vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Barthélemy |
| Section | Tribunal Administratif de St Barthélemy |
| N° Dossier | TA109-2400009 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ATMOS AVOCATS - SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2024, M. B A, représenté par Me Moustardier, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le président de la collectivité de Saint-Barthélemy a refusé l'importation de son véhicule d'occasion en provenance des Etats-Unis, identifié sous le numéro SALVD5RXXXKH346710, sur le territoire de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy ;
2°) d'enjoindre au président de la collectivité de Saint-Barthélemy d'autoriser l'importation de son véhicule d'occasion sur le territoire de la collectivité, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 5 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Barthélemy une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il justifie d'une situation d'urgence, dès lors que le refus opposé à l'importation de son véhicule a des conséquences économiques avérées sur sa situation et sur porte gravement atteinte à son droit de disposer librement de son bien, dont il ne peut pas demander l'immatriculation, et à sa liberté d'aller et venir, en raison de l'absence d'une offre de transports en commun adaptée sur l'île et au regard de la localisation de son logement ;
- la décision attaquée porte gravement atteinte à son droit de propriété car elle l'empêche de disposer librement de son bien sur le territoire de la collectivité, et notamment de procéder aux formalités d'immatriculation de son véhicule ;
- la décision attaquée porte gravement atteinte à sa liberté d'aller et venir dès lors que la voiture est le seul moyen de locomotion adapté à la mobilité locale sur l'île, en raison de l'offre limitée de transports en commun ;
- elle porte une atteinte manifestement illégale à ces droits et liberté, dès lors que :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est dépourvue de toute base légale ;
* elle constitue une mesure discriminatoire à l'égard des particuliers, en comparaison avec la situation des professionnels de l'automobile exerçant sur le territoire de la collectivité ;
* elle est entachée d'un détournement de procédure et d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2024, la collectivité de Saint-Barthélemy conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que le requérant s'est lui-même placé dans une telle situation en faisant importer son véhicule sans vérifier au préalable les démarches à accomplir ;
- aucun des moyens invoqués par le requérant n'est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Le Roux pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Ismaël, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Le Roux, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Moustardier, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et précise que son client n'a commis aucune fraude ni malice dans la présentation de la demande d'importation de son véhicule, sa liberté d'aller et venir est également atteinte en raison du caractère limité du parc locatif sur l'île, la collectivité a créé un régime déclaratif déguisé et livré au libre arbitre du président de la collectivité, les dispositions de l'annexe 4 du code de la route de la collectivité, qui sont relatives à l'immatriculation des véhicules, ne peuvent pas être regardées comme constituant la base légale de la procédure litigieuse, et les conclusions à fin d'injonction de la requête ne sont pas relatives à l'immatriculation du véhicule mais à sa sortie du port de commerce, afin de pouvoir terminer les procédure administratives relatives à sa mise en circulation.
La collectivité de Saint-Barthélemy n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale ".
2. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
3. M. A, ressortissant néerlandais résidant à titre principal aux Etats-Unis, a acquis, le 27 décembre 2022, un véhicule d'occasion de la marque Land Rover de type Range Rover Evoque, dans l'Etat de Floride aux Etats-Unis. Entre le 8 et le 18 décembre 2023, il a fait procéder à l'acheminement de ce véhicule par la voie maritime sur le territoire de la collectivité de Saint-Barthélemy, où il dispose d'une résidence secondaire. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le président de la collectivité de Saint-Barthélemy a refusé l'importation de son véhicule sur le territoire de la collectivité d'outre-mer de Saint-Barthélemy. Pour justifier de l'urgence de sa situation, le requérant se prévaut des frais de gardiennage, d'un montant de 1 406,10 euros par semaine, dont il doit s'acquitter en raison de l'immobilisation de son véhicule au port de commerce de Gustavia, ainsi que de la gravité des atteintes portées à son droit de propriété et à sa liberté d'aller et venir par la décision attaquée, notamment en l'absence d'offre de transport en commun adaptée sur le territoire de la collectivité et au regard de la localisation de son logement sur l'île. Toutefois, alors que le requérant ne soutient pas être actuellement présent sur le territoire de la collectivité de Saint-Barthélemy, ni se trouver dans une situation particulière dans laquelle il aurait nécessairement besoin de son véhicule personnel dans un très bref délai, ou être dans une situation financière délicate dont les conséquences seraient difficilement réparables, les seules circonstances qu'il invoque ne sont pas de nature à caractériser une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension présentées par le requérant doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions concernant les frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la collectivité de Saint-Barthélemy.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au représentant de l'Etat dans les collectivités d'outre-mer de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
La juge des référés,
Signé :
J. LE ROUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière des urgences,
Signé :
L. LUBINO
N°2400009
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026