jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1909722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | KHALLOUKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2019, la société par actions simplifiée L'Escale de la gourmandise, représentée par Me Khallouki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2019 par laquelle le directeur général des services de la métropole Aix-Marseille-Provence et le directeur général de la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence ont rejeté sa demande d'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité métropolitain ;
2°) d'enjoindre à la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence de procéder à l'étude de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie la somme de 5000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence des signataires de la décision contestée par une délégation régulièrement publiée ;
- la décision de refus est insuffisamment motivée en violation de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le motif de refus est erroné dès lors qu'elle a déposé sa demande le 7 mars 2019 soit dans le délai imparti ;
- son dossier n'a jamais été analysé alors que la commission d'indemnisation amiable aurait dû statuer sur sa demande au regard des pièces en sa possession.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 septembre 2020, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Ramel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3000 euros soit mise à la charge de la société L'Escale de la gourmandise en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hameline,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Aderno représentant la métropole Aix-Marseille-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. La métropole Aix-Marseille-Provence a créé, par une délibération du 13 décembre 2018, un fonds de solidarité en faveur des commerçants et artisans concernés par des mesures temporaires d'interdiction ou de restriction d'accès à leurs locaux à la suite notamment des évènements survenus le 5 novembre 2018 rue d'Aubagne à Marseille, et a confié l'instruction des demandes d'aides financières à la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence par le biais d'un guichet unique " urgence commerces entreprises Marseille ", selon une convention d'objectifs conclue avec la chambre de commerce et d'industrie le 28 février 2019. La société par actions simplifiée L'Escale de la gourmandise, exploitant un commerce dans l'immeuble situé 43 rue Jean Fiolle qui a fait l'objet d'une interdiction temporaire d'occupation par arrêté de péril imminent du 17 décembre 2018, a formé une demande d'aide auprès de ce guichet unique par courriel du 7 mars 2019. Le directeur général des services de la métropole Aix-Marseille-Provence a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité métropolitain au motif que celle-ci était hors délai, par une décision du 16 septembre 2019 cosignée par le directeur général de la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence. La société L'Escale de la gourmandise demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, il ressort des éléments produits en défense, et il n'est pas contredit par la requérante qui n'y a pas répliqué, que le directeur général des services de la métropole Aix-Marseille-Provence disposait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté de la présidente de la métropole du 1er avril 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 25 avril 2019, l'habilitant à prendre la décision contestée. En outre, et alors d'ailleurs que la signature du représentant de la métropole suffisait en l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le directeur général de la chambre de commerce et d'industrie, cosignataire, bénéficiait également d'une délégation consentie à cette fin par décision du président de la chambre du 29 décembre 2018 et publiée sur le site internet de celle-ci conformément à l'article 2.2.5 de son règlement intérieur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence des signataires de la décision de refus du 16 septembre 2019 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort des termes de la décision du 16 septembre 2019 que celle-ci mentionne le cadre juridique du vote par la métropole Aix-Marseille-Provence d'un fonds de solidarité encadré dans son montant et dans sa durée, qu'elle fait état de la demande d'aide exceptionnelle formée par la société L'Escale de la gourmandise auprès du guichet unique mis en place par la chambre de commerce et d'industrie, et qu'elle indique que cette demande ne peut être prise en compte car elle est hors délai. Il en résulte que la décision, qui n'était pas tenue à peine d'irrégularité de rappeler de manière détaillée les échéances fixées et les échanges intervenus entre le service instructeur et la société requérante, indique de façon suffisante le motif de refus qui a été opposé à cette dernière, et en permettait une contestation utile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, la société L'Escale de la gourmandise a déposé auprès du guichet unique de la chambre de commerce et d'industrie une demande d'aide financière assortie de pièces par un courriel du 7 mars 2019, soit avant la date d'expiration du délai de dépôt des dossiers fixée par la délibération de la métropole Aix-Marseille-Provence au 31 mars 2019. Toutefois, il n'est pas utilement contredit que le dossier de demande déposé le 7 mars 2019 ne permettait pas aux services de la chambre de commerce et d'industrie d'instruire la demande en raison d'incohérences entre les documents fournis rendant impossible la détermination du chiffre d'affaires réalisé par la société en 2017. Une demande de pièces complémentaires a été adressée en conséquence à la société par le service instructeur le 21 mars 2019. Il est constant que la société L'Escale de la gourmandise n'a répondu à cette demande ni avant la date d'échéance du délai de dépôt des dossiers le 31 mars 2019, ni même avant l'expiration du délai supplémentaire qui lui avait été consenti par un dernier courriel de relance du service instructeur jusqu'au 24 mai 2019. Dans ces conditions, et alors même que la société requérante a finalement produit, le 27 mai 2019, un bilan de l'exercice clos le 31 décembre 2018, c'est sans commettre ni d'erreur de droit ni d'erreur de fait que la métropole Aix-Marseille-Provence a pu considérer qu'elle n'avait pas présenté de dossier complet dans les délais requis, et rejeter par suite sa demande comme hors délai sans en examiner le bien-fondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société L'Escale de la gourmandise n'est pas fondée à demander au tribunal d'annuler la décision du 16 septembre 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la chambre de commerce et d'industrie d'examiner sa demande ne peuvent qu'être également rejetées.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la société L'Escale de la gourmandise soit mise à la charge de la chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence à l'encontre de la société requérante en application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société L'Escale de la gourmandise est rejetée.
Article 2: Les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée L'Escale de la gourmandise, à la métropole Aix-Marseille-Provence et à la chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
signé
E. FelmyLa présidente-rapporteure,
signé
M-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026