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AccueilJurisprudence administrativeN° TA108-2400115

Tribunal Administratif de St Martin — Décision N° TA108-2400115

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de St Martin
SectionTribunal Administratif de St Martin
N° DossierTA108-2400115
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantGUILLAUME-MATIME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Loïse Guillaume-Matime, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 05 juin 2024 l'obligeant à quitter le territoire français assorti d'un délai de départ volontaire de trente jours, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à la notification du jugement statuant sur la requête au fond ;

3°) de condamner l'État à verser la somme de 1 500 euros à Me Guillaume-Matime, qui renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'urgence est constituée dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire est exécutable immédiatement ;

- s'agissant de la décision d'obligation de quitter le territoire : il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie familiale normale, prévu par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle réside à Saint-Martin depuis l'année 2019, qu'elle est unie par un pacte civil de solidarité conclu en 2022 avec un ressortissant français, avec qui elle vit depuis 2015, qu'elle a deux enfants majeurs au Venezuela qui vivent avec leur père duquel elle est séparée; le préfet a ainsi commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

-S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, elle est illégale dès lors que l'obligation de quitter le territoire est illégale, elle est insuffisamment motivée, elle méconnait sa vie privée et familiale, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

-S'agissant de la décision fixant le pays de destination, elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2400114, enregistrée le 19 septembre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 5 juin 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Mme A B, ressortissante vénézuélienne née le 29 juin 1983 à Caracas, déclare être entrée sur le territoire en avril 2019 et y résider de manière continue depuis cette date, sans toutefois l'établir. Si elle indique également être unie par un pacte civil de solidarité conclu en 2022 avec un ressortissant français, elle ne démontre pas vivre de façon stable et continue avec lui depuis 2015. Dans ces conditions, alors qu'elle ne fait pas la preuve qu'elle serait dépourvue d'attaches familiales au Venezuela, pays où elle aurait vécu jusqu'à l'âge de 36 ans et où elle déclare que vivent ses deux enfants majeurs, ni même d'une insertion professionnelle en France, en l'état de l'instruction, la requête étant manifestement mal fondée, il y a lieu de la rejeter en faisant application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris pour les conclusions relatives aux injonctions et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Fait à Basse-Terre le 23 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

J-L. SANTONI

La République mande et ordonne au préfet délégué de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

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