lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1902301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ALLONGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mars 2019, M. A C, représenté par Me Allongue, demande au tribunal :
1°) de constater la responsabilité de La Poste dans la survenance de l'accident de service du 9 janvier 2017 et de la condamner à lui verser des dommages et intérêts en réparation de ses préjudices ;
2°) de désigner un expert pour évaluer les différents préjudices avant et après consolidation consécutifs à l'accident de service ;
3°) de sursoir à statuer sur son droit à percevoir l'allocation d'invalidité temporaire dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise médicale ;
4°) de mettre à la charge de La Poste la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-il a été victime d'un accident de service le 9 janvier 2017 au terme duquel il a été amputé d'une phalange à l'index gauche ;
-la Poste a manqué à son obligation de sécurité de résultat en méconnaissance de l'article L. 4121-1 du code du travail ;
-il a droit à la réparation de ses souffrances physiques et morales, ainsi que de ses préjudices esthétiques et d'agrément ;
-la faute commise par la Poste lui ouvre droit en outre à réparation des autres chefs de préjudices pour couvrir tous les dommages matériels qu'il a subis ;
-il a droit à percevoir l'allocation d'invalidité temporaire au taux qui sera fixé par l'expertise ;
-un expert doit être désigné pour déterminer le montant des préjudices patrimoniaux (dépenses de santé, frais liés au handicap, perte de revenus, incidence professionnelle du dommage corporel, autres dépenses liées au dommage corporel) et extrapatrimoniaux ou personnels (pretium doloris, préjudice esthétique, troubles dans les conditions d'existence, préjudice d'agrément, préjudice moral).
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2021, la Poste, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 septembre 2021, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 27 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public ;
- les observations de Me Tosi pour la Poste.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, fonctionnaire de la Poste, s'est blessé le 9 janvier 2017 en aidant un remorqueur à charger un véhicule de service immobilisé sur une dépanneuse et a eu la première phalange de l'index gauche sectionnée. Cet accident a été reconnu imputable au service le 13 janvier 2017. M. C demande au tribunal de condamner la Poste à réparer les préjudices subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si le requérant a entendu solliciter l'annulation de la décision du 19 février 2019 fixant le taux d'incapacité permanente partielle à 5% et la date de consolidation au 23 août 2017 à la suite de l'avis de la commission de réforme du 14 février 2019, il n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier la portée. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'un premier médecin a fixé la date de consolidation au 23 août 2017, par un certificat établi le même jour, que cette date a été confirmée par un second médecin par un certificat du 21 décembre 2017 qui a également fixé le taux d'incapacité permanente partielle à 5% et qu'un troisième médecin a, par un certificat du 26 juin 2018, à nouveau confirmé la date de consolidation au 23 août 2017 et le taux d'incapacité permanente partielle à 5%. Dans ces conditions, et en l'absence d'élément permettant de remettre utilement en cause ces conclusions médicales, le moyen doit être écarté et les conclusions en annulation rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative dans sa version applicable : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
4. Il résulte de l'instruction que le requérant n'a pas, préalablement à l'introduction de sa requête, présenté de demande indemnitaire à l'administration pour la réparation des préjudices dont il se prévaut. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la Poste en défense doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de la requête de M. C sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
6. Par l'ordonnance n° 1900351 du 24 juin 2019, le juge des référés du tribunal a désigné un médecin en qualité d'expert. Par l'ordonnance n° 1900351-0 du 10 février 2020, le juge des référés du tribunal a désigné un autre médecin en qualité de sapiteur. Ces experts ont rendu leurs rapports les 23 novembre 2020 et 25 janvier 2021. Dans ces conditions, et en tout état de cause, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de désignation d'un expert.
7. En outre, si le requérant a entendu soutenir qu'il aurait le droit de demander le versement de l'allocation d'invalidité temporaire, il n'assortit pas ces conclusions de moyens.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de La Poste, qui n'est pas la partie perdante à l'instance une quelconque somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. Il n'y a en outre pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme à verser à La Poste au titre de ces dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de La Poste présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C ainsi qu'à La Poste.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Salvage, président,
- Mme Le Mestric, première conseillère,
- Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. BLe président,
Signé
F. SALVAGE
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°1902301
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026