mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2300094 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | EDWIGE PASCALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 mai 2023 et le 25 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Edwige, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par lequel la collectivité de Saint-Martin a mis fin à son détachement dans le cadre d'emploi des assistants territoriaux sociaux-éducatifs et l'a radiée de ses effectifs à compter du 1er mai 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Martin une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne mentionne pas sa demande de renouvellement de détachement ;
- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'article 17-1 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 dès lors qu'il a été pris plus de deux mois après sa demande de renouvellement de détachement ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que, par un arrêté du 24 février 2023, le centre hospitalier Louis Constant Fleming avait maintenu son détachement jusqu'au 30 avril 2026 ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le centre hospitalier Louis Constant Fleming, n'a pas été saisi pour émettre un avis sur le renouvellement ou non de son détachement ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que seule l'administration d'origine est compétente pour mettre fin à un détachement ;
- il méconnaît l'article 20 du décret du 13 octobre 1988 dès lors qu'aucun emploi correspondant à son grade et vacant ne lui a été proposé ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle a été radiée des effectifs pour des motifs politiques, que la collectivité n'a pas respecté le délai de deux mois pour rendre sa décision et qu'elle a ignoré l'arrêté du 24 février 2023 du centre hospitalier Louis Constant Fleming maintenant son détachement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, la collectivité de Saint-Martin, représentée par Me Aubert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre liminaire, en application de l'article 17 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988, la collectivité d'accueil qui souhaite conserver un agent détaché à l'issue d'une période de cinq ans d'un détachement de longue durée doit lui proposer une intégration et ce n'est qu'en cas de refus par l'agent de la proposition d'intégration qu'un renouvellement de détachement peut être envisagé ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La requête a été communiquée au centre hospitalier Louis Constant Fleming qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 19 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 mars 2024.
Un mémoire présenté pour la collectivité de Saint-Martin et enregistré le 17 avril 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Aubert, représentant la collectivité de Saint-Martin, et de Me Khatri, représentant le centre hospitalier Louis Constant Fleming.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 14 mai 2018 de la collectivité de Saint-Martin, Mme B A, éducatrice spécialisée de service social titulaire de la fonction publique hospitalière affectée au centre hospitalier Louis Constant Fleming, a été recrutée par voie de détachement dans le cadre d'emploi des assistants territoriaux sociaux-éducatifs à compter du 1er mai 2018 pour une durée de 36 mois. Par une décision du 7 juin 2021, le détachement de l'intéressée a été renouvelée pour une durée de deux ans à compter du 1er mai 2021. Par un arrêté du 27 mars 2023, dont Mme A demande l'annulation, la collectivité de Saint-Martin a mis fin au détachement de l'intéressée et l'a radiée de ses effectifs à compter du 1er mai 2023.
2. Aux termes de l'article 13 du décret n°88-976 du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " Le détachement d'un fonctionnaire ne peut avoir lieu que dans l'un des cas suivants : / 1° Détachement dans un emploi permanent de l'Etat, d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public relevant de l'Etat ou d'une collectivité territoriale ; () ". Aux termes de l'article 17 du même décret : " Le détachement de longue durée ne peut excéder cinq ans. Il peut toutefois être renouvelé par périodes n'excédant pas cinq ans. / Lorsqu'il est prononcé au titre du 1° de l'article 13, le détachement de longue durée ne peut être renouvelé, au-delà d'une période de cinq années, que si le fonctionnaire refuse l'intégration qui lui est proposée dans le corps ou le cadre d'emplois concerné en application du quatrième alinéa de l'article 13 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. " Enfin, aux termes de l'article 17-1 du même décret : " Trois mois au moins avant l'expiration du détachement de longue durée, le fonctionnaire fait connaître à son administration d'origine et à l'administration ou l'organisme d'accueil sa décision de solliciter le renouvellement du détachement ou de réintégrer son corps d'origine. / Deux mois au moins avant le terme de la même période, l'administration ou l'organisme d'accueil fait connaître au fonctionnaire concerné et à son administration d'origine sa décision de renouveler ou non le détachement ou, le cas échéant, sa proposition d'intégration. "
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A a été recrutée par voie de détachement auprès de la collectivité de Saint-Martin à compter du 1er mai 2018 jusqu'au 30 avril 2021. Par une décision du 7 juin 2021, ce détachement a été renouvelé jusqu'au 30 avril 2023, soit pour une durée de cinq années au total. Par des courriers du 4 janvier 2023, Mme A a fait connaître au centre hospitalier Louis Constant Fleming et à la collectivité de Saint-Martin sa décision de solliciter le renouvellement de son détachement. Il ressort des écritures en défense que la collectivité de Saint-Martin se prévaut de ce qu'elle se trouvait en situation de compétence liée pour refuser le renouvellement du détachement de l'intéressée dès lors que ce détachement ne pouvait excéder cinq ans qu'à la condition que Mme A ait refusé une proposition d'intégrer le corps d'emploi dans lequel elle était détachée. En l'espèce, il est constant que la collectivité de Saint-Martin n'a pas proposé à la requérante d'intégrer le cadre d'emploi des assistants territoriaux sociaux-éducatifs au terme de la cinquième année de son détachement. Dans ces conditions, en l'absence de proposition d'intégration du cadre d'emplois concerné et, le cas échéant, de refus par la requérante d'une telle proposition, le président de la collectivité de Saint-Martin était tenu de refuser le renouvellement de son détachement qui ne pouvait excéder cinq années. L'administration étant ainsi placée dans une situation de compétence liée, les moyens soulevés par la requérante à l'encontre de l'arrêté refusant de renouveler son détachement et qui ne tendent pas à mettre en cause l'existence même d'une compétence liée sont inopérants et doivent dès lors être écartés.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 mars 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la collectivité de Saint-Martin, au préfet de la Guadeloupe et au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
S. GOUÈSLa greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026