lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1905610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SEMERIVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2019, Mme A B, représentée par Me Semeriva, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 avril 2019 par laquelle le directeur opérationnel du Niveau Opérationnel de Déconcentration " Service courrier et Colis " des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d'imputabilité de son arrêt de travail du 4 février 2019 à son accident de service du 12 juin 2008 ;
2°) d'enjoindre à la société La Poste de réexaminer sa demande de rechute de l'accident de service du 12 juin 2008 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la société La Poste la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis de la commission de réforme est irrégulier dès lors qu'elle n'était composée que de deux médecins généralistes ;
- la décision contestée est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, la société La Poste, représentée par Me Andréani, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 09 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- le décret n° 86-42 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- et les observations de Me Rudloff, représentant Mme B, et de Me Tosi, représentant la société La Poste.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, factrice au centre de courrier d'Aubagne, a été victime, le 12 juin 2008, d'un accident de la circulation qui a été reconnu imputable au service et au titre duquel elle a été placée en congé de maladie en 2008 puis en 2009. Le 31 juillet 2009, son état consécutif à son accident a été considéré comme stabilisé. Le 24 mars 2010, son médecin traitant a établi un certificat médical de rechute. Le 17 juin 2010, la société La Poste a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de son affection. Le 27 mars 2014, par jugement n° 1004984, le tribunal a annulé cette décision après expertise médicale. Le 4 février 2019, Mme B a produit un nouvel arrêt de travail pour des douleurs à son genou droit. Par la présente requête, elle demande au tribunal l'annulation de la décision du 23 avril 2019 par laquelle la société La Poste refuse de reconnaitre l'imputabilité au service de cette nouvelle rechute.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " La composition de ce comité est semblable à celle du comité médical ministériel prévu à l'article 5 ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. ".
3. Mme B n'est pas fondée à se plaindre de l'absence d'un médecin spécialiste en rhumatologie, lors de la réunion de la commission de réforme du 18 avril 2019, dès lors qu'il résulte des dispositions précitées que cette commission ne comprend un spécialiste de l'affectation de l'agent qu'en cas de demande de bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 dans sa version en vigueur à la date de la décision en litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 35. Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; (). ".
5. Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice de la prise en charge des arrêts de travail est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain avec l'accident de service initial.
6. Il ressort des pièces du dossier que dans sa séance du 18 avril 2019 la commission de réforme de La Poste a émis un avis défavorable à l'imputabilité au service des troubles au genou droit dont souffre Mme B et pour lesquels elle a été placée en arrêt de travail le 4 février 2019, au titre de l'accident de service dont elle a été victime le 12 juin 2008. Cet avis s'appuie sur l'expertise du médecin agréé de l'administration du 22 février 2019, qui se prononce sur l'absence de lien direct et certain entre la rechute établie par certificat médical du 4 février 2019 et l'accident de travail. Il fait toutefois valoir qu'il lui manque, pour se prononcer, des iconographies antérieures à 2010, un examen clinique et iconographique du genou droit lors de l'expertise du 30 juillet 2013, permettant de suspecter une aggravation dégénérative en lien direct et certain avec le fait accidentel. Il fait également état de documents contradictoires sur ces séquelles dès 2013 entre les différents médecins qui ont reçus la requérante. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, l'état du dossier ne permet pas au tribunal de déterminer si l'affection dont souffre Mme B au genou droit est en relation directe et certaine avec l'accident de service dont elle a été victime le 12 juin 2008. Il y a dès lors lieu, avant de statuer sur la requête, d'ordonner une expertise médicale afin de fournir tous éléments permettant de déterminer si l'état pathologique de la requérante à compter du 4 février 2019 est en relation avec son accident de service du 12 juin 2008.
D E C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme B, procédé à une expertise médicale.
Article 2 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Il aura pour mission :
1°) de prendre connaissance des pièces du dossier, du dossier médical de Mme B détenu par La Poste et de celui qui a été soumis à la commission départementale de réforme ainsi que des différentes expertises déjà réalisées ;
2°) d'examiner l'intéressée ;
3°) de décrire son état ;
4°) de fournir au tribunal tous éléments permettant de déterminer si l'affection au genou droit dont souffre Mme B est en relation directe et certaine avec l'accident de service dont elle a été victime le 12 juin 2008.
Article 4 : L'expert, qui pourra avec l'autorisation du président du tribunal se faire assister par tout sapiteur de son choix, se fera communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; il pourra procéder à l'audition de tout sachant.
Article 5 : L'expert déposera son rapport en 2 exemplaires dans les 4 mois suivant la notification du présent jugement. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport aux parties.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à La Poste.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026