lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Barthélemy |
| Section | Tribunal Administratif de St Barthélemy |
| N° Dossier | TA109-2400002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FOUILLEUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 janvier et 21 mai 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Le Barthélémy Hôtel et Spa, représentée par Me Fouilleul, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 28 novembre 2023 par laquelle le directeur de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la Guadeloupe lui a infligé une amende administrative d'un montant de 106 000 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de l'amende de 106 000 euros à 15 000 euros maximum ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'établissement a choisi de ne faire apparaître que le prix des cocktails " signature ", élaborés par des mixologues hautement qualifiés, et pas le prix des boissons classiques de type boissons chaudes et cocktails " classiques ", ce qui relève d'un choix commercial et esthétique adapté à sa clientèle d'exception ; le prix de toutes les boissons mentionnées sur la carte était bien indiqué ; le consommateur disposait de toutes les informations relatives à l'article 5 §4 a) de l'article 7 de la directive 2005/29 concernant les cocktails " signature " et la connaissance du prix des cocktails classiques ne constituait pas une information substantielle, de sorte qu'une telle pratique ne pouvait être sanctionnée sur le fondement de l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix ; la décision attaquée méconnaît l'alinéa 2 de l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987, les cocktails et boissons " classiques " devant être considérés comme des prestations supplémentaires exceptionnelles expressément réclamées par les consommateurs et dont le coût a fait l'objet d'un accord préalable, au sens de ces dispositions ; les prestations non affichées ne sont pas proposées à la clientèle et c'est pour cette raison qu'elles ne sont pas présentées sur la carte ; ce n'est que sur demande expresse et exceptionnelle du client que l'établissement indiquait qu'il était exceptionnellement possible d'obtenir une telle boisson en informant préalablement le client du prix de ladite boisson ; dès lors que les clients avaient connaissance du prix des cocktails " signature ", ils pouvaient se faire une idée précise du prix des cocktails " classiques " et pouvaient s'ils le souhaitaient demander le prix des cocktails " classiques " auprès de l'établissement, qui ne manquait pas de leur préciser leur disponibilité et leur prix préalablement ; les boissons chaudes sont, sauf exception, inclues dans le forfait hôtelier notamment pour le petit déjeuner ; aucune information substantielle n'a manqué au consommateur et la politique commerciale de l'établissement de luxe n'est ni de nature à empêcher le consommateur de prendre une décision commerciale en connaissance de cause, ni susceptible de l'amener à prendre une décision commerciale qu'il n'aurait pas prise autrement ;
- sa carte a été immédiatement rénovée après les remarques formulées lors du contrôle des agents de la DEETS le 1er février 2023, de sorte qu'elle mentionne désormais les prix de toutes les boissons chaudes, des cocktails " classiques " et de la location d'un transat ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 131-5 du code de la consommation, qui prévoit un montant maximal d'amende administrative de 15 000 euros pour une personne morale ; il ne pourra éventuellement lui être reproché qu'un seul manquement tiré du défaut d'affichage de prix des boissons " classiques " et non un manquement par boisson " classique " ;
- à titre subsidiaire, la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle sanctionne plusieurs faits indissociables, en méconnaissance du principe non bis in idem ; elle méconnaît l'article L. 131-5 du code de la consommation dès lors que chacun des prétendus manquements constatés relève d'une même politique commerciale et d'une même infraction ; il ne pourra éventuellement lui être reproché qu'un seul manquement tiré du défaut d'affichage de prix des boissons dites " classiques " et non un manquement pour chaque boisson " classique " dont le prix n'était pas affiché, de sorte que le montant de l'amende sera au maximum de 15 000 euros, comme le prévoit l'article L. 131-5 du code de la consommation ;
- le montant de l'amende est disproportionné et devra, à titre subsidiaire, être ramené au maximum à 15 000 euros ;
- une sanction ternirait l'image de marque de l'établissement à l'international, d'autant que ses concurrents dans les îles voisines ne sont pas soumis aux règles de protection consuméristes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, le préfet de la région Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- au cours du contrôle réalisé au sein de l'établissement " Amis St Barth " le 1er février 2023, il a été constaté un défaut d'affichage du prix de 48 boissons de type cocktails classiques et boissons chaudes et du prix des transats proposés à la location ; ces absences d'affichage des prix constituent des manquements à l'article 1er de l'arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix dans les établissements servant des repas, des denrées ou boissons à consommer sur place et à l'article 13 de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix ;
- contrairement à ce que soutient la société requérante, l'alinéa 2 de l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987 précité prévoit que les prix affichés peuvent subir une hausse via des frais ou rémunérations correspondant à des prestations supplémentaires exceptionnelles réclamées par le consommateur, avec accord préalable sur le coût de ces frais ou rémunérations or en l'espèce, aucun prix n'était affiché pour les boissons chaudes ou les cocktails " classiques " ; en outre, les prix de ces boissons " classiques " ne peuvent être considérés comme des prestations supplémentaires alors même que ce sont des boissons proposées couramment au sein de l'établissement ; l'obligation pour tout vendeur d'informer le consommateur du prix des produits et prestations proposés à la vente ne fait aucune distinction selon les catégories de consommateurs, de produits et ou prestations de services proposés à la vente, de sorte que la société requérante ne peut utilement se prévaloir de choix stratégiques pour la conception d'une de ses cartes, d'autant que la mise à disposition d'une carte dédiée aux cocktails " signature " ne la privait pas de la possibilité de tenir une autre carte à disposition de sa clientèle ; l'élaboration rapide d'une nouvelle carte postérieurement au contrôle réalisé démontre que la société reconnaît ses manquements et que cette démarche était possible et réalisation rapidement ;
- bien que les cocktails classiques soient au prix unique de 22 euros, les prix des boissons chaudes, qui étaient également absents de la carte, varient de 6 à 8 euros ; l'article L. 131-5 du code de la consommation précise bien que tout manquement aux dispositions de l'article L. 112-1 du même code est passible d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder 15 000 euros pour une personne morale, de sorte que l'administration peut prononcer de manière cumulative des sanctions pour des manquements en concours passibles de 15 000 euros d'amende chacun, même si le montant total de l'amende dépasse le plafond de 15 000 euros, qui n'est prévu que pour un manquement ; en l'espèce, 49 manquements à la réglementation relative à l'affichage des prix, chacun passible d'une amende d'un montant maximum de 15 000 euros ont été relevés, de sorte que la société requérante était passible d'une amende pouvant atteindre 735 000 euros ; ainsi, le montant de l'amende administrative fixé à 106 000 euros ne représente que 14,4% du montant maximal d'amende envisageable et 0,78% du chiffre d'affaires de la société requérante au titre de l'année 2021 ;
- la société requérante ne peut utilement invoquer un cumul irrégulier de sanctions, dès lors que l'article L. 522-7 du code de la consommation prévoit que lorsqu'à l'occasion d'une même procédure, plusieurs sanctions administratives ont été prononcées à l'encontre du même auteur pour des manquements en concours, ces sanctions s'exécutent cumulativement ; ces dispositions n'ont pas été censurées par le Conseil constitutionnel.
Par ordonnance du 21 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 5 juin 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la consommation ;
- l'arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place ;
- l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er février 2023, une inspectrice principale et un contrôleur de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, exerçant au sein du pôle C de la direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de la Guadeloupe ont réalisé un contrôle au sein de l'établissement exploité sous l'enseigne " Amis St Barth " par la société par actions simplifiée Le Barthélémy Hotel et Spa. Au cours de ce contrôle, a été constaté le défaut d'affichage des prix de 48 boissons de type " cocktails classiques " et de boissons chaudes, ainsi que du prix des transats proposés à la location. Un procès-verbal de constat a été dressé et clôturé le 18 juillet 2023. Par courrier du 15 septembre 2023, la société Le Barthélémy Hotel et Spa a été avisée de ces manquements et de l'intention de prononcer une amende administrative à son encontre, d'un montant de 106 000 euros. Par courrier du 12 octobre 2023, réceptionné le 19 octobre 2023, la société a présenté ses observations et a demandé la réduction du montant de l'amende envisagée à 15 000 euros. Puis, par un courriel du 17 octobre 2023, une salariée de l'établissement a informé la DEETS de la modification de la carte de l'établissement pour remédier aux manquements constatés. Par une décision du 28 novembre 2023 notifiée le 10 décembre 2023, le directeur de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la Guadeloupe a infligé à la société Le Barthélémy Hotel et Spa une amende administrative d'un montant de 106 000 euros. Par la présente requête, cette société demande au tribunal, à titre principal, l'annulation de cette décision et, à titre subsidiaire à ce que la sanction prononcée à son encontre soit réduite à un montant maximal de 15 000 euros.
Sur le bien-fondé de la sanction :
2. Aux termes de l'article L. 112-1 du code de la consommation : " Tout vendeur de produit ou tout prestataire de services informe le consommateur, par voie de marquage, d'étiquetage, d'affichage ou par tout autre procédé approprié, sur les prix et les conditions particulières de la vente et de l'exécution des services, selon les modalités fixées par arrêtés du ministre chargé de l'économie, après consultation du Conseil national de la consommation. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place : " Les exploitants des établissements, y compris ceux faisant partie d'un hôtel, qui servent des repas, denrées ou boissons à consommer sur place, sont tenus de procéder à l'affichage des prix à payer effectivement par le consommateur. / () ". Aux termes de l'article 3 du même arrêté : " A l'intérieur de l'établissement, l'affichage consiste en l'indication sur un document exposé à la vue du public et directement lisible par la clientèle la liste établie par rubrique, des boissons et denrées offertes à la vente et du prix de chaque prestation. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix : " Toute information sur les prix de produits ou de services doit faire apparaître, quel que soit le support utilisé, la somme totale toutes taxes comprises qui devra être effectivement payée par le consommateur, exprimée en euros. / Toutefois, peuvent être ajoutés à la somme annoncée les frais ou rémunérations correspondant à des prestations supplémentaires exceptionnelles expressément réclamées par le consommateur et dont le coût a fait l'objet d'un accord préalable. ". Aux termes de l'article 13 de ce même arrêté : " Le prix de toute prestation de services doit faire l'objet d'un affichage dans les lieux où la prestation est proposée au public. / L'affichage consiste en l'indication sur un document unique de la liste des prestations de services offerts et du prix de chacune d'elles. Ce document, exposé à la vue du public, doit être parfaitement lisible de l'endroit où la clientèle est habituellement reçue. / En outre, le prix de tout ou partie des prestations proposées au public doit faire l'objet d'un affichage lisible de l'extérieur, selon des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de l'économie. ". Aux termes de l'article L. 131-5 du code de la consommation : " Tout manquement aux dispositions de l'article L. 112-1 définissant les modalités d'information sur le prix et les conditions de vente ainsi qu'aux dispositions des arrêtés pris pour son applicable est passible d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder () 15 000 euros pour une personne morale. ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée entend sanctionner 49 manquements résultant du défaut d'affichage de prix au sein de l'établissement " Amis St Barth ". D'une part, le procès-verbal de constat dressé à la suite du contrôle opéré au sein de l'établissement concerné, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, mentionne un défaut d'affichage des prix de 48 boissons servies dans cet établissement, à savoir 15 boissons chaudes (café allongé, cappuccino, cappuccino décaféiné, chocolat chaud, café décaféiné allongé, café décaféiné, double café décaféiné, double expresso, expresso, expresso macchiato, latte décaféiné, latte macchiato, café noisette, café ristretto et café " regular ") ainsi que 33 cocktails dits " classiques " (cocktail sour, americano, aperol spritz, bellini, bloody mary, boulevardier, caïpirinha, caïpiroska, champagne cocktail, cosmopolitan, daïquiri, daïquiri fraise, dark and stormy, expresso martini, gin fizz, long insland, mai tai, manhattan, spicy margarita, margarita, martini titos, mimosa, mojito, mojito fraise, moscow mule, negroni, old fashioned, piña colada, planteur, pornstar martini, sex on the beach, ti vieux et whiskey sour). Le défaut d'affichage du prix de ces boissons constitue un manquement au sens des dispositions précitées de l'article L. 112-1 du code de la consommation et de l'article 1er de l'arrêté du 27 mars 1987. D'autre part, lors du contrôle opéré sur place, a été constaté un défaut d'affichage du prix des transats proposés à la location par l'établissement, constituant un manquement aux dispositions précitées de l'article L. 112-1 du code de la consommation et de l'article 13 de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix. La société requérante, qui ne conteste pas la matérialité de ces faits, soutient qu'elle a fait le choix de ne mentionner sur sa carte que les cocktails dits " signature ", plus élaborés et originaux que les cocktails " classiques ", lesquels ne figuraient ni sur sa carte ni sur aucun autre support lors du contrôle opéré le 1er février 2023. Par ailleurs, il résulte de l'instruction qu'au cours du mois de janvier 2023, l'établissement a vendu 598 boissons chaudes ainsi que 839 cocktails, dont les prix n'ont fait l'objet d'aucun affichage avant le contrôle opéré le 1er février 2023, à la suite duquel l'établissement a modifié sa carte pour y faire figurer les prix manquants. Dès lors, la société requérante ne peut sérieusement soutenir que ces boissons n'étaient pas proposées aux clients ou encore que ces boissons n'étaient servies aux consommateurs que sur leur demande expresse, à titre exceptionnel. En outre, la société requérante ne peut utilement soutenir qu'elle n'a pas affiché le prix des cocktails " classiques " et des boissons chaudes en raison de sa stratégie commerciale adaptée à sa clientèle de luxe. De plus, elle n'est pas fondée à soutenir que sa clientèle avait connaissance du prix des cocktails " signature " et qu'elle pouvait par conséquent se faire une idée précise du prix des cocktails " classiques ", dès lors que les dispositions précitées exigent une information du prix de l'ensemble des boissons et offertes à la vente et qu'il résulte du procès-verbal établi le 18 juillet 2023 qu'au cours du mois de janvier 2023, les prix unitaires des cocktails " classiques " n'étaient pas identiques, allant notamment de 16,50 euros pour une " caïpiroska " ou 17 euros pour un " pornstar martini " à 25 euros pour un " bellini " ou un " champagne cocktail ". Par ailleurs, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'alinéa 2 de l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix, qui concernent les frais ou rémunérations ajoutés au prix affiché et sont engendrés par des prestations supplémentaires exceptionnelles expressément réclamées par le consommateur, dès lors que la vente des cocktails " classiques " ne peut être considérée comme une prestation supplémentaire exceptionnelle liée à la vente d'un autre produit. Enfin, si la société requérante soutient que les boissons chaudes sont, sauf exception, inclues dans le forfait hôtelier, notamment pour le petit-déjeuner servi aux clients de son hôtel, il résulte du procès-verbal du 18 juillet 2023, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'établissement a vendu, pour le seul mois de janvier 2023, 598 boissons chaudes dont les prix n'étaient pas affichés, hors petit-déjeuner.
4. En deuxième lieu, la circonstance selon laquelle la société requérante aurait très rapidement modifié sa carte après le contrôle opéré le 1er février 2023 pour remédier aux manquements lui étant reprochés est sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse.
5. En troisième lieu, la circonstance invoquée par la société requérante selon laquelle la sanction prononcée a pour conséquence de porter atteinte à son image prestigieuse, est également sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que chacun des quarante-huit manquements concernant le défaut d'affichage des prix des boissons chaudes et des cocktails " classiques " a donné lieu à une amende administrative de 2 000 euros et que le manquement concernant le défaut d'affichage du prix de location des transats a donné lieu à une amende administrative de 10 000 euros. Contrairement à ce que soutient la société requérante, chaque prix n'ayant pas été affiché constitue un manquement au sens des dispositions précitées des articles L. 112-1 et L. 131-5 du code de la consommation. Dès lors, elle n'est fondée à soutenir que la décision litigieuse méconnaîtrait l'article L. 131-5 du code de la consommation ou qu'elle méconnaîtrait le principe non bis in idem.
Sur le montant de la sanction :
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 6 du présent jugement que les faits reprochés à la société Le Barthélémy Hôtel et Spa sont de nature à justifier le prononcé d'une amende administrative, dont le montant maximum est en l'espèce, en vertu de l'article L. 131-5 du code de la consommation, de 15 000 euros par manquement. Toutefois, dès lors que les 49 manquements à l'obligation d'affichage des prix consistent en la répétition d'une même infraction, concernant d'une part 48 boissons et d'autre part la location des transats proposés aux clients, le montant de l'amende infligée à la société requérante, de 2 000 euros par boisson et de 10 000 euros pour les transats, est disproportionné. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de ramener le montant de cette amende à 300 euros pour chacun des 48 manquements concernant le défaut d'affichage du prix des boissons et à 8 500 euros concernant le défaut d'affichage du prix de location des transats, soit un montant total de 22 900 euros.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société Le Barthélémy Hotel et Spa est seulement fondée à demander la réduction du montant de l'amende administrative d'un montant de 106 000 euros lui ayant été infligée, pour la fixer à 22 900 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à la société Le Barthélémy Hôtel et Spa en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'amende administrative mise à la charge de la société Le Barthélémy Hôtel et Spa est ramenée à la somme de 22 900 euros.
Article 2 : La décision du directeur de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la Guadeloupe est réformée en ce qu'elle est contraire au présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à la société Le Barthélémy Hôtel et Spa la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Le Barthélémy Hotel et Spa et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au représentant de l'Etat dans les collectivités d'outre-mer de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Nadège Mahé, présidente,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère,
- Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALa présidente,
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026