lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1905735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ROUANET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 juillet 2019, le 25 septembre 2019 et le 25 janvier 2022, Mme C A et M. B A, représentés par Me Van Robays, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 5 mai 2019 par laquelle le maire de la commune de Saint-Julien-en-Champsaur a rejeté leur demande tendant à l'abrogation partielle du plan local d'urbanisme (PLU) en tant qu'il a classé la parcelle cadastrée section B n°530 en zone agricole ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Julien-en-Champsaur de réexaminer le classement de leur parcelle dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Julien-en-Champsaur la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête, qui conteste le refus de leur demande d'abrogation du plan local d'urbanisme, a été déposée dans les délais de recours ;
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation du classement en zone agricole de leur parcelle ;
- elle crée une rupture d'égalité des citoyens devant la loi.
Par des mémoires enregistrés le 11 octobre 2019 et le 23 mars 2022, la commune de Saint-Julien-en-Champsaur, représentée par Me Rouanet, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le recours n'est pas exercé dans un délai raisonnable dans la mesure où il a été déposé 6 années après l'approbation du PLU ;
- les moyens invoqués par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 mars 2022, a été prononcée, en application des articles R. 613-3 et R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- et les observations de Me Van Robays, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 mars 2019, M. et Mme A ont déposé une demande d'abrogation du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Julien-en-Champsaur auprès du maire en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section B n°530 leur appartenant en zone agricole " A strict ". Par la présente requête, ils demandent au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet de leur demande née du silence de l'administration.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa demande avant l'expiration de ce délai. Ce délai de recours commence, en principe, à courir à compter de la publication ou de la notification complète et régulière de l'acte attaqué. Toutefois, à défaut, il court, au plus tard, à compter, pour ce qui concerne un demandeur donné, de l'introduction de son recours contentieux contre cet acte.
3. En l'espèce, la requête présentée par M. et Mme A le 2 juillet 2019 ne contenait que des moyens de légalité interne. S'ils ont soulevé dans un nouveau mémoire enregistré le 25 septembre 2019 le moyen tiré du défaut de motivation du refus de la commune de Saint-Julien-en-Champsaur d'abroger partiellement le plan local d'urbanisme, ces prétentions, qui mettent en cause la légalité externe de la décision contestée, sont fondées sur une cause juridique distincte et constituent une demande nouvelle. Par suite, ayant été présentée postérieurement à l'expiration du délai de recours qui a commencé à courir, au plus tard à compter de la saisine du tribunal, cette demande nouvelle est tardive et, donc, irrecevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
5. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de définir des zones urbaines normalement constructibles et des zones dans lesquelles les constructions peuvent être limitées ou interdites. Ils ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme ou par la qualification juridique qui a pu être reconnue antérieurement à certaines zones sur le fondement d'une réglementation d'urbanisme différente. L'appréciation à laquelle ils se livrent ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste ou de détournement de pouvoir.
6. Il ressort des planches photographiques produites au dossier que la parcelle litigieuse, cadastrée section B n°530, qui est entourée de vastes surfaces naturelles formant une zone où prédominent les espaces agricoles et ruraux qui s'étendent sur le secteur de Chantaussel, présente une large superficie naturelle vierge de toute construction recouverte d'une prairie qui lui confère une richesse en terme de biodiversité et une vocation agricole. Le classement de la parcelle en zone A est en outre en cohérence avec le parti d'aménagement retenu par le plan d'aménagement et de développement durables de soutenir l'activité agricole. Enfin, les circonstances que ladite parcelle ne soit pas exploitée, soit desservie par la voirie et les réseaux, ait été avant la modification du plan local d'urbanisme en 2017 classée en zone constructible et que des extensions de construction aient été autorisées sur des parcelles voisines, ne font pas par elles-mêmes, obstacle à un classement en zone agricole. Dans ces conditions, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que le classement en zone agricole de leur parcelle méconnaitrait les dispositions précitées, serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou aurait entrainé une rupture d'égalité entre les habitants de la commune.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées ainsi que les conclusions présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Julien-en-Champsaur, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse aux requérants la somme demandée par eux au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Julien-en-Champsaur à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Saint-Julien-en-Champsaur une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A et à la commune de Saint-Julien-en-Champsaur.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE
La rapporteure,
F. LE MESTRIC
Le président,
F. SALVAGE DE LANFRANCHI
La rapporteure,
F. LE MESTRIC
Le président,
F. SALVAGE DE LANFRANCHI La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°1905735
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026