jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2300032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 1er mars et 16 avril 2023, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°)d'annuler la décision du 19 août 2022 par laquelle le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°)d'enjoindre au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de lui délivrer une autorisation de séjour.
Elle soutient que :
- elle n'a pas sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur le fondement de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique du 17 octobre 2019 ;
- elle remplit les conditions d'octroi du titre de séjour d'une durée de validité de dix ans portant la mention " séjour permanent - Article 50 TUE/Article 15(1) Accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE ", dès lors notamment qu'elle a résidé de manière continue sur le territoire français, où elle est née, pendant plus de cinq ans ;
- elle est de nationalité française en application de l'article 21-7 du code civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Un mémoire présenté par la requérante a été enregistré le 27 mars 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2020-1417 du 19 novembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A Lubrani,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante britannique, est née le 10 août 2000 à Saint-Martin. En qualité de mineure étrangère née en France, elle s'est vu délivrer un titre d'identité républicain valable du 1er juin 2017 jusqu'au 31 mai 2018. Au cours de l'année 2017, Mme C est partie étudier en Angleterre. Elle a alors sollicité un titre de séjour auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, qui lui a été refusé par une décision du 19 août 2022, dont la requérante demande l'annulation dans la présente instance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a formé en novembre 2020 une demande en ligne de titre de séjour portant la mention " Accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE ", enregistrée comme telle, sur le fondement de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique du 17 octobre 2019 et du décret du 19 novembre 2020 concernant l'entrée, le séjour, l'activité professionnelle et les droits sociaux des ressortissants étrangers bénéficiaires de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique. La requérante indique, sans être contestée par le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin sur ce point que, dans le cadre de l'instruction de cette demande, elle a échangé à plusieurs reprises avec les services de la préfecture qui l'auraient informée ne pas avoir accès au service en ligne leur permettant d'instruire sa demande de titre de séjour et lui auraient demandé de présenter une nouvelle demande en format papier, ce qu'elle a fait en août 2021. Le 25 mai 2022, la requérante s'est vu délivrer un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 24 novembre 2022 faisant mention de ce qu'elle avait demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " Accord de retrait du Royaume-Uni et de l'UE ".
3. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée du 19 août 2022 que le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin s'est estimé saisi d'une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il a rejetée aux motifs que les éléments produits par Mme C étaient " insuffisants pour justifier d'une installation stable et durable en France ". Pourtant, ainsi qu'il l'a été dit au point précédent, celle-ci sollicitait la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique du 17 octobre 2019 et du décret du 19 novembre 2020 subséquent, en se prévalant notamment de résidence continue et régulière sur le territoire français pendant au moins cinq années. Par suite, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une autre décision aurait été prise quant à son droit au séjour au titre de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique, le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin doit être regardé comme n'ayant pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme C.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 19 août 2022 prise par le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administration : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour formée par Mme C sur le fondement de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 août 2022 par laquelle le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour formée par Mme C sur le fondement de l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
M. Lubrani, conseiller,
Mme Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé :
A. LUBRANI
Le président
Signé :
S. GOUÈS
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé :
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026