mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2400079 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELAS JURISCARIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 4 et 22 juillet 2024, la société Schenatsar Bâtiment, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2024 par laquelle la collectivité de Saint-Martin a rejeté son offre concernant les lots n°1 " gros œuvre et terrassement " et n°2 " fourniture et pose des citernes " du marché public relatif à l'implantation de citernes de récupération d'eau de pluie dans les établissements élémentaires et maternelles de Saint-Martin ;
2°) d'enjoindre à la collectivité de Saint-Martin de différer la signature du contrat jusqu'au terme de la présente procédure.
Elle soutient que :
- le délai minimal de suspension de la signature du contrat de 11 jours, tel que prévu par l'article R. 2182-1 du code de la commande publique, a été méconnu ;
- la société attributaire n'a pas effectué la visite du site, qui était obligatoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, la collectivité de Saint-Martin, représentée par Me Nicolas, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à son rejet au fond, à la condamnation de la société Schenatsar Bâtiment aux entiers dépens et à ce que soit mise à sa charge la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le marché a été signé le 3 juillet 2024, soit avant l'introduction de la requête ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par un mémoire et des pièces enregistrés le 22 juillet 2024, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Exowater, représentée par Me Sylvestre, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le délai de standstill court à compter de la date d'envoi par le pouvoir adjudicateur des courriers de rejet des offres et non à compter de leur date de réception ; en l'espèce, le courrier de rejet des offres de la société requérante pour les lots n°1 et 2 du marché litigieux a été envoyé le 24 juin 2024, de sorte que le délai de standstill était écoulé, à compter du 25 juin 2024 à minuit ; le marché a été signé le 3 juillet 2024 ; la requête de la société Schenatsar Bâtiment, introduite le 4 juillet 2024, est donc irrecevable ;
- le moyen invoqué par la société requérante tiré de la méconnaissance du délai de suspension de signature du contrat, de 11 jours, est inopérant dès lors que d'une part, il n'est pas en rapport direct avec son éviction et que, d'autre part, l'article R. 2182-1 du code de la commande publique prévoyant ce délai ne s'applique qu'aux marchés passés selon une procédure formalisée, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ; aucun délai de standstill ne s'applique aux marchés passés selon une procédure adaptée et le délai d'un jour fixé par la collectivité, qui était légal, a bien été respecté ;
- le moyen tiré de ce qu'elle n'aurait pas procédé à la visite sur site doit être écarté dès lors que le règlement de consultation prévoyait expressément que cette visite n'était pas obligatoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bentolila, en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 23 juillet 2024 à 11 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Lubino, greffière :
- le rapport de Mme Bentolila, juge des référés, qui a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société Schenatsar Bâtiment tendant à la suspension de la signature du marché litigieux, dès lors qu'en application de l'article L. 551-4 du code de justice administrative, l'introduction d'un référé précontractuel produit par elle-même un effet suspensif ;
- les observations de Me Sylvestre, représentant la société Exowater, qui indique que la société requérante ne saurait se prévaloir d'aucune lésion, qu'il ne dispose pas de l'acte d'engagement signé par la collectivité de Saint-Martin mais que le courrier de notification de l'acceptation de ses offres pour les lots n°1 et 2, daté du 3 juillet 2024, implique nécessairement que l'acte d'engagement a été signé par la collectivité ;
- la société Schenatsar Bâtiment et la collectivité de Saint-Martin n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, le 23 juillet 2024 à 11 heures 21.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence publié le 21 novembre 2023, la collectivité de Saint-Martin a lancé une procédure adaptée ouverte en vue de la conclusion d'un marché portant sur l'implantation de citernes de récupération d'eau de pluie dans les établissements élémentaires et maternelles de Saint-Martin, composé de quatre lots relatifs au gros œuvre et au terrassement (lot n°1), à la fourniture et la pose des citernes (lot n°2), à l'habillage des citernes - menuiserie aluminium (lot n°3) et aux panneaux de signalisation (lot n°4). La société Schenatsar Bâtiment a soumissionné pour l'attribution des lots n°1 et 2. Par un courrier du 24 juin 2024, la collectivité de Saint-Martin l'a informée du rejet de son offre en lui indiquant que les lots n°1 et 2 avaient été attribués à la société Exowater. Par la présente requête, la société Schenatsar Bâtiment, demande au juge des référés, sur le fondement l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la décision du 24 juin 2024 portant rejet de son offre et de suspendre la signature de ce contrat.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".
Sur la fin de non-recevoir :
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent de la présente ordonnance que le juge du référé précontractuel ne peut être saisi qu'avant la conclusion du contrat.
4. Si la collectivité de Saint-Martin et la société Exowater soutiennent que la requête introduite par la société requérante le 4 juillet 2024 est irrecevable, dès lors que les lots n°1 et 2 du marché litigieux ont été attribués à la société Exowater le 3 juillet 2024, soit avant l'introduction de la requête, elles ne produisent toutefois pas, en dépit de la demande de pièce leur ayant été adressée en ce sens, l'acte d'engagement signé par la collectivité de Saint-Martin concernant lesdits lots. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en ce sens ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions tendant à la suspension de la signature du contrat litigieux :
5. Aux termes de l'article L. 551-4 du code de justice administrative : " Le contrat ne peut être signé à compter de la saisine du tribunal administratif et jusqu'à la notification au pouvoir adjudicateur de la décision juridictionnelle ".
6. Ces dispositions confèrent à la saisine du juge du référé précontractuel un effet suspensif de la signature du contrat litigieux. Il en résulte que les conclusions de la société requérante tendant à ce qu'il soit enjoint à la collectivité de Saint-Martin de différer la signature du contrat litigieux jusqu'au terme de la présente procédure contentieuse sont irrecevables et ne peuvent par suite qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2182-1 du code de la commande publique : " Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, un délai minimal de onze jours est respecté entre la date d'envoi de la notification prévue aux articles R. 2181-1 et R. 2181-3 et la date de signature du marché par l'acheteur. / Ce délai minimal est porté à seize jours lorsque cette notification n'a pas été transmise par voie électronique. ".
8. Les dispositions précitées de l'article R. 2182-1 du code de la commande publique, qui prévoient un délai de suspension de 11 jours entre la date d'envoi de la notification du rejet des offres des candidats évincés et la date de signature du marché ne s'appliquent qu'aux marchés passés selon une procédure formalisée. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le marché litigieux a fait l'objet d'une procédure adaptée ouverte. Dès lors, et en tout état de cause, ce moyen ne peut qu'être écarté.
9. En second lieu, la société requérante soutient que la société Exowater n'a pas procédé à la visite sur site, qui était obligatoire. Toutefois, contrairement à ce qu'elle soutient, l'article 4.12 du règlement de la consultation mentionne expressément que cette visite sur site n'est pas obligatoire. Dès lors, et en tout état de cause, ce moyen doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la société requérante, présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, la présente instance n'ayant généré aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de la collectivité de Saint-Martin tendant à la condamnation de la société Schenatsar Bâtiment aux entiers dépens doivent être rejetées.
12. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Schanatsar Bâtiment une somme de 1 000 euros à verser à la société Exowater, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des mêmes dispositions par la collectivité de Saint-Martin.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Schenatsar Bâtiment est rejetée.
Article 2 : La société Schenatsar Bâtiment versera à la société Exowater la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la collectivité de Saint-Martin sur le fondement des articles R. 761-1 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Schenatsar Bâtiment, à la collectivité de Saint-Martin et à la société par actions simplifiée unipersonnelle Exowater.
Fait à Basse-Terre, le 24 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé :
H. BENTOLILA
La République mande et ordonne au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière en chef
Signé
ML CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026