâtiment d'envergure importante réalisé sur la parcelle AY 750, qui séparé le terrain d'assiette du projet du la côte littorale. Il ressort de la demande de permis de construire que les choix opérés l'ont été de telle sorte que la construction, quoique moderne, s'intègre dans son environnement. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire en litige méconnaîtrait l'article UG 11 du règlement du plan d'occupation des sols au motif que le projet porterait atteinte aux paysages et aux constructions avoisinants.
Sur la régularisation du permis de construire :
27. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
28. Il résulte de ces dispositions qu'un vice entachant le bien-fondé d'une autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé dans les conditions qu'elles prévoient, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
29. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions des articles UG 6, UG 10 et UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin, pour les motifs énoncés aux points 13, 18 et 20 du présent jugement. Les parties ayant été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire de régularisation délivré à M. E par le président de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin régularisant le vices précités.
30. Il y a lieu de réserver tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'a pas été expressément statué par ce jugement, jusqu'en fin d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Avant de statuer sur les conclusions des requérants tendant à l'annulation du permis de construire délivré à M. E le 5 mai 2022, il est sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire de régularisation délivré par lequel le président de la collectivité de Saint-Martin régularisant les vices tenant à la méconnaissance des articles UG 6, UG 10 et UG 11 du plan d'occupation des sols de la collectivité de Saint-Martin.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A L, premier désigné, à la collectivité de Saint-Martin, au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
J. LE ROUX
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026