mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2300060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GZB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 avril 2023 et 27 mars 2024, la société Vestal NV, représentée par Me Boquet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations d'imposition de la plus-value immobilière d'un montant de 42 450 euros ;
2°) de désigner un expert aux fins de dire le strict respect de la délibération du conseil territorial de Saint-Martin du 14 novembre 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle remplit les conditions de l'article 4-I-A de la délibération du conseil territorial de Saint-Martin du 14 novembre 2018 pour l'exonération de plus-value.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2023, le directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le plan d'occupation des sols de Saint-Martin ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Vestal NV, société de droit néerlandais, a cédé à la société Tomorrow, par acte authentique du 20 février 2019, une parcelle de terrain à bâtir cadastrée section BD n° 443 sis lieudit Espérance, 33 ZA Hope Estate (97150). La société s'est acquittée d'une somme de 42 540 euros au titre de la plus-value réalisée. Par une réclamation, en date du 27 juillet 2020, la société a sollicité, auprès de la direction régionale des finances publiques de la Guadeloupe, le bénéfice de l'exonération d'imposition au titre des plus-values de cessions immobilières prévue à l'article 4 de la délibération du 14 novembre 2018 du conseil territorial de Saint-Martin. Par courriel du 10 novembre 2020, l'administration lui a demandé la production d'un justificatif de l'éligibilité du bien vendu à cette exonération. Par la présente requête, la société Vestal NV demande au tribunal de prononcer la décharge de la plus-value de 42 540 euros dont elle s'est acquittée au titre de la vente du 20 février 2019.
2. Aux termes de l'article 4 de la délibération du 14 novembre 2018 du conseil territorial de Saint-Martin : " I .- A .- Nonobstant toutes dispositions contraires, la plus-value réalisée à l'occasion de la cession d 'un immeuble mentionné au B est, pour l'établissement de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés ou du prélèvement mentionné à l'article 244 bis A du code général des impôts de la Collectivité de Saint-Martin, exonérée à la condition que la cession soit effectivement réalisée à compter de la date à laquelle la présente délibération a un caractère exécutoire et au plus tard le 31 décembre 2019 / B. - Les immeubles mentionnés au A s'entendent exclusivement des biens situés à Saint-Martin suivants : / 1 ° Terrains nus dans une zone urbaine ou une zone à urbaniser au sens du plan local d'urbanisme en vigueur à la date de la cession ou, en l'absence d'un tel document, dans une zone Ü ou NA du plan d'occupation des sols en vigueur à cette même date ; () ".
3. Par ailleurs, aux termes du chapitre X du plan d'occupation des sols de Saint-Martin : " DISPOSITIONS APPLICABLES A LA ZONE INA / CARACTERE DE LA ZONE / Les zones INA constituent les réserves nécessaires à urbanisation future. Elles permettent ainsi, dans les conditions normales, le prolongement des agglomérations. / Ces zones comportent des unités foncières libres de toute urbanisation ainsi que des terrains publics et privés sur lesquels se développent une urbanisation contrôlée. / Elles comportent cinq types de secteurs : / Il s'agit des secteurs, INAGa, INAGb, INAt, INAta, INAx, pour lesquels les dispositions réglementaires sont celles prévues pour les zones urbaines de même vocation, distribution, conditions d'occupation du sol, soit les zones référencées UG, UX et UT, sauf celles exposées explicitement dans le présent chapitre. / Le sigle INA est ainsi complété par un indice g, x ou t, pour bien préciser l'affectation dominante et les dispositions réglementaires applicables aux secteurs concernés. "
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par un acte authentique du 20 février 2019, la société Vestal NV a cédé à la société Tomorrow une parcelle de terrain à bâtir cadastrée section BD n° 443 sis lieudit Espérance, 33 ZA Hope Estate, à Saint-Martin. Il ressort du document graphique du plan d'occupation des sols de Saint-Martin, accessible tant au juge qu'aux parties, que ladite parcelle est située en zone INAx, soit dans une zone à urbaniser au sens du plan d'occupation des sols en vigueur à la date de la cession. Par suite, la société Vestal NV est fondée à demander la décharge des cotisations de plus-value immobilière mises à sa charge au titre de l'article 4 de la délibération du 14 novembre 2018 du conseil territorial de Saint-Martin.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de désigner un expert en l'absence d'utilité d'une telle mesure, que la société Vestal NV doit être déchargée de la somme de 42 540 euros mise à sa charge au titre de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession, le 20 février 2019, de la parcelle BD 443.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la société Vestal NV au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La société Vestal NV est déchargée des cotisations de plus-value immobilière auxquelles elle a été assujettie au titre de la vente de la parcelle BD 443 le 20 février 2019 à hauteur de 42 540 euros.
Article 2 : L'Etat versera à la société Vestal NV une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Vestal NV, au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté numérique et industrielle.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
S. GOUÈSLa greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026