mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1910695 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | ORSONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 17 décembre 2019,
4 mai 2021, 8 et 14 juin 2021, Mme B A, représentée par Me Orsoni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 septembre 2019 par laquelle le maire de Mimet s'est opposé, sur le fondement de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme, au raccordement au réseau d'eau d'un logement appartenant à un immeuble en copropriété, déjà raccordé au réseau d'eau ;
2°) d'enjoindre à la commune de lui délivrer une autorisation de pose d'un compteur d'eau, dans le délai de quinze jours, sous astreinte ;
3°) d'enjoindre à la métropole d'Aix-Marseille Provence de lui délivrer une autorisation de pose d'un compteur d'eau, dans le délai de quinze jours, sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille Provence et de la commune de Mimet, le versement à son profit, chacun, d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le bâtiment faisant l'objet du raccordement concerne un logement réalisé dans un immeuble légalement autorisé et ne pouvait donc faire l'objet de la mise en œuvre des pouvoirs du maire sur le fondement de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme ;
- le refus de raccordement ne pouvait pas être motivé par le fait que le projet concernerait une construction nouvelle illégale, dès lors qu'il n'y a pas de construction nouvelle ;
- le motif, fondé sur la méconnaissance par le raccordement envisagé de l'article NB2 du règlement du plan d'occupation des sols, est illégal dès lors que cet article NB2 est
lui-même illégal ;
- le maire n'était pas compétent pour s'opposer au raccordement au réseau d'eau, dès lors que la compétence en matière de gestion du réseau d'eau public a été transférée à la métropole ;
- les écritures de la commune sont irrecevables car le maire n'était pas compétent pour prendre la décision attaquée ;
- la demande de substitution de motifs fondée sur l'existence de constructions irrégulières sur le terrain d'assiette doit être rejetée en application de la jurisprudence Thalamy ;
- la demande de substitution de motifs fondée sur l'existence de risques au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écartée ;
- la requête n'est pas tardive.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 mai 2021 et le 14 juin 2021, la commune de Mimet représentée par la SCP Beranger, Blanc, Burtez, Doucede, conclut au rejet de la requête et demande la somme de 1 500,00 euros au titre des frais d'instance.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens ne sont pas fondés ;
- les motifs tirés, d'une part, de ce que la construction aurait dû être régularisée préalablement au raccordement et d'autre part de l'existence de risques d'incendie, au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être substitués au motif de refus retenu.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juin 2021, la métropole d'Aix-Marseille Provence représentée par la SELARL Sindres conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.
Elle soutient que :
- elle doit être mise hors de cause ;
- la requête est irrecevable car elle est tardive et dirigée contre un acte insusceptible de recours.
Par une ordonnance du 15 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 juin 2021.
Un mémoire en défense enregistré le 24 août 2021, a été présenté par la commune de Mimet, après la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 novembre 2023 :
- le rapport de Mme Charbit, rapporteure,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,
- les observations de Me Orsoni, représentant Mme A,
- les observations de Me Claveau, représentant la commune de Mimet,
- les observations de Me Chavalarias, substituant la SELARL Sindres, représentant la métropole d'Aix-Marseille Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 septembre 2019 le maire de Mimet s'est opposé, sur le fondement de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme, au raccordement au réseau d'eau d'un logement appartenant à un immeuble en copropriété lequel est déjà raccordé au réseau d'eau au motif que la création du second logement de l'immeuble n'avait pas été autorisée en violation de l'article NB1 du plan d'occupation des sols.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Il résulte de ces dispositions que lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Si les défendeurs invoquent la tardiveté de la requête tirée de ce que la décision attaquée serait une décision confirmative d'une décision antérieure devenue définitive, toutefois ils n'apportent aucun élément justifiant de la notification de cette décision antérieure. Il ressort seulement des pièces du dossier, que la mention par la requérante, dans la lettre du 9 juillet 2019, laquelle a fait naître la décision attaquée du 23 septembre 2019, de la décision initiale, révèle d'une part, la connaissance acquise de cette décision, à la date du 9 juillet 2019 et déclenche d'autre part, à cette date la computation d'un délai de recours raisonnable d'un an. Ce délai n'avait pas expiré en décembre 2019 à la date d'introduction de la requête. La fin de non-recevoir doit donc être écartée.
5. En second lieu, contrairement à ce que soutient la Métropole, la circonstance que la décision en litige, qui a été prise par le maire de Mimet, n'aurait pas relevé de la compétence de son auteur, n'a pas pour effet de priver cet acte de son caractère décisoire et de lui donner le caractère d'un avis. Par suite, la fin de non-recevoir, tirée du caractère non susceptible de recours de la décision attaquée, ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne le bien-fondé :
Quant à la légalité de l'arrêté :
6. En premier lieu, en vertu de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme une construction qui n'a pas été légalement autorisée ne peut pas être raccordée définitivement au réseau d'eau. L'article 2 du règlement de la zone NB du plan d'occupation des sols limite à un le nombre de logement par unité foncière. Toutefois, il ne résulte d'aucune disposition normative que les auteurs des règlements d'urbanisme disposent du droit de limiter le nombre de logements, ou le nombre de constructions sur un terrain. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que l'article NB2 du plan d'occupation des sols qui n'autorise sur chaque unité foncière qu'un seul bâtiment d'un seul logement est illégal. Le moyen, tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de cet article, doit donc être accueilli. Par voie de conséquence, le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article NB2 par le projet de raccordement est également illégal.
7. En second lieu, le transfert par la commune à un autre établissement public de coopération intercommunale de la compétence en matière de gestion de l'eau, est sans incidence sur le pouvoir de police du maire prévu à l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme. Par suite, la commune de Mimet et la Métropole Aix-Marseille Provence ne sont pas fondées à soutenir que la décision en litige devait être prise par l'établissement public compétent en matière de gestion de l'eau.
Quant à la demande de substitution de motifs :
8. En premier lieu, la commune soutient que la décision aurait pu être prise au motif que le maire peut refuser la délivrance d'un permis de construire qui s'appuie sur des constructions qui n'ont pas été légalement autorisées et qu'en conséquence les dispositions de l'article
L. 111-12 du code de l'urbanisme permettraient de refuser le raccordement en litige compte tenu d'extensions non autorisées. Toutefois la seule circonstance que le terrain d'assiette comporterait des constructions édifiées sans autorisation, n'a pas pour effet de rendre illégal, sur le fondement de L. 111-12 du code de l'urbanisme, le raccordement d'une construction régulièrement édifiée sur ce même terrain. Par suite, la demande de substitution de motifs doit être rejetée.
9. En second lieu, la seule circonstance, que le terrain sur lequel est implantée la construction au raccordement de laquelle la décision en litige s'oppose, serait exposé à des risques au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, ne permet pas au maire de s'opposer au raccordement au réseau d'eau de la construction.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'illégalité et qu'elle doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et sur les frais de l'instance :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à la commune de ne pas s'opposer au raccordement au réseau d'eau de la construction en cause.
12. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Mimet le versement à
Mme A de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que Mme A qui n'est pas partie perdante à la présente instance verse une quelconque somme sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 septembre 2019, par laquelle le maire de Mimet s'est opposé au raccordement au réseau d'eau de Mme A, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Mimet de ne pas s'opposer au raccordement au réseau d'eau de la construction en cause.
Article 3 : La commune de Mimet versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Mimet sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Mimet et à la Métropole Aix-Marseille Provence.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fédi, président,
Mme Caselles, première conseillère,
Mme Charbit, première conseillère,
Assistés de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. CHARBIT
Le président,
Signé
G. FEDI La greffière,
Signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026