lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1909997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BITAN |
Vu la procédure suivante :
I. / Par une requête n°1909997, enregistrée le 26 novembre 2019, Mme B A, représentée par Me Bitan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2019 par lequel le directeur adjoint des ressources humaines du secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur (SGAMI) a prolongé son congé de longue maladie en tant qu'il l'a classé au statut de commandante de police, 5ème échelon ;
2°) d'enjoindre à l'administration de rectifier l'article 1er de l'arrêté litigieux sous astreinte provisoire en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est fondée à demander l'annulation du seul article 1er de l'arrêté litigieux dès lors que cet article est divisible de l'acte querellé ;
- la classification qui lui est attribuée est erronée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- ce déclassement intervient dans un contexte de harcèlement moral au sein de son administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2019, le ministre de l'Intérieur se déclare incompétent et demande au tribunal de transmettre la procédure au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2021, la préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 octobre 2021, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Une note en délibéré, enregistrée le 20 septembre 2022, a été présentée pour Mme A et n'a pas été communiquée.
II. / Par une requête n°2004669, enregistrée le 24 juin 2020, Mme B A, représentée par Me Lucchini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'article 1er de l'arrêté du 18 février 2020 par lequel le directeur adjoint des ressources humaines du secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur (SGAMI) a prolongé son congé de longue maladie ;
2°) d'enjoindre à l'administration de prendre un nouvel arrêté rétablissant son grade dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'état la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la classification qui lui est attribuée est erronée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- ce déclassement intervient dans un contexte de harcèlement au sein de son administration ;
- l'absence de rectification de cette erreur de classification par l'administration constituerait une sanction déguisée ;
- cette erreur a induit un préjudice financier de 257,04 euros par mois depuis sa déclassification et aura des impacts sur sa retraite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2020, le ministre de l'Intérieur se déclare incompétent et demande au tribunal de transmettre la procédure au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest à laquelle la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense malgré une mise en demeure du 27 décembre 2021.
Par ordonnance du 28 mars 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 28 avril 2022.
Une note en délibéré, enregistrée le 20 septembre 2022, a été présentée pour Mme A et n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a intégré la fonction publique de l'Etat le 1er octobre 1985 en qualité d'inspecteur de police. Par arrêté du 19 mars 2018, il a été mis fin à son détachement en tant que commandant divisionnaire fonctionnel à la direction générale des services intérieurs du Sud-Ouest et Mme A a été mise à disposition en tant que déléguée du préfet sur le territoire de Marignane et Vitrolles. Par une décision du 31 octobre 2018, le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de mettre un terme à la convention de mise à disposition. Par jugements n° 1804825, 1810698 du 14 décembre 2020, le tribunal a rejeté les requêtes en annulation contre la rupture de convention de mise à disposition et l'arrêté de mise à disposition. Par un arrêté du 18 mars 2019, Mme A a été placée en congé de longue maladie du 12 mars 2018 au 11 septembre 2019, et a ensuite fait l'objet d'un arrêté du 30 septembre 2019 portant prolongation de son congé pour la période du 12 septembre 2019 au 11 mars 2020. Enfin, un nouvel arrêté du 18 février 2020 a prorogé le placement de Mme A en congé de longue maladie pour la période du 12 mars 2020 au 11 septembre 2020. Par les présentes requêtes, Mme A demande au tribunal l'annulation des arrêtés du 30 septembre 2019 et du 18 février 2020, en tant qu'ils la classent au statut de commandante de police, 5ème échelon, et réparation du préjudice financier et de retraite qu'elle estime avoir subi.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°1909997 et n°2004669 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 30 septembre 2019 :
3. L'article 41 de la loi du 11 janvier 1984 précitée prévoit que : " La mise à disposition est la situation du fonctionnaire qui demeure dans son corps d'origine, est réputé occuper son emploi, continue à percevoir la rémunération correspondante, mais qui exerce des fonctions hors du service où il a vocation à servir. / Elle ne peut avoir lieu qu'avec l'accord du fonctionnaire et doit être prévue par une convention conclue entre l'administration d'origine et l'organisme d'accueil. / Le fonctionnaire peut être mis à disposition auprès d'un ou de plusieurs organismes pour y effectuer tout ou partie de son service. / Le fonctionnaire mis à disposition est soumis aux règles d'organisation et de fonctionnement du service où il sert, à l'exception des articles L. 1234-9, L. 1243-1 à L. 1243-4 et L. 1243-6 du code du travail, de toute disposition législative ou réglementaire ou de toute clause conventionnelle prévoyant le versement d'indemnités de licenciement ou de fin de carrière. "
4. Mme A conteste l'article 1er de l'arrêté du 30 septembre 2019 portant prorogation de son congé de longue maladie au motif qu'il mentionne de manière erronée qu'elle relève du grade de commandante de police au 5ème échelon alors que l'arrêté du 16 mars 2019, portant placement en congé de longue maladie, précisait qu'elle relevait du statut fonctionnel de commandante divisionnaire de la police nationale, au 3ème échelon. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A a atteint le grade de commandant de la police nationale au 5ème échelon le 1er juin 2012. Elle a été détachée dans l'emploi de commandant divisionnaire fonctionnel à compter du 1er mars 2017, avec indice majoré de 790 points correspondant aux responsabilités et sujétions spéciales afférentes à son emploi au sein de la direction générale des services intérieurs de Bordeaux. L'arrêté du 19 mars 2018 a mis fin à ce détachement dans l'emploi fonctionnel de commandant divisionnaire à compter du 1er novembre 2017 et a entraîné un retour de l'agent dans son corps d'origine de commandant de police 5ème échelon, avec un indice majoré de 740 points conformément à la grille indiciaire de la police nationale. Si l'arrêté du 16 mars 2019, plaçant Mme A en congé de longue maladie, ne prend pas explicitement acte de la fin de son détachement dans son emploi fonctionnel et de son retour dans son corps d'origine dans le cadre de sa mise à disposition auprès du préfet des Bouches-du-Rhône, l'article 1er de l'arrêté litigieux qui a pour seul objet de prolonger son congé de maladie rectifie et actualise la situation statutaire de Mme A en précisant qu'elle relève désormais du grade de commandant de police 5ème échelon. Ainsi, son reclassement dans son grade d'origine, qui est la conséquence juridique de la fin de son détachement et non du contexte relationnel difficile de la requérante avec son administration, n'a entraîné aucune perte de rémunération par rapport à sa situation dans son corps d'origine. Il s'ensuit que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'article 1er de l'arrêté du 30 septembre 2019 serait entaché d'erreur matérielle et d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation statutaire.
En ce qui concerne l'arrêté du 18 février 2020 :
5. Les moyens tirés de l'erreur matérielle et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation statutaire présentés par Mme A au soutien de ses conclusions en annulation de l'arrêté du 18 février 2020, qui mentionne également en son article 1er qu'elle relève du grade de commandante au 5ème échelon, seront écartés pour les mêmes motifs qu'au point 4 du présent jugement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 30 septembre 2019 et du 18 février 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité sud.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère ;
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
F. LE MESTRIC
Le président,
signé
F. SALVAGE La greffière
signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,, 2004669
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026