lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Barthélemy |
| Section | Tribunal Administratif de St Barthélemy |
| N° Dossier | TA109-2300038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LUCIANI PASCAL-ALEXIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 septembre 2023 et 21 mars 2024, M. C A, représenté par Me Luciani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 2023-341 CE du 11 avril 2023 par laquelle le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux en date du 15 mai 2023 ;
2°) d'enjoindre au conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy de lui délivrer un certificat d'urbanisme opérationnel pour l'opération projetée dans sa demande CU N° 9711232300054 ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Barthélemy une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- le certificat d'urbanisme est insuffisamment motivé, en méconnaissance des dispositions de l'article 131-4 du code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy ;
- le classement en zone naturelle (N) de la parcelle AM 768 par la carte du règlement d'urbanisme de Saint-Barthélemy est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, ce qui est de nature à entacher d'illégalité le certificat d'urbanisme négatif litigieux ;
- le certificat d'urbanisme négatif en litige est fondé sur un motif étranger aux règles juridiques applicables en matière de délivrance d'un certificat d'urbanisme ;
- le terrain sur lequel l'opération est projetée dispose d'un accès.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 février et 22 avril 2024, la collectivité de Saint-Barthélemy, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- en tout état de cause, la décision litigieuse pouvait se fonder sur la méconnaissance des dispositions de l'article U3 du règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy dès lors que le terrain d'assiette ne justifie pas d'un accès à la voie publique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, propriétaire de deux parcelles cadastrées section AM n° 767 et n° 768 sur le territoire de Saint-Barthélemy, a déposé, le 28 février 2023, une demande de certificat d'urbanisme pré-opérationnel en vue de la construction d'une maison individuelle. Par délibération n° 2023-341 CE du 11 avril 2023, le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif. M. A a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 131-4 du code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy : " Dans le cas où le terrain ne peut être utilisé pour la réalisation de l'opération mentionnée dans la demande, le certificat d'urbanisme énonce les motifs tirés des dispositions d'urbanisme, des limitations administratives au droit de propriété ou des conditions de desserte par les équipements publics qui s'y opposent ".
3. Le certificat d'urbanisme négatif du 11 avril 2023 reprend les dispositions des articles N1 et N2 du règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy et indique, dans un premier temps, que le dossier de demande ne présente aucun accès avant d'indiquer qu'au regard des demandes de permis de construire antérieures, l'accès pour cette opération est à créer en zone naturelle en méconnaissance des articles susvisés. Par suite, la décision attaquée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est ainsi suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il appartient aux auteurs du document d'urbanisme que constitue la carte d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés par les dispositions citées au point précédent, un secteur, même équipé, qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. La zone naturelle est définie dans la partie " Explication des règles " du règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy comme correspondant à des secteurs naturels, dont le caractère non constructible n'est pas rendu nécessaire par la qualité des sites, des milieux naturels et des paysages, mais est justifié par la volonté de la collectivité de limiter strictement l'étalement de l'urbanisation pour atteindre l'objectif de stabilisation de la population, sous la seule réserve de permettre certains assouplissements pour répondre aux besoins de logement des jeunes.
6. En l'espèce, M. A soutient que le classement d'une partie de la parcelle AM 768 en zone naturelle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ce classement a pour effet d'enclaver la parcelle AM 767 voisine, sans que le règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy ne prévoie d'aménagement pour contrer cet effet. Cependant, cette seule circonstance ne saurait, à elle seule et comme le soutient le requérant, entacher le classement d'une partie de la parcelle en zone N d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de ce que le document d'urbanisme de la collectivité de Saint Barthélémy qui classe sa parcelle en zone naturelle serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, doit être écarté.
7. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy a entendu identifier un accès dans le projet de construction de M. A en se basant sur des demandes de permis de construire antérieures relatives au même projet, pour ensuite, retenir que cet accès envisagé méconnaissait les dispositions des articles N1 et N2 du règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy. Toutefois, le dossier de demande de certificat d'urbanisme opérationnel ne faisait état d'aucun accès de sorte que l'autorité administrative ne pouvait en déduire une méconnaissance des règles applicables en zone naturelle. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le certificat d'urbanisme négatif attaqué repose sur un motif étranger au projet de construction projeté et qu'il est ainsi entaché d'une erreur de droit.
8. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
9. Aux termes de l'article U3 du règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique directement ou par le biais d'une voie privée ou d'une servitude de passage. Lorsqu'un terrain est accessible depuis plusieurs voies, l'accès posant le moins de problèmes de sécurité peut être imposé. / Les voies privées et les servitudes de passage doivent correspondre aux besoins du projet. / Les voies privées et les servitudes de passage de plus de 50 mètres se terminant en impasse doivent présenter un dispositif permettant aux véhicules des services publics, d'incendie et de secours de faire demi-tour ".
10. En l'espèce, il ne ressort d'aucune pièce du dossier de demande que le terrain du projet bénéficierait d'un accès à une voie publique directement ou par le biais d'une voie privée. Si le requérant se prévaut d'un accès à la voie publique notamment via une servitude de passage sur son terrain, celle-ci n'est pas mentionnée dans son dossier de demande, qui ne fait mention d'aucun accès aux parcelles du projet. Il s'ensuit que la collectivité de Saint-Barthélemy est fondée à soutenir que le projet méconnaît l'article U3 du règlement de la carte d'urbanisme de Saint-Barthélemy et que le certificat d'urbanisme négatif en litige aurait pu être fondé sur ce motif. Il y a donc lieu d'accueillir la substitution de motif sollicitée, qui ne prive le requérant d'aucune garantie procédurale.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais de l'instance :
12. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la requête tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de la collectivité de Saint-Barthélemy ne peuvent qu'être rejetées.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de de la collectivité de Saint-Barthélemy, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la collectivité de Saint-Barthélemy et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 M. A versera à la collectivité de Saint-Barthélemy une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Nadège Mahé, présidente,
Mme Hélène Bentolila, conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
K. B
La présidente,
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026