jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1908974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TATARIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 18 octobre 2019,
28 mai 2021 et 18 février 2022, M. B E, représenté par Me Tatarian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2019 par lequel le maire de Marseille a, d'une part, retiré l'arrêté du 17 juin 2019 de non-opposition à la déclaration préalable portant détachement parcellaire en vue de créer un lot à bâtir qu'il avait déposée le 26 avril 2019 et, d'autre part, prononcé un sursis à statuer sur ladite déclaration préalable ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté, en tant qu'il prononce le retrait de la décision de non-opposition, est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas été précédé de la mise en œuvre d'une procédure contradictoire en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est en outre entaché d'une méconnaissance de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme en ce que la décision de non-opposition n'était pas illégale et ne pouvait dès lors pas être retirée ;
- l'arrêté, en tant qu'il prononce le sursis à statuer sur sa déclaration, est entaché d'erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions des articles L. 424-1 et L. 153-11 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2022, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par lettre du 28 février 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 28 mars 2022.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été émise le 12 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- les observations de Me Tatarian pour M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 juin 2019, le maire de Marseille ne s'est pas opposé à la déclaration préalable valant division de terrain dont un lot à bâtir sur une parcelle cadastrée 850C127 d'une superficie de 2 086 m² située chemin des Chalets à Marseille (9ème arrondissement) présentée par M. E. Par un arrêté du 16 août 2019 dont M. E demande l'annulation, le maire de Marseille a, d'une part, retiré l'arrêté du 17 juin 2019 et, d'autre part, prononcé un sursis à statuer sur ladite déclaration préalable.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. C A, adjoint au maire délégué au bataillon des marins pompiers, à la prévention et à la gestion des risques urbains. Par arrêté n° 2019/02474 du 17 juillet 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune du 1er août 2019, une délégation de signature lui a été consentie par le maire de Marseille l'habilitant à signer, en lieu et place de Mme F, adjointe au maire déléguée à l'urbanisme, au projet métropolitain, au patrimoine foncier et au droit des sols, tous les arrêtés relevant de la compétence de cette dernière pour la période de ses congés courant du 3 août au
1er septembre 2019. Enfin, Mme G F disposait, en vertu d'un
arrêté n° 16/127/SG du 30 mai 2016, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune du 1er juin 2016 et accessible au juge comme aux parties sur le site internet de la ville de Marseille, d'une délégation de fonction consentie par le maire en ce qui concerne, notamment, les décisions relatives à l'urbanisme et aux autorisations du droit des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, datée du 16 août 2019, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales () ". La décision portant retrait d'une autorisation d'urbanisme est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant à son titulaire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations.
4. Il ressort des pièces du dossier que, préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué du
16 août 2019, le maire de Marseille a informé M. E, par lettre du 18 juillet 2019 notifié à l'intéressé le 24 juillet 2019, de ce que la décision de non-opposition à déclaration préalable du
17 juin 2019 devait être retirée au motif qu'elle était de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en cours d'élaboration, et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Si le requérant soutient que, par les termes employés, ce courrier révélait qu'un retrait était certain et non seulement envisagé, il ne critique pas utilement le respect par la commune de la procédure contradictoire telle que prévue par les dispositions précitées. Il est constant qu'à la suite de cette invitation, M. E a présenté ses observations le 2 août 2019. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration a été méconnue.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent qu'être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. /Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus aux articles L. 102-13, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. " La faculté ouverte par ces dispositions législatives à l'autorité compétente pour se prononcer sur une déclaration préalable, de surseoir à statuer sur cette demande, est subordonnée à la double condition que l'octroi de l'autorisation soit susceptible de compromettre l'exécution du projet du plan local d'urbanisme où à la rendre plus onéreuse et qu'il ait atteint, à la date à laquelle l'autorité doit statuer, un état d'avancement suffisant.
7. Pour retirer la décision de non-opposition tacitement délivrée à M. E puis prononcer un sursis à statuer sur la déclaration préalable dont il était ainsi ressaisi, le maire de Marseille a considéré que le projet en cause était de nature à compromettre l'exécution du futur PLUi.
8. Par délibération du 28 juin 2018, le conseil de la métropole d'Aix-Marseille-Provence a arrêté le projet de plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du territoire de Marseille-Provence, dans lequel le terrain d'assiette du projet de M. E est classé en zone UM1. Ainsi, à la date de la décision attaquée, l'état d'avancement du futur PLUi était suffisamment avancé.
9. Il ressort en outre du projet de règlement que les zones UM sont des " zones urbaines, car déjà bâties, dans lesquelles l'urbanisation doit être maîtrisée, souvent pour des raisons environnementales (sensibilités paysagères, risques naturels) et du fait d'un déficit de réseaux et d'équipements (voirie notamment) ", la zone UM1 étant définie comme une zone dans laquelle " les constructions nouvelles d'habitation ne sont pas autorisées mais dans lesquelles les extensions limitées sont admises () ". Il ressort des pièces du dossier que la déclaration préalable, qui consiste en une division de la parcelle cadastrée 850C127 d'une superficie de 2 086 m² avec création d'un lot à bâtir d'une superficie de 1 000 m², conduirait à l'édification d'une maison d'habitation nouvelle de 150 m². Si M. E soutient qu'un tel projet n'est pas de nature à justifier que le maire sursoie à statuer en application des dispositions précitées, il ne conteste pas la circonstance, invoquée par la commune, que ce classement en zone inconstructible est dû notamment au risque d'incendie et au caractère faiblement défendable des terrains en raison de l'insuffisance manifeste des voiries. Il ressort en effet des pièces du dossier que le terrain d'assiette est situé à quelques mètres d'une zone naturelle sensible soumise à un risque d'incendie fort et qu'il est desservi par deux voies finissant en impasse dont l'étroitesse interdit le croisement de véhicules. Dans ces conditions, compte tenu de la localisation de la parcelle ayant justifié son classement au sein de cette zone UM1, le projet, qui va conduire à l'édification d'une maison d'habitation nouvelle sur le terrain, est de nature à compromettre l'exécution du futur PLUi du territoire de Marseille-Provence. Par suite, les motifs invoqués par le maire sont de nature à caractériser l'erreur manifeste d'appréciation qu'il aurait commise en ne s'opposant pas à la déclaration préalable sans surseoir à statuer sur la demande qui lui était soumise. Par suite, c'est par une décision suffisamment motivée, exempte d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation que le maire de Marseille a retiré la décision de non opposition et opposé un sursis à statuer à la déclaration préalable du requérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par
M. E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller,
Assistés de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
P. D
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026