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AccueilJurisprudence administrativeN° TA109-2100018

Tribunal Administratif de St Barthélemy — Décision N° TA109-2100018

mercredi 14 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de St Barthélemy
SectionTribunal Administratif de St Barthélemy
N° DossierTA109-2100018
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantST BARTH LAW

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, respectivement enregistrés les 16 septembre 2021, 4 août et 16 novembre 2022, M. A F, Mme L F, M. C F, Mme E F, Mme K F, M. G F, Mme J F, Mme I F, M. D F, M. M F et Mme B F, représentés par Me Luciani, demandent au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la délibération du 5 mars 2020, par laquelle le conseil exécutif de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy a délivré un permis de construire n° PC 9711231900281 à Mme H F, ensemble la délibération du 7 janvier 2021 aux termes de laquelle la même autorité a accordé le permis de construire modificatif n° PC 9711231900281M01 à Mme H F ;

2°) d'enjoindre à la suspension des travaux initiés par Mme H F et à la démolition des travaux déjà réalisés par celle-ci ;

3°) de mettre à la charge de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy les entiers dépens et une somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

Sur la recevabilité

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- leur requête n'est pas tardive ;

- ils produisent les documents requis par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

Sur les moyens communs aux deux délibérations :

- les dossiers de permis de construire sont entachés d'inexactitudes, d'incomplétudes et d'insuffisances ;

- les deux délibérations sont entachées d'une fraude, dès lors que la pétitionnaire ne dispose d'aucun droit de propriété sur le mur de soutènement contre lequel seront adossés les ouvrages projetés ;

- la pétitionnaire ne produit pas l'étude de perméabilité mentionnée dans l'avis de la direction des services techniques ;

- les travaux réalisés ne sont pas conformes aux permis délivrés ;

- les délibérations méconnaissent les règles fixées par l'article U 9 du règlement de la carte d'urbanisme et les dispositions de l'article 112-14 du code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction relatives aux places de stationnement ;

Sur les moyens dirigés contre le permis de construire initial :

- le permis initial accordé par la délibération du 5 mars 2020 méconnaît les règles de la carte d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions ;

- il méconnaît l'article UR 6 du règlement de la carte d'urbanisme alors applicable ;

- il méconnaît l'article U 10 du règlement de la carte d'urbanisme alors applicable ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 133-58 du code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy ;

Sur les moyens dirigés contre le permis de construire modificatif :

- le permis modificatif méconnaît l'article U 8 du règlement de la carte d'urbanisme, dès lors que le local technique projeté est couvert par un toit terrasse ;

- il méconnaît l'article U 10 du règlement de la carte d'urbanisme, dès lors que le terrain ne comporte que 50 m² de surface végétalisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2022, Mme H F, représentée par la selas St-Barth Law agissant par Me Kirscher, conclut au rejet de la requête et à ce que les requérants lui versent une somme de 5 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable comme tardive en toutes ses conclusions ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par deux mémoires en défense, respectivement enregistrés les 12 juillet et 28 septembre 2022, la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy, représentée par Me Destarac, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire au sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que les requérants lui versent en tout état de cause une somme de 3 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions injonctives sont irrecevables, en ce qu'elles constituent des injonctions à titre principal qui ne relèvent par ailleurs pas de la compétence du juge administratif ;

- les requérants ne produisent pas de titre de propriété de nature à établir le caractère régulier de l'occupation de leur bien, en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- ils ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- la requête est tardive en toutes ses conclusions ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Les requérants ont produit des pièces complémentaires le 27 octobre 2021 qui ont été communiquées.

Par un mémoire, enregistré le 31 mars 2022, M. D F déclare se désister purement et simplement de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;

- les observations de Me Luciani, représentant les consorts F, celles de Me Destarac, représentant la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy et celles de Me Regnault de Maulmin, pour le cabinet St-Barth Law, représentant Mme H F.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 5 mars 2020, le conseil exécutif de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy a accordé à Mme H F un permis de construire pour la construction de deux logements identiques comprenant une chambre, une salle d'eau, un salon et une cuisine sur la parcelle AK 1003 sise dans le quartier de Corossol à Saint-Barthélemy, consécutivement à la demande de permis de construire formée par l'intéressée le 17 décembre 2019. Par une délibération en date du 7 janvier 2021, le conseil exécutif de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy a accordé un permis de construire modificatif à la même personne, ayant pour objet l'ajout de deux piscines et d'un local technique sur le terrain d'assiette du projet. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler ces deux délibérations.

Sur le désistement de M. D F :

2. Par un mémoire enregistré le 31 mars 2022, M. D F déclare se désister purement et simplement de l'instance. Ce mémoire a été communiqué. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le permis initial :

3. L'article R. 600-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. " L'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, dont les dispositions sont partiellement reprises par l'article 133-46 du code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy, énonce quant à lui que : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable () ".

4. S'il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a accompli les formalités d'affichage prescrites par les dispositions précitées, le juge doit apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.

5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un constat d'huissier réalisé à la demande des requérants le 12 novembre 2020, que la pétitionnaire a affiché sur son terrain, au moins à compter de ce jour-là, un panneau relatif au permis de construire initial délivré le 5 mars 2020. Si la réalité de cet affichage n'est pas contestée, non plus que la régularité des mentions qu'il comporte, les requérants remettent toutefois en cause son caractère continu, ainsi que la régularité de son emplacement. Ils n'apportent néanmoins aucun commencement de preuve à l'appui de leurs allégations, alors que Mme H F produit un procès-verbal de constat aux termes duquel un huissier déclare s'être rendu les 15 décembre 2020, 14 janvier, 11 février et 18 mars 2021 sur le terrain d'assiette du projet et avoir, aux dates mentionnées ci-dessus, constaté l'affichage du permis " parfaitement visible " " sur le terrain en bordure de voie et/ou d'espaces ouverts au public " " pendant la période continue de deux mois fermes ". Par suite, et dès lors que ces énonciations circonstanciées ne sont pas utilement remises en cause par les allégations non étayées des requérants, le délai de recours contre la délibération du 5 mars 2020 valant permis de construire a commencé à courir le 12 novembre 2020, qui doit être regardé comme le premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme.

6. Par ailleurs, si, ainsi que le prévoit l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration, la circonstance qu'un acte administratif a été obtenu par fraude permet à l'autorité administrative compétente de l'abroger ou de le retirer à tout moment, elle ne saurait, en revanche, proroger le délai du recours contentieux

7. Il ressort des termes mêmes de la requête que celle-ci est dirigée non pas contre une décision portant refus de retrait ou d'abrogation d'un permis de construire pour fraude, mais, ainsi qu'il l'a été dit au point 1, contre les délibérations valant permis de construire et permis de construire modificatif. Si les requérants soutiennent avoir adressé, le 26 juillet 2021, au président de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy un courrier tendant au retrait des permis de construire accordés à Mme H F, ce courrier doit s'analyser, eu égard à son contenu, comme un recours gracieux formé contre ces délibérations, et non comme une demande ayant donné naissance à une décision implicite de refus de retrait des délibérations attaquées susceptible de faire naître un nouveau délai de recours contre la décision née du silence gardé par l'administration sur cette demande de retrait pour fraude.

8. Il suit de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 5 mars 2020, par laquelle le conseil exécutif de la collectivité d'outre-mer Saint-Barthélemy a délivré à Mme H F un permis de construire initial sont tardives, en ce qu'elles ont été formées plus de trois mois - soit deux mois augmentés du délai de distance - après le déclenchement du délai de recours. La fin de non-recevoir en ce sens opposée en défense doit être accueillie.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le permis modificatif :

9. Il résulte des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir utilement contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

10. Ainsi qu'il l'a été dit au point 8, les requérants ont contesté tardivement le permis initial, délivré le 5 mars 2020. Ils doivent par suite être regardés comme n'ayant pas utilement contesté ce permis et leur intérêt à agir contre le permis modificatif délivré le 7 janvier 2021 ne peut être apprécié qu'au regard de la portée des modifications que celui-ci apporte au projet de construction initialement autorisé.

11. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AK 84, dont les requérants sont propriétaires, est contigüe à la parcelle AK 1003, terrain d'assiette des constructions litigieuses, ce dont il résulte que les requérants ont la qualité, non contestée, de voisins immédiats du projet. Pour justifier de leur intérêt à contester le permis modificatif, ils se prévalent de l'atteinte causée par la construction projetée à leur droit de propriété. Ils soutiennent, à cet égard, que les travaux en cours ont causé l'effondrement du mur séparatif mitoyen dont ils seraient copropriétaires et que les édifications autorisées, ainsi que la voie d'accès au projet, empiètent sur leur limite de propriété, dans un contexte de difficultés d'établissement des délimitations précises des parcelles en cause. Toutefois, ainsi que le fait valoir la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy en défense, les requérants n'établissent ni même n'allèguent que les atteintes dont il se prévalent résulteraient des modifications apportées au projet initial par le permis modificatif. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que les piscines et le local technique autorisés par ce permis modificatif seraient implantés sur la partie Ouest du terrain d'assiette, soit du côté opposé à celui jouxtant la parcelle AK 84 détenue par les requérants. Les constructions objets du permis modificatif seraient donc séparées de la parcelle AK 84 par les deux logements édifiés sur la partie Est du terrain d'assiette du projet, dont la réalisation a été autorisée par le permis initial qui, faute d'avoir été utilement contesté, a conféré des droits acquis à la pétitionnaire. Dans ces conditions, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les constructions autorisées par la délibération du 7 janvier 2021, au vu de leur nature et de leur localisation, affecteraient le droit de propriété des requérants, et en l'absence de tout autre indication fournie par ces derniers quant à la nature, à l'importance ou à la localisation des aspects modifiés du projet, les consorts F doivent être regardés comme ne justifiant pas de leur intérêt à contester la délibération du 7 janvier 2021 valant permis modificatif. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à contester la légalité du permis modificatif délivré le 7 janvier 2021 doit être accueillie.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des consorts F tendant à l'annulation des délibérations du 5 mars 2020 et du 7 janvier 2021 doivent être rejetées, comme irrecevables, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité propre.

Sur les dépens et l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, il convient de rejeter les conclusions des requérants aux fins de la condamnation de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy aux dépens.

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a en revanche lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros à verser à Mme H F et une somme de 1 500 euros à verser à la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy.

D É C I D E :

Article 1 : Il est donné acte du désistement de M. D F.

Article 2 : La requête des consorts F est rejetée.

Article 3 : M. A F, Mme L F, M. C F, Mme E F, Mme K F, M. G F, Mme J F, Mme I F, M. M F et Mme B F verseront solidairement une somme de 1 500 euros à la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et la même somme à Mme H F, au même titre.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, Mme L F, M. C F, Mme E F, Mme K F, M. G F, Mme J F, Mme I F, M. M F, M. D F, Mme B F, Mme H F et à la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy.

Délibéré après l'audience publique du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Guiserix, président,

M. Antoine Lubrani, conseiller,

Mme Hélène Bentolila, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

A. LUBRANI

Le président,

Signé

O. GUISERIX

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

L'adjointe de la greffière adjointe

Signé

A. CETOL

4

N° 1901371

8

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