LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA108-2300171

Tribunal Administratif de St Martin — Décision N° TA108-2300171

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de St Martin
SectionTribunal Administratif de St Martin
N° DossierTA108-2300171
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELAS JURISCARIB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une saisine, enregistrée le 9 décembre 2023, la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin, représentée par Me Nicolas, défère au tribunal comme prévenue d'une contravention de grande voirie, la SARL SPRIMBARTH CAP CARAIBES en sa qualité de gardien de l'établissement " Atlandide", et conclut à ce que le tribunal :

1°) au titre de l'action publique, constate que les faits établis par le procès-verbal dressé le 11 avril 2023 constituent une contravention de grande voirie prévue et réprimée par l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques et condamne par suite la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES au paiement de l'amende prévue par les dispositions de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques ;

2°) au titre de l'action domaniale, ordonne à la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES la remise en état des lieux sans délai, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, à compter de quinze jours suivant la notification du présent jugement ;

3°) mettre à la charge de la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES les entiers dépens en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) mettre à la charge de la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES la somme de 6 000 euros au titre des frais d'instance, en application de l'article L. 761-1 du même code.

Elle soutient que :

- un officier de police judiciaire territorialement compétent sur le quartier de Grand-Case à Saint-Martin, a constaté, le 6 mars 2023, sur le territoire de la commune de Grand-Case, que l'hôtel Atlantide, dont la SARL SPRIMBARTH CAP CARAIBES, a la garde, occupe sans droit ni titre une partie du domaine public maritime, occupation caractérisée par la présence de transats non scellés au sol sur une superficie de 145 m² ; ces faits ont fait l'objet d'un procès-verbal de contravention de grande voirie en date du 11 avril 2023 ;

- ces faits sont constitutifs d'une contravention de grande voirie, prévue et réprimée à l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, la SARL SPRIMBARTH CAP CARAIBES, représentée par Me Lacassagne Rudler, conclut à la relaxe et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- La société SPRIMBARTH CAP CARAIBES est un syndic professionnel qui gère des immeubles en copropriété ; à ce titre, elle représente le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Atlantide conformément au contrat de syndic signé entre les parties le 23 mai 2022 ;

- elle ne s'est en outre jamais vu notifier, ni en son nom personnel, ni en sa qualité de syndic du Syndicat des Copropriétaires Résidence Atlantide, le procès-verbal de contravention de grande voirie en méconnaissance de L'article L. 774-2 du code de justice administrative ;

- elle n'est ni gardien ni exploitante de " l'hôtel Atlantide ", qui n'est au surplus pas un hôtel ; de plus les transats ne sont ni la propriété de la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES, ni sous sa garde, encore moins destinés à son usage ;

- l'auteur de l'infraction a procédé à l'enlèvement de tous les transats antérieurement à l'introduction de la requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 11 avril 2023 ;

- le certificat constatant la notification du procès-verbal, comportant invitation à produire une défense écrite.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gouès, président,

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,

- et les observations de Mme C, représentant la COM de Saint-Martin.

Considérant ce qui suit :

1. Un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé le 11 avril 2023 à l'encontre de l'établissement Atlantide situé Boulevard Maurice Leonel Bertin par un officier de police judiciaire de la gendarmerie nationale, en raison de la présence non autorisée, sur la parcelle cadastrée AS 279 et AS 32, de transats non scellés au sol sur une superficie de 145 m². Ce procès-verbal a été notifié à M. A B, gérant de l'établissement, par remise en main propre le 20 avril 2023. Le président du conseil territorial de Saint-Martin défère au tribunal, comme prévenue d'une contravention de grande voirie, la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES en sa qualité de gardien de l'établissement Atlantide.

2. En premier lieu, d'une part, en vertu de l'article LO 6313-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions législatives et réglementaires sont applicables de plein droit à Saint-Martin, à l'exception de celles intervenant dans les matières qui relèvent () de la compétence de la collectivité en application de l'article LO 6314-3. () ", aux termes duquel figure notamment " le droit domanial et des biens de la collectivité ". Aux termes de l'article LO 6313-4 du même code : " Les lois, ordonnances et décrets intervenus avant l'entrée en vigueur de la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer dans des matières qui relèvent de la compétence des autorités de la collectivité peuvent être modifiés ou abrogés, en tant qu'ils s'appliquent à Saint-Martin, par les autorités de la collectivité selon les procédures prévues par le présent livre. / Lorsqu'elles usent de la faculté qui leur est offerte par le premier alinéa, les autorités de la collectivité doivent prononcer l'abrogation expresse de la disposition législative ou réglementaire précédemment en vigueur et procéder à l'édiction formelle d'une nouvelle disposition. ". Il résulte de la combinaison de ces textes, que les dispositions législatives ou réglementaires adoptées avant l'entrée en vigueur de la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007, et qui régissent un domaine qui relève de la compétence de la collectivité en application de cette loi organique, restent applicables dans cette collectivité jusqu'à leur abrogation expresse par celle-ci.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2132-3 du même code : " Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende. Nul ne peut en outre, sur ce domaine, procéder à des dépôts ou à des extractions, ni se livrer à des dégradations ". Aux termes de l'article L. 5111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " La zone comprise entre la limite du rivage de la mer et la limite supérieure de la zone dite des cinquante pas géométriques définie à l'article L. 5111-2 fait partie du domaine public maritime de l'Etat. ". Toutefois, aux termes de l'article LO. 6314-6 du code général des collectivités territoriales : " L'Etat et la collectivité de Saint-Martin exercent, chacun en ce qui le concerne, leur droit de propriété sur leur domaine public et leur domaine privé. / () Le domaine public maritime de la collectivité comprend, sous réserve des droits de l'Etat et des tiers, la zone dite des cinquante pas géométriques () ", et, en application de l'article L. 774-13 du code de justice administrative, le président du conseil territorial de Saint-Martin exerce, pour le domaine public de la collectivité de Saint-Martin, les attributions dévolues au représentant de l'Etat pour constater et déférer les contraventions de grande voirie devant le juge administratif compétent. Il en résulte que, sur le territoire de la collectivité de Saint-Martin, la zone dite des cinquante pas géométriques, définie à l'article L. 5111-2 du code général de la propriété des personnes publiques, fait partie du domaine public de la collectivité. Cependant, dès lors que les dispositions précitées du code général de la propriété des personnes publiques sont entrées en vigueur le 1er juillet 2006 et n'ont pas été expressément abrogées par la collectivité territoriale de Saint-Martin, elles sont applicables à Saint-Martin en remplaçant l'expression " domaine public maritime de l'Etat " par " domaine public maritime de la collectivité de Saint-Martin ".

4. Enfin, la personne qui peut être poursuivie pour contravention de grande voirie est soit celle qui a commis ou pour le compte de laquelle a été commise l'action qui est à l'origine de l'infraction, soit celle sous la garde de laquelle se trouvait l'objet qui a été la cause de la contravention. La garde d'un ouvrage peut se caractériser par le pouvoir d'usage, de direction et de contrôle de la chose au moment du dommage.

5. Aux termes de l'article 14 de la loi du 10 juillet 1965 susvisée : " La collectivité des copropriétaires est constituée en un syndicat qui a la personnalité civile. (.). Il a pour objet la conservation de l'immeuble et l'administration des parties communes. Il est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers par le vice de construction ou le défaut d'entretien des parties communes, sans préjudice de toutes actions récursoires ". Aux termes de l'article 15 de la même loi : " Le syndicat a qualité pour agir en justice, tant en demandant qu'en défendant, même contre certains des copropriétaires () ". L'article 18 du même texte dispose : " Indépendamment des pouvoirs qui lui sont conférés par d'autres dispositions de la présente loi ou par une délibération spéciale de l'assemblée générale, le syndic est chargé, dans les conditions qui seront éventuellement définies par le décret prévu à l'article 47 ci-dessous : d'assurer l'exécution des dispositions du règlement de copropriété et des délibérations de l'assemblée générale ; d'administrer l'immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien et, en cas d'urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l'exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de celui-ci ; de représenter le syndicat dans tous les actes civils et en justice dans les cas visés aux articles 15 et 16 ci-dessus ". Il résulte de ces dispositions que le syndic n'a qualité que pour représenter le syndicat en justice après accord de l'assemblée des copropriétaires et ne peut être tenu pour responsable des atteintes portées au domaine public maritime

6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES est une société de gestion immobilière, d'administration des biens, de gestion de copropriétés, de transaction sur immeubles et fonds de commerce, d'étude technique et de réalisation de lotissements urbains et ruraux. En sa qualité de syndic représente le syndicat des copropriétaires de l'établissement Atlantide, elle n'est ni le propriétaire, ni l'auteur, ni le gardien de l'établissement Atlantide. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que le procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé à l'encontre de l'Etablissement Atlantide et a été notifié à son gérant, M. A B.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de relaxer des fins de la poursuite la société la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES au titre de la contravention en litige.

Sur les frais d'instance et les dépens :

8. D'une part, il y a lieu de faire droits aux conclusions formées par la société la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en condamnant la Collectivité d'outre-mer de Saint-Martin à lui verser la somme de 1 200 euros. D'autre part, la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES ne justifie pas au dossier des frais qu'elle a exposés à raison des poursuites engagées par la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin. Par suite, ses conclusions doivent être rejetées sur ce point.

D E C I D E :

Article 1er : La société la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES est relaxée des fins de la poursuite en matière de contravention de grande voirie.

Article 2 : La collectivité d'outre-mer de Saint-Martin est condamnée à verser à la société SPRIMBARTH CAP CARAIBES la somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au président de la collectivité territoriale de Saint-Martin, à charge pour lui de le notifier à la société à responsabilité limitée (SARL) SPRIMBARTH CAP CARAIBES, dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Le Roux, conseillère,

Mme Sollier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.

Le président,

Signé :

S. GOUÈSL'assesseure la plus ancienne,

Signé :

J. LE ROUX La greffière,

Signé :

L. LUBINO

La République mande et ordonne préfet délégué auprès du représentant de l'État dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin et préfet de la Guadeloupe en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

L'adjointe à la greffière en chef,

Signé :

A. CETOL

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions