samedi 10 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2400098 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SARDA MICHAEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2024, la société Koktel Kreol, représentée par Me Sarda et Me Barreiro, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 juillet 2024 du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin portant fermeture administrative de l'établissement à l'enseigne " Arhawak " pour une durée de deux mois ;
2°) d'ordonner toutes mesures nécessaires aux fins de faire cesser l'atteinte à sa liberté d'entreprendre ;
3°) d'enjoindre au représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin de retirer l'arrêté litigieux ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser des dommages et intérêts.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
-l'urgence est caractérisée, dès lors que l'arrêté attaqué emporte des conséquences économiques graves ; la fermeture ordonnée concerne deux mois de basse-saison pendant lesquels la société pourrait développer son activité et se faire connaître ; elle doit supporter divers frais et charges à hauteur de 35 000 euros par mois ; en outre, au 30 juin 2024, la société souffrait d'un déficit de 35 603,30 euros ;
-l'arrêté attaqué porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'entreprendre ; il est insuffisamment motivé et il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que les travailleurs visés dans le rapport d'inspection étaient employés régulièrement.
La requête a été communiquée le 8 août 2024 au préfet de la Guadeloupe, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code du travail ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Sollier, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 9 août 2024 à 10h00.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Ismaël, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Sollier, qui a informé les parties, en application des articles R. 522-9 et R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'indemnisation en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- les observations de Me Hureaux, substituant Me Sarda, représentant la SAS Koktel Kreol, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Le préfet de la Guadeloupe n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été reportée au samedi 10 août à 12h00.
Considérant ce qui suit :
1. La société Koktel Kreol, qui exploite un restaurant sous l'enseigne " Arhawak ", demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 25 juillet 2024 du représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin portant fermeture administrative de cet établissement pour une durée de deux mois.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
3. Aux termes de l'article L. 8211-1 du code du travail : " Sont constitutives de travail illégal, dans les conditions prévues par le présent livre, les infractions suivantes : 1°) Travail dissimulé ; () " Aux termes de l'article L. 8221-5 du même code : " Est réputé travail dissimulé par dissimulation d'emploi salarié le fait pour tout employeur : 1°) Soit de se soustraire intentionnellement à l'accomplissement de la formalité prévue à l'article L. 1221-10, relatif à la déclaration préalable à l'embauche ; () ". Aux termes, enfin, de l'article L. 8272-2 du même code : " Lorsque l'autorité administrative a connaissance d'un procès-verbal relevant une infraction prévue aux 1° à 4° de l'article L. 8211-1 ou d'un rapport établi par l'un des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-1-2 constatant un manquement prévu aux mêmes 1° à 4°, elle peut, si la proportion de salariés concernés le justifie, eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés, ordonner par décision motivée la fermeture de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction, à titre temporaire et pour une durée ne pouvant excéder trois mois. () "
4. Il résulte de l'instruction que, le 7 mai 2024, à l'occasion d'un contrôle de l'établissement " Arhawak ", exploité au 13 boulevard de France à Marigot (Saint-Martin) par la société Koktel Kreol, l'unité de contrôle de Guadeloupe de l'inspection du travail a constaté que deux salariés sur quatre se trouvaient en situation de travail dissimulé par dissimulation d'emploi salarié. Ces infractions étant constitutives de travail illégal au sens du 1° (travail dissimulé) de l'article L. 8211-1 du code du travail, par un arrêté du 25 juillet 2024 pris sur le fondement de l'article L. 8272-2 du code du travail, le représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin a, après avoir recueilli les observations de la société, ordonné la fermeture temporaire de l'établissement pour une durée de deux mois.
5. En premier lieu, il résulte tant des termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que du but dans lequel la procédure qu'il instaure a été créée que doit exister un rapport direct entre l'illégalité relevée à l'encontre de l'autorité administrative et la gravité de ses effets au regard de la liberté fondamentale en cause. À ce titre, la circonstance qu'une sanction administrative de fermeture d'établissement prise sur le fondement de l'article L. 8272-2 du code du travail méconnaîtrait l'obligation de motivation prévue par cet article n'est pas, par elle-même, de nature à caractériser une atteinte grave à la liberté d'entreprendre.
6. En second lieu, la société requérante doit être regardée comme contestant la matérialité de l'infraction qui lui est reprochée dès lors qu'elle soutient que les travailleurs visés dans le rapport d'inspection étaient employés régulièrement. Si la société justifie de ce que M. A B, serveur, et M. C, cuisinier, ont fait tous deux l'objet d'une déclaration préalable à l'embauche le 2 mai 2024, elle n'établit pas qu'il s'agissait des deux salariés identifiés dans le rapport d'inspection du 21 mai 2024 comme se trouvant en situation de travail dissimulé, alors qu'il résulte de ses propres écritures qu'elle a eu accès à ce rapport, et elle ne précise par ailleurs pas le nom des deux autres salariés présents dans l'établissement le jour du contrôle, ni, a fortiori, ne justifie de la régularité de leur embauche. Dans ces conditions, la société requérante n'établit pas que l'arrêté litigieux serait fondé sur des faits matériellement inexacts.
7. En l'état de l'instruction, il résulte de ce qui précède qu'en édictant une fermeture administrative de l'établissement " Arhawak " pour une durée de deux mois, le représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'entreprendre.
8. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence à statuer, que la requête de la société Koktel Kreol doit être rejetée, y compris ses conclusions à fins d'indemnisation.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Koktel Kreol est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Koktel Kreol et au représentant de l'Etat à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin.
Copie en sera adressée au préfet de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre, le 10 août 2024.
La juge des référés,
Signé
M. SOLLIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026