lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1907123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LIZEE PETIT TARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 août 2019, M. A C et Mme B C, représentés par Me Petit, demandent au tribunal :
1°) à titre principal d'annuler la délibération du 21 juin 2019 par laquelle le conseil municipal de la Beaume a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) et, à titre subsidiaire, d'annuler ladite délibération en tant qu'elle a classé la parcelle cadastrée 0A 646 sise " Le Prieuré " en zone N et en tant que le plan des réseaux d'eau potable qui lui est annexé omet de présenter la parcelle comme raccordée au réseau d'eau public ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Beaume la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'annexe du PLU relative au réseau d'eau potable est entachée d'erreur de fait ;
- le classement de leur parcelle en zone naturelle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2020, la commune de La Beaume, représentée par Me Rouanet, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 octobre 2021, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- et les observations de Me Brillet, représentant M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M et Mme C demandent à titre principal au tribunal l'annulation de la délibération du 21 juin 2019 portant approbation du plan local d'urbanisme de La Beaume et, à titre subsidiaire, son annulation en tant qu'elle a classé la parcelle cadastrée 0A 646 sise " Le Prieuré " en zone N et en tant que le plan des réseaux d'eau potable qui lui est annexé omet de présenter la parcelle comme raccordée au réseau d'eau public du permis de construire du 5 avril 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-51 du code de l'urbanisme : " Les annexes au plan local d'urbanisme comprennent, s'il y a lieu, outre les servitudes d'utilité publique affectant l'utilisation du sol appartenant aux catégories figurant sur la liste annexée au présent livre mentionnées à l'article L. 151-43, les éléments énumérés aux articles R. 151-52 et R. 151-53. ". Aux termes de l'article R. 151-53 du même code : " Figurent également en annexe au plan local d'urbanisme, s'il y a lieu, les éléments suivants : () / 8°) Les zones délimitées en application de l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales et les schémas des réseaux d'eau et d'assainissement et des systèmes d'élimination des déchets, existants ou en cours de réalisation, en précisant les emplacements retenus pour le captage, le traitement et le stockage des eaux destinées à la consommation, les stations d'épuration des eaux usées et le stockage et le traitement des déchets ; () ".
3. Les requérants soutiennent que la carte des réseaux annexée au PLU omettrait de matérialiser l'existence d'une conduite passant sous la voie ferrée permettant l'alimentation en eau potable de leur maison d'habitation. Toutefois, aucun principe ni aucun texte n'exige que les documents d'urbanisme précisent les branchements individuels. En tout état de cause, le réseau au droit de la construction des requérants est correctement représenté sur les graphiques. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation partielle du PLU en tant que la carte des réseaux serait entachée d'erreur matérielle.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison :1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ;2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de définir des zones urbaines normalement constructibles et des zones dans lesquelles les constructions peuvent être limitées ou interdites. Ils ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme ou par la qualification juridique qui a pu être reconnue antérieurement à certaines zones sur le fondement d'une réglementation d'urbanisme différente. L'appréciation à laquelle ils se livrent ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste ou de détournement de pouvoir.
6. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle OA 646 se situe à l'entrée du village ancien de La Beaume, qui forme un îlot urbain entouré par une voie communale et la voie de chemin de fer. La parcelle des requérants apparait sur les photographies produites au dossier comme en dehors de la ceinture urbaine de cet ancien village dont elle est séparée par la voie ferrée ainsi que par un espace d'environ 50 mètres. Ainsi, elle ne peut être regardée, en dépit de la circonstance qu'elle soit bâtie, comme faisant partie du compartiment urbain situé au Nord mais comme s'insérant dans le vaste espace boisé et naturel qui s'étend tout autour de l'ancien bourg, classé en zone N et A. Dans ces conditions, son classement en zone naturelle participe de la préservation de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt et de limitation de l'étalement urbain en cohérence avec les objectifs du PADD. Enfin, les circonstances que le terrain était classé en zone NB du POS et qu'il soit desservi par les réseaux est sans incidence sur la légalité du classement contesté. Par suite, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant la parcelle concernée en zone N.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation totale ou partielle de la délibération contestée.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Beaume qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme C une somme de 1 500 euros au même titre à verser à la commune de La Beaume.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : M. et Mme C verseront à la commune de la Beaume une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et à la commune de La Beaume.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026