jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2300049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DURIMEL & BANGOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, Mme C B, représentée par Me Durimel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre, à titre complémentaire, au représentant de l'Etat des collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et de lui remettre en main propre son passeport dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable durant ce réexamen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise dans des conditions qui méconnaissent le droit d'être entendu qui constitue un principe général du droit communautaire et les stipulations de l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est contraire aux stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
Sur la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- l'illégalité de la précédente décision prive de base légale la décision lui refusant un délai de départ volontaire ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale pour les mêmes motifs que ceux développés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'illégalité de décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision lui refusant un délai de départ volontaire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale pour les mêmes motifs que ceux développés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité de décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant son pays de destination ;
- elle est illégale pour les mêmes motifs que ceux développés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen soulevé par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. A Lubrani.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante jamaïcaine née le 16 janvier 1971, déclare être entrée une première fois à Saint-Martin en 2005, avant de repartir en Jamaïque en 2017 puis de revenir à nouveau sur le territoire français à une date indéterminée. Par un arrêté du 7 février 2023, le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'avait pas à reprendre tous les éléments de la situation personnelle de Mme B, vise les textes dont elle fait application et mentionne, de manière non stéréotypée, les faits qui en constituent le fondement. Par suite, cette décision, dont les mentions permettent à Mme B d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendue, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressée lorsque celle-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue sur la décision en cause.
4. Par ailleurs, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que Mme B a été mise à même de faire valoir des observations orales préalablement à la mesure d'éloignement prise à son encontre lors de son audition par les services de police le 7 février 2023, par le truchement d'un interprète en langue anglaise. Si la requérante fait valoir que l'interprète avait la qualité de gendarme, cette circonstance, à la supposer même avérée, ne saurait, à elle seule, constituer une irrégularité dans l'exercice des droits de la défense, en l'absence de toute disposition ou de tout principe faisant obstacle à ce que les services de gendarmerie assurent, en leur sein, les missions d'interprétariat aux fins de permettre à toute personne susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement de faire connaître son point de vue.
6. Mme B fait en outre valoir qu'elle a été empêchée de faire connaître son point de vue sur l'ensemble des mesures prises à son encontre, dès lors que les craintes en cas de retour dans son pays d'origine qu'elle dit avoir exprimées auprès de l'interprète n'ont pas été retranscrites dans la procédure contradictoire préalable. Le procès-verbal d'audition de l'intéressée produit en défense par le préfet de la Guadeloupe fait toutefois apparaître qu'à la question " acceptez-vous de repartir vers votre pays Jamaïque ' ", Mme B a répondu " je n'envisage pas de rentrer en Jamaïque car ma vie sera en danger et mon neveu m'a déjà proféré des menaces de mort. Il a déjà assassiné son beau-père et je pense qu'il m'en veut ", ce dont il résulte qu'elle a pu, sur ce point, faire connaître son point de vue de manière concrète et effective. Il suit de là que la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'une irrégularité dans l'exercice des droits de la défense. En conséquence, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendue doit être écarté.
7. En troisième lieu, la requérante, qui affirme avoir formé plusieurs demandes de régularisation, n'assortit ses allégations d'aucun commencement de preuve. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. La requérante soutient être arrivée sur la partie hollandaise de l'île de Sint-Marteen, puis s'être installée à Saint-Martin à une date inconnue, où est née sa fille le 29 octobre 2012, avant de quitter le territoire français pour retourner en Jamaïque en 2017, à la suite du cyclone Irma, en laissant sa fille à Saint-Martin. Elle n'établit toutefois pas, en versant deux prescriptions médicales datées du 19 septembre 2016 et du 27 avril 2017, la durée et la continuité de sa résidence sur le territoire français avant son départ pour la Jamaïque en 2017, et n'établit ni même n'indique la date de sa nouvelle entrée sur le territoire français consécutivement à son premier départ. Si la requérante se prévaut de la scolarisation de sa fille sur le territoire, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale qu'elle forme avec sa fille, et que la scolarisation de cette dernière, ne pourrait pas se poursuivre en Jamaïque, où résident en outre deux autres enfants de Mme B. Enfin, la circonstance que la requérante effectue des " jobs " n'est pas de nature à caractériser une insertion professionnelle particulière. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
10. En cinquième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
12. Ainsi qu'il l'a été dit au point 9, la cellule familiale de la requérante pourra se reconstituer dans son pays d'origine. Ainsi, dès lors que la décision en cause n'a ni pour objet, ni pour effet, de séparer la requérante de sa fille mineure, elle n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de cette enfant. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit ainsi être écarté.
Sur la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité dirigé à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".
15. La décision attaquée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier les articles L. 612-2 alinéa 3 et le 1° de L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne que Mme B ne justifie d'aucune circonstance particulière, au sens de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a suffisamment énoncé les considérations de droit et de fait qui fondent sa décision, et le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant refus de délai de départ volontaire doit être écarté.
16. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 à 12, les moyens développés contre l'obligation de quitter le territoire français que la requérante entend " reprendre " contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire doivent être écartés.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'un an :
17. En premier lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité dirigé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
19. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit également comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
20. En l'espèce, la décision en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles l'autorité compétente fonde sa décision. La décision vise ainsi les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et prend en compte la situation de la requérante en précisant notamment qu'elle est entrée irrégulièrement sur le territoire et qu'au vu de la nature de ses liens sur le territoire français et ceux dans son pays d'origine, une interdiction de retour d'un an ne porterait pas une atteinte disproportionnée au regard de sa vie privée et familiale. Par suite, la décision portant interdiction de retour est suffisamment motivée.
21. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 à 12, les moyens développés contre l'obligation de quitter le territoire français que la requérante entend " reprendre " contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'un an doivent être écartés.
Sur la décision fixant le pays de destination :
22. En premier lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité dirigé à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
23. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
24. Si la requérante indique être menacée dans son pays d'origine en raison d'un conflit foncier l'opposant à son neveu, elle n'assortit ses allégations d'aucun commencement de preuve. Il ne ressort en outre d'aucune pièce du dossier que la requérante aurait présenté une demande d'asile au titre des menaces qu'elle dit encourir en cas de retour. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
25. En troisième lieu et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 à 9 et 11 à 12, les moyens développés contre l'obligation de quitter le territoire français que la requérante entend " reprendre " contre la décision fixant le pays de renvoi doivent être écartés.
26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 février 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, et au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Serge Gouès, président,
M. Antoine Lubrani, conseiller,
Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé :
A. LUBRANI
Le président
Signé :
S. GOUÈS
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé :
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026