LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA108-2500094

Tribunal Administratif de St Martin — Décision N° TA108-2500094

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de St Martin
SectionTribunal Administratif de St Martin
N° DossierTA108-2500094
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Saint-Martin rejette la requête de Mme C... E..., ressortissante cubaine, qui contestait l'arrêté préfectoral du 4 juillet 2025 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et prononçant une interdiction de retour d'un an. La requérante invoquait l'incompétence de l'auteur de l'acte, l'impossibilité de produire certains documents, ses attaches familiales à Saint-Martin et des risques en cas de retour à Cuba. Le tribunal écarte le moyen d'incompétence en raison d'une délégation de signature régulière et rejette les autres griefs, confirmant ainsi la légalité de l'arrêté pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2025, Mme A... C... E... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 4 juillet 2025 par lequel le représentant de l’Etat des collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi en cas d’exécution d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.

Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il lui a été demandé de produire des éléments impossibles à obtenir sans récépissé, tels les documents fiscaux ;
- elle est arrivée à Saint-Martine en 2017 ; elle a bénéficié d’un titre de séjour du 2 mai 2019 au 1er mai 2020 ; elle n’a plus d’attaches à Cuba en dehors de son père qui ne s’est jamais occupé d’elle ; elle a divorcé le 18 septembre 2023 ; elle vit désormais à Saint-Martin avec son compagnon ;
- elle serait exposée à des risques certains en cas de retour à Cuba en raison de ses opinions politiques.

La requête a été communiquée au préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, qui n’a pas produit d’observation en défense.

Par une ordonnance du 19 novembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 19 janvier 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Sollier a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

Mme A... C... E..., ressortissante cubaine, née le 1er mars 1986 à Camaguey, est entrée en France le 31 janvier 2017 munie d’un visa de long séjour valable du 31 janvier 2017 au 31 janvier 2018 en qualité de conjoint de français, à la suite de son mariage avec un ressortissant français le 14 octobre 2016. Elle a obtenu un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable du 2 mai 2019 au 1er mai 2020. Elle s’est ensuite séparée de son époux puis a divorcé en novembre 2023. Le 25 mars 2024, elle a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 4 juillet 2025, dont C... E... demande l’annulation, le préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d’éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme D... B..., cheffe du bureau du service citoyenneté et immigration de la préfecture de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, qui bénéficiait pour ce faire d’une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin du 1er avril 2025, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 99-2025-154 le 28 avril 2025 et consultable sur le site internet de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué serait entaché d’incompétence doit être rejeté.



En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. (…) » En ce qui concerne une demande d’un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" délivrée à l'étranger ayant des liens personnels et familiaux en France, au titre de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette liste indique : « 1. Pièces à fournir dans tous les cas : / -justificatif d'état civil : (sauf si vous êtes déjà titulaire d'une carte de séjour) une copie intégrale d'acte de naissance comportant les mentions les plus récentes accompagnée le cas échéant de la décision judiciaire ordonnant sa transcription (jugement déclaratif ou supplétif) ; / -justificatif de nationalité : passeport (pages relatives à l'état civil, aux dates de validité, aux cachets d'entrée et aux visas) ou, à défaut, autres justificatifs dont au moins un revêtu d'une photographie permettant d'identifier le demandeur (attestation consulaire, carte d'identité, carte consulaire, certificat de nationalité, etc.) ; / -justificatif de domicile datant de moins de six mois : facture (électricité, gaz, eau, téléphone fixe, accès à internet), bail de location de moins de six mois, quittance de loyer (si locataire) ou taxe d'habitation ; en cas d'hébergement à l'hôtel : attestation de l'hôtelier et facture du dernier mois ; en cas d'hébergement chez un particulier : attestation de l'hébergeant datée et signée, copie de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour, et justificatif de son domicile si l'adresse de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour n'est plus à jour ; / -3 photographies d'identité de face, tête nue, récentes et parfaitement ressemblantes (format 35 mm × 45 mm-norme ISO/ IEC 19794-5 : 2005) (pas de copie) ou si demande déposée dans le cadre du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du CESEDA, code photographie et signature numérique valide ; / -justificatif d'acquittement de la taxe sur le titre de séjour et du droit de timbre et si exigé le droit de visa de régularisation à remettre au moment de la remise du titre ; / -déclaration sur l'honneur de non polygamie en France si vous êtes marié et originaire d'un pays autorisant la polygamie. / 2. Pièces à fournir en première demande : / 2.1. Justificatifs des liens personnels et familiaux en France : / -liens matrimoniaux et filiaux : extrait d'acte de mariage, ou extraits des actes de naissance des enfants avec filiation (documents correspondant à la situation au moment de la demande), copie du PACS et attestation de non dissolution de moins de trois mois, etc. ; / -liens parentaux et collatéraux : extraits d'actes de naissance des parents et de la fratrie avec filiation, jugement d'adoption ou de tutelle (documents correspondant à la situation au moment de la demande) ; / -liens professionnels ou personnels : contrat de travail, fiches de paie, participation à la vie locale/ associative, etc. ; / -justificatifs du séjour régulier en France des membres de la famille : copie de sa carte de séjour ou de la carte nationale d'identité ; / -justificatifs par tout moyen de l'entretien de relations certaines et continues avec les membres de la famille installée en France (enfants, conjoint, concubin ou partenaire pacsé) ; / -justification par tout moyen permettant d'apprécier la durée de la résidence habituelle (continue) en France : visa, attestation de demande de carte de séjour, attestation de demande d'asile, documents d'une administration publique (préfecture, service social, établissement scolaire), documents émanant d'une institution privée (certificat médical, relevés bancaires présentant des mouvements, etc.), écrits personnels incontestables (courriers, attestations de proches). / 2.2. Nature des liens avec votre famille restée dans le pays d'origine : -actes de décès des membres de famille à l'étranger. / 2.3. Justificatifs de vos conditions d'existence : -revenus, salaires, relevés bancaires, etc. / 2.4. Justificatifs de votre insertion dans la société française : -attestations de cercles amicaux, adhésion à des associations, activité bénévole, participation aux activités scolaires des enfants, etc. (…) ».

Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que dans le cadre de l’instruction d’une demande de carte de résident, l’administration peut demander les avis d’imposition d’un étranger, entre autres, afin de permettre d’apprécier la durée de la résidence habituelle continue en France et les conditions d’existence du demandeur. Par suite, Mme C... E... n’est pas fondée à soutenir que l’administration ne pouvait pas lui demander la production de ses documents fiscaux. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

Mme F... fait valoir qu’elle est entrée régulièrement sur le territoire en 2017 à la suite de son mariage avec un ressortissant français et qu’elle était titulaire d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». Toutefois, il résulte de l’instruction que la requérante n’a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour qui a expiré le 1er mai 2020 et s’est maintenue en situation irrégulière trois ans et neuf mois avant de demander la délivrance d’un nouveau titre sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Elle soutient en outre que malgré son divorce en novembre 2023, le centre de ses intérêts personnels et familiaux se situe désormais sur le territoire national dès lors qu’elle vit en concubinage avec un ressortissant français. Toutefois, le concubinage dont elle se prévaut, qui ne saurait, au demeurant, être regardé comme établi par l’attestation produite, est très récent. Par ailleurs, si la requérante fait valoir que sa mère est décédée en 2024, que son frère vit au Brésil et qu’elle n’a plus de contact avec son père qui réside à Cuba, elle n’établit pas être dépourvue d’attaches dans son pays d’origine où elle a vécu jusqu’à l’âge de trente-deux ans. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

En quatrième et dernier lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. »

Mme C... E..., qui se borne à soutenir être exposée à des risques en cas de retour à Cuba en raison de ses opinions politiques, n’apporte aucun élément permettant de considérer qu’elle serait personnellement et actuellement exposée, en cas de retour dans son pays, à des risques portant atteinte aux droits protégés par l’article 3 précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme C... E... doivent être rejetées.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme C... E... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... E... et au préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.


Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l'audience du 5 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Santoni, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.


La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
J.-L. SANTONI

La greffière,

Signé


L. LUBINO


La République mande et ordonne au préfet de Saint-Barthélemy et Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme
La greffière
Signé
L. LUBINO

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

← Retour aux décisions

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026