lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1908949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HARUTYUNYAN |
Vu la procédure suivante :
I. / Par une requête n°1908949 et un mémoire, enregistrés le 22 octobre 2019 et le 22 septembre 2021, Mme C A, représentée par Me Harutyunyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 avril 2019 par lequel président de l'université d'Aix-Marseille a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie ainsi que la décision du 26 juillet 2019 de rejet de son recours gracieux du 7 juin 2019 ;
2°) d'enjoindre au président de l'université d'Aix-Marseille de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie et de la rétablir dans ses droits, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'université d'Aix-Marseille la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées en droit ;
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'incompétence négative ;
- elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2021, le président de l'université d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 31 janvier 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
II. / Par une requête n°2000771, enregistrée le 30 janvier 2020, Mme C A, représentée par Me Harutyunyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2019 par lequel le recteur de l'académie d'Aix-Marseille l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé du 31 août 2019 au 29 février 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de la rétablir dans ses droits, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'université d'Aix-Marseille la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'a pas été invitée à présenter des observations dans le cadre de la procédure de reclassement ;
- la décision contestée est illégale du fait de l'illégalité de la décision du 11 avril 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclue au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'acte contesté a disparu de l'ordonnancement juridique ;
- les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2021, le président de l'université d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'acte contesté a disparu de l'ordonnancement juridique ;
- les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 août 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, au 20 septembre 2021.
III. / Par une requête n°2009775 et un mémoire, enregistrés le 14 décembre 2020 et le 27 octobre 2021, Mme C A, représentée par Me Harutyunyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2020 par lequel le recteur de l'académie d'Aix-Marseille l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé du 30 août 2019 au 29 août 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de la rétablir dans ses droits, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'université d'Aix-Marseille la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;
- son état de santé est en lien direct avec ses conditions de travail et n'a pas d'antécédent ;
- la décision contestée est illégale du fait de l'illégalité de la décision du 11 avril 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclue au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2021, le président de l'université d'Aix-Marseille conclue au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 mars 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
IV. / Par une requête n°2102858 et un mémoire, enregistrés le 31 mars 2021 et le 27 octobre 2021, Mme C A, représentée par Me Harutyunyan, demande au tribunal :
1°) de condamner l'université d'Aix-Marseille à lui verser la somme de 138 000 euros au titre des préjudices subis et la somme, à calculer, de 6 000 euros par an au titre de ses préjudices de carrière, majoré des intérêts légaux à compter de la date de la première demande d'indemnisation du 27 novembre 2020, capitalisés ;
2°) de mettre à la charge de l'université d'Aix-Marseille la somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'université d'Aix-Marseille a commis de nombreuses fautes dans la gestion de son dossier et en prenant des décisions illégales ;
- le syndrome anxio-dépressif dont elle souffre est imputable au service ;
- elle a subi, du fait des erreurs de l'administration, des préjudices sur son état de santé, sa capacité à travailler, sa situation statutaire, ses conditions d'existence ainsi que des préjudices moraux et d'agrément.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2021, le président de l'université d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner Mme A à verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 janvier 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° n° 84-1051 du 30 novembre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public
- et les observations de Me Harutunyan, représentant Mme A, et de Mme B, représentant l'université d'Aix-Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est infirmière de l'éducation nationale de classe supérieure affectée au service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) à Marseille depuis le 1er septembre 1998. Le 11 avril 2019, le président de l'université d'Aix-Marseille a pris une décision de non imputabilité de maladie professionnelle au service et a rejeté le 26 juillet 2019 le recours gracieux de la requérante. Le 11 octobre 2019, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a décidé sa mise en disponibilité d'office pour raisons de santé du 31 août 2019 au 29 février 2020. Le 19 octobre 2020, le recteur a annulé l'arrêté du 11 octobre 2019 et a placé Mme A en disponibilité d'office pour raisons de santé sur la période du 9 août 2019 au 29 août 2020. Le 27 novembre 2020, Mme A a présenté une demande indemnitaire préalable, réceptionnée le 1er décembre 2020, qui n'a pas fait l'objet de réponse de la part de son employeur. Par les présentes requêtes, Mme A demande au tribunal l'annulation des décisions du 11 avril 2019, du 26 juillet 2019, du 11 octobre 2019 et du 19 octobre 2020 ainsi que la condamnation de l'université d'Aix-Marseille à la réparation des préjudices subis.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°1908949, n°2000771, n°2009775 et n°2102858 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 11 avril 2019 et du 26 juillet 2019 :
3. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article.() / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. () IV.-Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat.() " Aux termes de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale : " () Est présumée d'origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée dans un tableau de maladies professionnelles peut être reconnue d'origine professionnelle lorsqu'il est établi qu'elle est directement causée par le travail habituel de la victime. Peut être également reconnue d'origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles lorsqu'il est établi qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu'elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d'un taux évalué dans les conditions mentionnées à l'article L. 434-2 et au moins égal à un pourcentage déterminé. (). ". Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale: " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ".
4. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il appartient au juge d'apprécier si les conditions de travail du fonctionnaire peuvent, même en l'absence de volonté délibérée de nuire à l'agent, être regardées comme étant directement à l'origine de la maladie dont la reconnaissance comme maladie professionnelle est demandée.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, affectée en tant qu'infirmière en charge de l'accueil, de l'écoute et des échanges avec les étudiants sur le campus de Luminy et en tant qu'infirmière coordinatrice au centre directeur à la Joliette à Marseille, a alerté sa hiérarchie par courrier du 28 avril 2017 rédigé après un malaise survenu le jour même au sein de son service, de difficultés de fonctionnement dans ses pratiques professionnelles. A cet égard, il ressort du rapport du médecin de prévention du 12 octobre 2018 que son service est régulièrement sollicité par des agents relevant du SUIMPPS pour des problématiques de souffrances au travail et de difficultés relationnelles et managériales. Ce rapport souligne les facteurs de risques psycho-sociaux liés au manque de clarté des rôles, au manque de latitude décisionnelle, de reconnaissance de la part des collègues et de la hiérarchie, de soutien social, des exigences émotionnelles fortes ainsi qu'une injustice organisationnelle et procédurale entrainant pour Mme A une perte de repère dans les missions à mener et les prérogatives dont elle dispose ainsi que le sentiment de ne plus pouvoir travailler correctement. Le médecin de prévention a en outre souligné que l'action collective de prévention proposée n'avait pas été suivie par le SIUMPPS et que l'affectation de Mme A sur le seul poste d'infirmière coordinatrice n'avait pas été avalisée faisant ainsi perdurer " une situation professionnelle anxiogène et épuisante " pour cette dernière. En outre, le 17 septembre 2018, le médecin traitant de l'intéressée, après avoir établi un certificat initial de " burn out " professionnel le 28 avril 2017, a spécifié que l'état de santé de l'intéressée s'était brutalement dégradé avec l'apparition de troubles respiratoires à type d'asthme, des troubles digestifs, des malaises itératifs et un déficit immunitaire humoral. De même le 22 janvier 2019, l'expert sapiteur psychiatrique auprès de la commission de réforme a conclu à un " syndrome anxieux et disthymique apparu dans le cadre et le contexte de l'activité professionnelle, et donc imputable " et que " on ne retrouve pas d'état antérieur ". Dans ces conditions, le lien direct de la maladie de la requérante avec ses conditions de travail ressort suffisamment des pièces du dossier. En outre, la circonstance que les maladies d'épuisement professionnel ne figureraient pas au tableau de maladies professionnelles n'est pas de nature à fonder le refus de l'imputabilité au service dès lors que l'expert sapiteur fixe un taux d'IPP de 40%, supérieur au taux de 25% défini par l'article R. 461-8 précité et que le lien de causalité est établi. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que les décisions contestées sont entachées d'erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les décisions des 11 avril 2019 et du 26 juillet 2019 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 11 octobre 2019 et du 19 octobre 2019 :
7. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu, pour le juge de la légalité, de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
8. Mme A conteste l'arrêté du 11 octobre 2019 par lequel le recteur de l'académie d'Aix-Marseille l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé du 31 août 2019 au 29 février 2020. Si la défense fait valoir que le présent litige aurait perdu son objet dès lors que par arrêté du 19 octobre 2020 le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a retiré l'arrêté du 11 octobre 2019 et a placé l'intéressée en disponibilité d'office pour raison de santé du 30 août 2019 au 29 août 2020, cet arrêté, contesté dans l'instance n°2009775, n'est pas devenu définitif. Ainsi, l'arrêté du 11 octobre 2019 n'a pas disparu de l'ordonnancement juridique et les conclusions en annulation présentées à son encontre conservent leur objet. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
9. Aux termes de l'article 63 de la loi du 13 juillet 1983 : " Lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite d'altération de son état de santé, inapte à l'exercice de ses fonctions, le poste de travail auquel il est affecté est adapté à son état de santé. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ce fonctionnaire peut être reclassé dans un emploi d'un autre corps ou cadre d'emplois en priorité dans son administration d'origine ou, à défaut, dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, s'il a été déclaré en mesure de remplir les fonctions correspondantes. ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 novembre 1984 pris en application de ces dispositions : " Dans le cas où l'état physique d'un fonctionnaire, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'administration, après avis du comité médical, invite l'intéressé à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps. ". Aux termes de l'article 51 de la loi du 11 janvier 1984 : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. (). La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 34 ".
10. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'agent qui, à l'expiration de ses droits statutaires à congé, est reconnu inapte, définitivement ou non, à l'exercice de ses fonctions, ne peut être mis en disponibilité d'office sans avoir, au préalable, été invité à présenter une demande de reclassement.
11. En l'espèce, les arrêtés du 11 et du 19 octobre 2019 du recteur de l'académie d'Aix-Marseille plaçant Mme A en disponibilité d'office ne pouvaient intervenir sans que l'intéressée n'ait été, au préalable, invitée à présenter une demande de reclassement et ce quand bien même il s'agissait d'une inaptitude temporaire au travail. Dans la mesure où il n'est pas contesté que Mme A n'a pas bénéficié de cette opportunité, qui constitue une garantie dont elle ne pouvait être privée, elle est fondée à soutenir que les arrêtés litigieux sont intervenus au terme d'une procédure irrégulière et doivent être annulés.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A pour les deux décisions doivent être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, il y a lieu d'enjoindre au président de l'université d'Aix-Marseille de faire droit à la reconnaissance d'imputabilité au service de la pathologie de Mme A et de prendre en charge, au titre du régime de la maladie professionnelle, les arrêts de travail, frais et honoraires médicaux afférents à son syndrome d'épuisement professionnel, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.
14. Il y a également lieu d'enjoindre au président de l'université d'Aix-Marseille de réexaminer la situation de Mme A et de procéder à la reconstitution de sa carrière dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
15. Il résulte de ce qui précède que les décisions litigieuses des 11 avril 2019, 26 juillet 2019, 11 octobre 2019 et 19 octobre 2020 sont entachées d'illégalités, qui constituent une faute de nature à engager la responsabilité de l'université d'Aix-Marseille .
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant de son incapacité temporaire de travail et de la perte de chance de bénéficier d'une évolution de carrière normale :
16. Dans la mesure où la présente décision enjoint à l'administration de faire droit à la reconnaissance d'imputabilité au service de la pathologie de Mme A et de procéder à la reconstitution de sa carrière, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de Mme A sur ces deux chefs de préjudices qui seront nécessairement réparés.
S'agissant de l'atteinte à sa santé :
17. En l'absence de lien de causalité entre l'illégalité fautive des décisions qui ont fait l'objet des développements précédents et la pathologie dont souffre Mme A, il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande tendant à l'indemnisation du chef de préjudice d'atteinte à sa santé.
S'agissant des troubles dans les conditions d'existence et du préjudice moral :
18. Il résulte de l'instruction que Mme A a subi des troubles du fait de la baisse de son train de vie induit par sa situation administrative, qui a pu entrainer, par elle-même de l'anxiété et des souffrances morales. Il sera fait une juste appréciation de ces préjudices en les fixant à la somme de 5 000 euros.
19. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'université Aix-Marseille à verser à Mme A la somme totale de 5 000 euros.
En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :
20. Mme A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 5 000 euros à compter du 27 novembre 2020, date de la première demande d'indemnisation.
21. En outre, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 31 mars 2021, date d'enregistrement de la requête. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 31 mars 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés aux litiges :
22. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'université Aix-Marseille une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par Mme A.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du 11 avril 2019, du 26 juillet 2019, du 11 octobre 2019 et du 19 octobre 2020 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au président de l'université d'Aix-Marseille de faire droit à la reconnaissance d'imputabilité au service de la pathologie de Mme A et de prendre en charge, au titre du régime de la maladie professionnelle, les arrêts de travail, frais et honoraires médicaux afférents à son syndrome d'épuisement professionnel, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : Il est enjoint au président de l'université d'Aix-Marseille de réexaminer la situation de Mme A et de procéder à la reconstitution de sa carrière dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 4 : L'université d'Aix-Marseille est condamnée à verser à Mme A une somme de 5 000 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 27 novembre 2020. Les intérêts échus à la date du 31 mars 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 5 : L'université d'Aix Marseille versera une somme de 3 000 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à l'université d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère ;
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
F. LE MESTRIC
Le président,
signé
F. SALVAGE La greffière
signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026