lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1901709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP AMIEL - SUSINI |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n°1901709 et un mémoire, enregistrés le 27 février 2019 et le 3 mai 2021, l'association " France Nature Environnement Bouches-du-Rhône " (FNE-BDR), représentée par AARPI MB Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2018 par lequel le maire de la commune de Peynier a délivré un permis d'aménager en vue de la création de six lots d'une surface de plancher de 52 500 m² sis chemin de la Treille, Quartier de la Corneireille, à Peynier, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux du 26 décembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Peynier la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir ;
- le projet méconnaît l'article R. 441-1 g) du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles L. 441-4 et R. 441-4-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme ;
- l'étude d'impact est insuffisante et incomplète ;
- le projet méconnaît l'article 10 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation " La Treille " ;
- le projet est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale ;
- le classement du site en zone 1AUt est illégal ;
- le projet méconnaît l'article R.111-26 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2021, la commune de Peynier, représentée par Me Susini, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de l'association requérante la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'association ne justifie pas de son intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par la FNE ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 octobre 2021, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
II. Par une requête n°1901710 et un mémoire, enregistrés le 27 février 2019 et le 24 février 2021, l'association " Actions terres citoyennes " (ATC), M. F G, Mme H A, représentés par Me Victoria, M. C D et Mme E B, représentés par AARPI MB Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2018 par lequel le maire de la commune de Peynier a délivré un permis d'aménager en vue de la création de six lots d'une surface de plancher de 52 500 m² sis chemin de la Treille, Quartier de la Corneireille, à Peynier, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux du 26 décembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Peynier la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- le projet méconnaît l'article R. 441-1 g) du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles L. 441-4 et R. 441-4-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les articles R.441-3 et R.441-4 du code de l'urbanisme ;
- l'étude d'impact est insuffisante et incomplète ;
- le projet méconnaît l'article 10 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation " La Treille " ;
- le projet est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale ;
- le classement du site en zone 1AUt est illégal ;
- le projet méconnaît l'article R.111-26 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2021, la commune de Peynier, représentée par Me Susini, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de chaque requérant la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- ils ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par l'association ATC et les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 octobre 2021, a été prononcée, en application des article R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- et les observations de Me Victoria représentant les requérants et de Me Susini représentant la commune de Peynier.
Considérant ce qui suit :
1. Par les présentes requêtes, l'association " actions terres citoyennes ", M. G, et Mme A, M. D et Mme B et l'association France Nature Environnement Bouches-du-Rhône demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 août 2018 par lequel le maire de la commune de Peynier a délivré un permis d'aménager en vue de la création de six lots d'une surface de plancher de 52 500 m² sis chemin de la Treille, Quartier de la Cornereille, à Peynier, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux du 26 décembre 2018.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°1901709 et n°1901710 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la légalité externe :
En ce qui concerne l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur à la date du litige : " La demande de permis d'aménager précise : () g) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. ". Au titre dudit article L. 411-2 précité : " " I. - Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles sont fixées : () 4° La délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle : (). ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Si les requérants soutiennent que le dossier de demande d'autorisation devait préciser que les travaux faisaient l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, ils n'en font pas la démonstration en se contentant de reprendre l'avis de la mission régionale de l'autorité environnementale qui indique que le projet a des impacts " non négligeables " sur certaines espèces, sans pour autant faire obligation à la commune de demander une dérogation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 441-1 du code de l'urbanisme dans sa version alors en vigueur : " La demande de permis d'aménager concernant un lotissement ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel aux compétences nécessaires en matière d'architecture, d'urbanisme et de paysage pour établir le projet architectural, paysager et environnemental dont, pour les lotissements de surface de terrain à aménager supérieure à un seuil fixé par décret en Conseil d'Etat, celles d'un architecte au sens de l'article 9 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture. ". Aux termes de l'article R. 441-4-2 du même code : " Le seuil mentionné à l'article L. 441-4 est fixé à deux mille cinq cents mètres carrés. "
7. Le volet architectural urbain et paysager du projet a été élaboré par le cabinet d'architecture Citadia Design. Par suite, le moyen tiré du défaut d'architecte pour la conception d'un projet supérieur à 2 500 m² de surface de terrain doit être écarté comme manquant en fait.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ;e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ". Aux termes de l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend également : 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer. ".
9. Le moyen tiré de l'absence de plan côté dans les trois dimensions doit être écarté dès lors que le dossier de demande de permis d'aménager comporte un plan de composition, un schéma de composition urbaine paysagère et une description de la végétation, qui sont de nature à permettre au service instructeur d'apprécier la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer.
En ce qui concerne l'insuffisance et l'incomplétude de l'étude d'impact :
10. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement dans sa version à la date de la décision en litige : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : () 4° Une description des facteurs mentionnés au III de l'article L. 122-1 susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet : la population, la santé humaine, la biodiversité, les terres, le sol, l'eau, l'air, le climat, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris les aspects architecturaux et archéologiques, et le paysage ; () 6° Une description des incidences négatives notables attendues du projet sur l'environnement qui résultent de la vulnérabilité du projet à des risques d'accidents ou de catastrophes majeurs en rapport avec le projet concerné. Cette description comprend le cas échéant les mesures envisagées pour éviter ou réduire les incidences négatives notables de ces événements sur l'environnement et le détail de la préparation et de la réponse envisagée à ces situations d'urgence (). ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " () Lorsqu'un projet est constitué de plusieurs travaux, installations, ouvrages ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, il doit être appréhendé dans son ensemble, y compris en cas de fractionnement dans le temps et dans l'espace et en cas de multiplicité de maîtres d'ouvrage, afin que ses incidences sur l'environnement soient évaluées dans leur globalité ".
11. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'impact ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
12. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'étude d'impact, après avoir présenté l'emprise du projet et les aménagements envisagés et analysé l'état initial du site et de son environnement, consacre un volet n°4 aux effets directs et indirects, négatifs et positifs, temporaires et permanents du projet sur l'environnement, à savoir notamment les habitats naturels, les espèces floristiques et faunistique et procède dans un 5ème volet à l'analyse des impacts cumulés du projet avec d'autres projets connus, puis dans un 6ème volet, à la compatibilité du projet avec les documents cadres. Elle se conclut par la présentation des mesures envisagées en faveur de la préservation des richesses du milieu naturel, de la sécurisation des usagers du réseau routier, de l'intégration paysagère et de la qualité de vie. Si les requérants font valoir que la mission régionale de l'autorité environnementale, par son avis du 27 mars 2018, estime que l'étude d'impact est insuffisante sur de nombreux points et notamment sur l'appréciation des incidences du projet sur plusieurs habitats et espèces ayant justifié la désignation des sites Natura 2000, il ressort de la réponse du maire de la commune de Peynier du 22 mai 2018 à cet avis qu'il a été procédé à une analyse détaillée des impacts du projet sur son environnement de nature à répondre aux exigences de l'article précité. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'élargissement du futur chemin de la Treille a déjà été réalisé indépendamment du projet litigieux. Dans ces conditions, le projet du secteur de la Treille ne méconnaît pas les exigences de l'article R. 122-5 du code de l'environnement.
Sur la légalité interne :
En ce qui concerne la méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme ;
13. En premier lieu, aux termes de l'article 10 du plan local d'urbanisme : " Sauf disposition contraire du règlement, les affouillements et les exhaussements du sol nécessaire à la réalisation des occupations et utilisations du sol admis dans chaque zone sont autorisés, à condition qu'ils ne compromettent pas la stabilité des sols ou l'écoulement des eaux, qu'ils ne portent pas atteinte au caractère du site et qu'ils n'aient pas d'impact sur le paysage. Les conditions définies ci-dessus ne s'appliquent pas aux affouillements et exhaussements du sol pour la réalisation d'ouvrages nécessaires à la rétention des eaux pluviales.".
14. Les travaux préparatoires mentionnés à l'annexe PA8 du dossier de demande d'autorisation consistent à stocker de manière provisoire sur site des déblais constitués de terre végétale en vue de leur futur réemploi en remblai ou de leur évacuation vers une décharge agréée. Dans ces conditions, à supposer même que ces dispositions réglementaires aient un caractère utilement invocable, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces affouillements et stockages seraient, au regard de leur caractère provisoire et compte tenu de leur destination, susceptibles de porter atteinte au caractère paysager du site.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Aux termes de l'article L. 151-6 de ce code : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ". Aux termes de l'article 1AU2 du plan local d'urbanisme : " sont autorisées sous conditions : () Dans le sous-secteur 1AUt les constructions à destination d'habitat, d'artisanat, de bureaux, d'industrie et d'hôtellerie à condition de respecter les orientations d'aménagement et de programmation. ". Il résulte de ces dispositions que les orientation d'aménagement et de programmation (OAP) s'imposent aux autorisations d'urbanisme dans un rapport de compatibilité.
16. L'orientation d'aménagement et de programmation " La Treille " prévoit l'aménagement de surfaces d'activités, de surfaces tertiaires, d'un établissement pour personnes âgées et dépendantes, d'une résidence sénior, d'une cuisine centrale ainsi que la construction de logements sociaux et de logements pour actifs. Le projet en litige prévoit des aménagements de même nature conformément à l'OAP. La seule circonstance que la surface de plancher prévue au stade du permis d'aménager soit supérieure à celles envisagées par l'OAP ne révèle pas d'incompatibilité à ce stade ni une méconnaissance de l'article 1AU2 du PLU.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article 1AU3 du plan local d'urbanisme : " () Les voies créées dans le cadre des opérations d'aménagement doivent respecter les schémas d'aménagement prévus dans les OAP.(). ".
18. La circonstance que la voie traversante prévue par l'OAP de la Treille ne soit prévue que pour moitié dans le projet envisagé ne révèle pas d'incompatibilité avec celle-ci dans la mesure où plusieurs voies d'accès existent par ailleurs.
19. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1AU12 du plan local d'urbanisme : " Le stationnement des véhicules correspondant aux normes imposées pour les constructions et installations doit être assuré en dehors des voies et des aires de retournement, sauf indications contraires. Hébergement hôtelier : une place par chambre ".
20. En rappelant les termes de l'avis du 27 mars 2018 de la mission régionale de l'autorité environnementale qui se borne à constater que le règlement du lotissement ne prévoit pas d'obligation en matière de réalisation d'aire de stationnement pour l'activité d'hôtellerie, les requérants n'apportent pas au tribunal les précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen soulevé.
En ce qui concerne la compatibilité du projet avec le SCOT :
21. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'urbanisme : " Sont compatibles avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale : / () 7° les opérations foncières et les opérations d'aménagement définies par décret en Conseil d'Etat / () ". L'article R. 142-1 du même code précise que : " Les opérations foncières et les opérations d'aménagement mentionnées au 7° de l'article L. 142-1 sont : / () 3° Les lotissements () lorsque ces opérations ou constructions portent sur une surface de plancher de plus de 5 000 mètres carrés () ". Pour apprécier la compatibilité d'un tel projet d'aménagement avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le projet ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du projet à chaque disposition ou objectif particulier.
22. En l'espèce, le projet en litige, dont l'intérêt est justifié par la notice de présentation de déclaration du projet de mai 2016, porte sur l'extension de la zone d'activité Rousset / Peynier, priorisée par le document d'orientation et d'objectif relatif au renforcement de l'armature économique du territoire pour engager son développement futur. Il a pour finalité d'ouvrir à l'urbanisation 15 hectares de terres agricoles au sein du secteur de la Treille dont la vocation est d'accueillir de l'habitat ainsi que des activités tertiaires afin de remédier à une problématique de sous-équipement en lits médicalisés à l'échelle du département et en vue de développer un pôle économique et multifonctionnel. Dans ces conditions, le projet est compatible avec la DOO et justifié au regard de l'objectif d'utilisation optimale des ressources urbaines sur la commune. Par suite, le projet ne méconnait pas les orientations et objectifs du SCOT.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité du classement du site en zone 1AUt et dans le PLU au sein de l'OAP de la Treille
23. Aux termes de l'article L. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de définir des zones urbaines normalement constructibles et des zones dans lesquelles les constructions peuvent être limitées ou interdites. Ils ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme ou par la qualification juridique qui a pu être reconnue antérieurement à certaines zones sur le fondement d'une réglementation d'urbanisme différente. L'appréciation à laquelle ils se livrent ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste ou de détournement de pouvoir.
24. Les requérants soutiennent, par la voie de l'exception d'illégalité, que le classement du terrain d'assiette du projet par le plan local d'urbanisme en zone AU serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où les terres concernées sont de bonne qualité agronomique, en partie classées AOC. Toutefois, il ressort des plans et photographies produits au dossier que les terrains litigieux se situent dans une zone à l'état de prairie limitrophe à la vaste zone industrielle et urbaine de Rousset/Peynier/Fuveau, priorisée par le SCOT au fin de développement économique du territoire. La localisation des terrains d'assiette du projet en litige leur donne vocation à constituer une extension pour cette zone économique. Dans ces conditions, ce classement n'entre pas en contradiction avec l'objectif n°2 du PADD relatif à la préservation des terres agricoles dès lors que celui-ci comporte également des objectifs relatifs à l'attractivité du territoire et à la diversification de son économie et ne méconnait pas le principe d'utilisation économe des espaces naturels et de préservation des terres agricoles défini par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme. Enfin, la circonstance que le document d'urbanisme immédiatement antérieur à la déclaration de projet classait l'emprise de ce dernier en zone NC n'autorisant que les utilisations des sols liés à l'activité agricole est sans incidence sur la légalité du classement contesté. Dans ces conditions, le classement du terrain en zone AU n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.
25. Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ". Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis de construire, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.
26. Les requérants reprochent au projet de ne fixer aucune prescription permettant de prendre en compte l'atteinte portée à plusieurs espèces protégées. Toutefois, il ressort de la lecture de la réponse complémentaire du maire du 22 mai 2018 à la MRAE et du complément de l'étude d'impact réalisé après l'avis de celle-ci que l'atteinte constituée par la destruction de l'habitat du Damier de la Succise a fait l'objet de mesures ERC, de plusieurs mesures d'évitement permettant de préserver l'ensemble de l'habitat de l'insecte et de diverses mesures de réduction, consistant notamment à sortir de l'emprise du projet la partie de terrain identifiée comme habitat de reproduction. S'agissant des autres espèces, et notamment du Seps Striés, la réponse à l'avis de la MRAE prévoit également des mesures ERC réduisant les atteintes. Dans ces conditions, les requérants, qui ne contestent pas utilement ces prescriptions, ne démontrent pas que le projet porterait atteinte aux dispositions précités. Par suite, le moyen doit être écarté.
27. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins-de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Peynier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demandent l'association " France Nature Environnement Bouches-du-Rhône ", l'association " Actions terres citoyennes " et M. G, et Mme A, M. D et Mme B au titre des dispositions précitées. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de l'association " France Nature Environnement Bouches-du-Rhône ", l'association " Actions terres citoyennes " et M. G, et Mme A, M. D et Mme B une somme totale de 1 500 euros, au titre des frais exposés par la commune de Peynier et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°1901709 et n°1901710 sont rejetées.
Article 2 : L'association " France Nature Environnement Bouches-du-Rhône ", l'association " Actions terres citoyennes ", M. G, et Mme A, M. D et Mme B verseront la somme de 1 500 euros à la commune de Peynier.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association " France Nature Environnement Bouches-du-Rhône " et à l'association " Actions terres citoyennes ", première requérante nommée dans l'instance n°1901710, et à la commune de Peynier.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,-1901710
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026