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AccueilJurisprudence administrativeN° TA108-2400053

Tribunal Administratif de St Martin — Décision N° TA108-2400053

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de St Martin
SectionTribunal Administratif de St Martin
N° DossierTA108-2400053
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantARMAND LIONEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2024, Mme A B, représentée par la SELARL AJM Avocats, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 février 2024 par laquelle le centre hospitalier de Saint Martin a rejeté sa demande tendant à ce que son état de santé soit reconnu comme étant imputable au service ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint Martin la somme de 2 000 euros, sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'elle a été signée par une autorité incompétente, qu'elle n'est pas motivée et qu'elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la dégradation de son état de santé est imputable à la dégradation de ses conditions de travail, ayant atteint un point de rupture culminant lors de l'incident du 20 mai 2022, par lequel elle a demandé un congé pour invalidité temporaire imputable au service et alors cet accident présente toutes les caractéristiques d'un rattachement au service.

Vu :

- la requête n° 2400052 enregistrée le 27 avril 2024 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mahé, vice-présidente pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, Mme A B soutient sans aucun document à l'appui ses difficultés financières dans la mesure où, selon ses déclarations, elle ne perçoit plus qu'un demi-traitement depuis le mois d'août 2023. Toutefois, outre le fait que cette situation a pu perdurer pendant neuf mois sans qu'elle ne soit contrainte de déposer une procédure de référé urgente, elle ne verse aucune pièce sur le montant de ses revenus ni sur celui de ses charges. Par suite, la requérante ne justifie pas la gravité de la situation financière dont elle se prévaut. Enfin, si elle soutient qu'il y a urgence à suspendre la décision contestée dès lors qu'elle se trouve dans une situation d'incertitude sur son devenir professionnel, personnel et matériel, elle n'apporte aucune précision ni aucun justificatif à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, eu égard à l'ensemble de ces éléments, Mme B ne peut être regardée comme justifiant de l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative à suspendre la décision contestée. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentée par Mme B selon la procédure prévue à l'article L.522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée, pour information, au centre hospitalier de Saint Martin.

Fait à Basse Terre, le 29 avril 2024.

Le juge des référés,

signé

N. MAHÉ

La République mande et ordonne au représentant de l'Etat à Saint Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. Cétol

N°2400053

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