LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA109-2600018

Tribunal Administratif de St Barthélemy — Décision N° TA109-2600018

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de St Barthélemy
SectionTribunal Administratif de St Barthélemy
N° DossierTA109-2600018
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFERRAND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Saint-Barthélemy, statuant en référé-suspension, rejette la demande de suspension d’un refus de permis de construire modificatif. Le juge estime que les sociétés requérantes ne justifient pas d’un intérêt à agir pour solliciter cette mesure d’urgence, et qu’aucun doute sérieux sur la légalité de la décision n’est caractérisé. La décision est rendue en application des articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 600-3-1 du code de l’urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 31 mars 2026, la SAS Work in Progress et la SAS Wip Estate, représentées par Me Ferrand, demandent au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la délibération n° 2025-1211 CE du 8 octobre 2025 par laquelle le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy a refusé de délivrer à la SAS Work in Progress un permis de construire modificatif, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d’enjoindre à la collectivité de Saint-Barthélemy de procéder au réexamen de la demande de permis de construire modificatif, dans un délai d’un mois, à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 1 000 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Barthélemy la somme de 5 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- la requête est recevable ; les sociétés requérantes justifient d’un intérêt à agir, dès lors que la délibération attaquée fait grief à la société Work in Progress qui est la société pétitionnaire ainsi qu’à la société Wip Estate, le permis de construire initial lui ayant été transféré ;
- la condition d’urgence est présumée, par application de l’article L. 600-3-1 du code de l’urbanisme ; en outre, le refus de permis de construire modificatif leur cause un préjudice financier important qui caractérise une situation suffisamment grave et immédiate ; le refus empêche la poursuite des travaux ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
la délibération attaquée est entachée d’un vice de procédure, dès lors que le président du conseil territorial n’a pas adressé au représentant de l’Etat une copie de l’ordre du jour quarante-huit heures au moins avant la réunion du conseil exécutif du 8 octobre 2025, en méconnaissance de l’article LO 6222-13 du code général des collectivités territoriales ;
le projet ne méconnaît pas l’article 112-6 du code de l’urbanisme, de l’habitation et de la construction de Saint-Barthélemy ;
ce motif de refus est en tout état de cause entaché d’erreur d’appréciation ;
les motifs que la collectivité de Saint-Barthélemy entend substituer ne sont pas de nature à fonder la décision de refus.


Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2026, la collectivité de Saint-Barthélemy, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce que les sociétés requérantes lui versent une somme de 3 000 euros, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête au fond est irrecevable, en raison de sa tardiveté ; elle est tardive plus particulièrement s’agissant de la société Wip Estate, dès lors qu’elle n’a pas formé de recours gracieux dans le délai de recours ; par ailleurs, les deux sociétés sont dépourvues d’intérêt à agir ;
- la condition d’urgence n’est pas remplie, dès lors que la préservation de l’intérêt des lieux avoisinants relève de l’intérêt public ; la délibération attaquée ne modifie pas la situation de la société Work in Progress, dès lors qu’elle n’est plus titulaire du permis de construire initial ; la société Wip Estate n’était pas pétitionnaire à la date du dépôt du dossier de permis modificatif ; les deux sociétés ne démontrent pas que les travaux relatifs au permis initial seraient en cours d’exécution ni même qu’ils ne pourraient pas se poursuivre sans la suspension de la décision contestée ;
- les moyens soulevés par les sociétés requérantes ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse ;
- à titre subsidiaire, la délibération litigieuse peut être légalement fondée sur les dispositions du II de l’article U8 du règlement de la carte d’urbanisme relatif aux toitures en zone UV où se situe le projet et celles de l’article U6 relatif à la surface de plancher.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2600017 enregistrée le 6 mars 2026, par laquelle les sociétés requérantes demandent l’annulation des décisions attaquées.


Vu :
- le code de l’urbanisme, de l’habitation et de la construction de Saint-Barthélemy ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Créantor, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus, au cours de l’audience publique du 31 mars 2026 à 11 heures, en présence de Mme Lubino, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Créantor, juge des référés ;
- les observations de Me Ferrand, représentant les sociétés requérantes, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Destarac, représentant la collectivité de Saint-Barthélemy, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens en insistant sur le défaut d’intérêt à agir des sociétés requérantes.


La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Par une délibération n° 2024-1059 CE du 17 juillet 2024, le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy a délivré à la SAS Work in Progress un permis de construire pour la réalisation de deux bâtiments comprenant six logements sur un terrain sis à Lorient à Saint-Barthélemy, cadastré section AP n° 0363. Le 18 juin 2025, la SAS Work in Progress a déposé une demande de permis modificatif portant sur des modifications du permis de construire initial, notamment la modification de l’emprise et des toitures des bâtiments. Par une délibération n° 2025-1211 CE du 8 octobre 2025, le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy a refusé de lui délivrer le permis modificatif sollicité. Par une délibération n° 2026-156 CE du 23 février 2026, le permis de construire a été transféré à la SAS Wip Estate. La SAS Work in Progress et la SAS Wip Estate demandent, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la délibération du 8 octobre 2025 ainsi que de la décision implicite du recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».

En premier lieu, aux termes de l’article 112-6 du code de l’urbanisme, de la construction et de l’habitation de Saint-Barthélemy, applicable au permis modificatif : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ».

En l’état de l’instruction, le moyen tiré de l’erreur d’appréciation au regard des dispositions, citées au point précédent, de l’article 112-6 du code de l’urbanisme paraît propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la délibération attaquée.

Pour l’application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, en l’état de l’instruction, l’autre moyen de la requête, tiré de la méconnaissance de l’article LO 6222-13 du code général des collectivités territoriales, n’est pas susceptible d’entraîner la suspension de la délibération attaquée.

En second lieu, l’administration peut faire valoir devant le juge des référés que la décision dont il lui est demandé de suspendre l’exécution, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge des référés, après avoir mis à même l’auteur de la demande, dans des conditions adaptées à l’urgence qui caractérise la procédure de référé, de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher s'il ressort à l'évidence des données de l'affaire, en l’état de l’instruction, que ce motif est susceptible de fonder légalement la décision et que l’administration aurait pris la même décision si elle s’était fondée initialement sur ce motif. Dans l’affirmative et à condition que la substitution demandée ne prive pas le requérant d’une garantie procédurale liée au motif substitué, le juge des référés peut procéder à cette substitution pour apprécier s’il y a lieu d’ordonner la suspension qui lui est demandée.

Aux termes de l’article U8 du règlement de la carte d’urbanisme : « Il est nécessaire de respecter l’écriture et l’architecture traditionnelle dans la disposition des volumes et dans le traitement de la toiture et des ouvertures. (…). II.- Toitures : / (…) / 2) Les lucarnes et les fenêtres de toit sont autorisées. / Les lucarnes doivent être situées dans la partie inférieure de la toiture, sous les 2/3 de la hauteur de la toiture et ne pas occuper plus de la moitié de la largeur du pan de toiture. ». Le lexique annexé à la délibération n° 2020-074 définit les lucarnes comme des « ouvertures de petites tailles construites dans la toiture permettant d’éclairer et d’aérer les combles ».

Il résulte de l’instruction que par une délibération du 17 juillet 2024, le conseil exécutif de la collectivité de Saint-Barthélemy a accordé à la SAS Work in Progress un permis de construire pour la réalisation de deux bâtiments comprenant six logements. Le projet initial prévoyait pour les deux bâtiments la création en toiture de plusieurs lucarnes. Le projet litigieux consiste en la modification de la toiture. Il prévoit plus précisément de supprimer notamment deux lucarnes au profit de grandes ouvertures de toit reliées par un escalier extérieur. Ces ouvertures de toit qui permettent d’accéder aux combles ne constituent pas des lucarnes ou des fenêtres de toit, au sens de l’article 8 du règlement de la carte d’urbanisme, ainsi que l’a reconnu, d’ailleurs, le conseil des sociétés requérantes lors de l’audience. En outre, si les sociétés requérantes soulignent la présence d’une maison d’habitation pourvue d’une toiture avec une large ouverture similaire au projet, ce qui ressort effectivement des photographies du dossier, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée. En l’état de l’instruction, il ressort à l’évidence des données de l’affaire que le motif invoqué par voie de substitution par la collectivité de Saint-Barthélemy, tiré de la méconnaissance de l’article U8 du règlement de la carte d’urbanisme, est susceptible de justifier légalement la délibération attaquée. La substitution demandée ne privant pas les sociétés requérantes d’une garantie procédurale, il y a lieu d’y procéder.

Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir et la condition d’urgence que les conclusions des sociétés requérantes tendant à la suspension de l’exécution de la délibération attaquée ne peuvent qu’être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées à fin d’injonction.

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la collectivité de Saint-Barthélemy, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les sociétés requérantes demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la collectivité de Saint-Barthélemy sur ce fondement.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête des sociétés Work in Progress et Wip Estate est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la collectivité de Saint-Barthélemy sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Work in Progress, à la SAS Wip Estate et à la collectivité de Saint-Barthélemy.



Fait à Basse-Terre le 1er avril 2026.


Le juge des référés,

Signé :

V. CREANTOR


La République mande et ordonne au préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,

Signé :

L. LUBINO

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026