lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1910840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2019, M. et Mme A B, représentés par Me Olivier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du conseil municipal de la commune de Saint-Crépin du 28 juin 2019 approuvant le plan local d'urbanisme ensemble la décision du 31 octobre 2019 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le rapport d'enquête publique méconnait les dispositions de l'article R. 123-19 du code de l'urbanisme en ce que le commissaire enquêteur n'a pas apporté de réponse aux observations du public et a entaché le rapport d'un défaut de motivation ;
- l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales n'a pas été respecté ;
- le classement de la parcelle cadastrée section F n° 452 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 15 avril 2021, la commune de Saint-Crépin, représentée par Me Ducrey-Bompard, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 mars 2021, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R.613-3 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 14 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les conclusions de M. Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 28 juin 2019, le conseil municipal de la commune de Saint-Crépin a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par un courrier du 31 octobre 2019, le maire de la commune a rejeté le recours gracieux formé le 12 septembre 2019 par M. et Mme B, propriétaires de parcelles sur le territoire de la commune. Ils demandent l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire, sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. Le maire en rend compte dès l'ouverture de la séance au conseil municipal qui se prononce sur l'urgence et peut décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l'ordre du jour d'une séance ultérieure. ". Aux termes de l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
3. La commune de Saint-Crépin, commune rurale comptant moins de 800 habitants, produit la copie d'un courriel adressé le 20 juin 2019 aux conseillers municipaux et comportant des liens pour le téléchargement des pièces composant le projet de plan local d'urbanisme, notamment le rapport de présentation, le projet d'aménagement et de développement durables, le projet de règlement, les documents graphiques ainsi qu'un bordereau d'accusé de réception de la convocation signé par l'ensemble des conseillers. Dès lors, en se bornant à soutenir que " rien ne laisse entendre que l'ordre du jour contenu dans la convocation pour la réunion du Conseil Municipal contenait en annexe le projet final de PLU ", les requérants n'établissent pas la méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales et le moyen doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur () établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies./ Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public./Le commissaire enquêteur () consigne, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet.() ". Il résulte de ces dispositions que, si le commissaire enquêteur n'a pas à répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête, il doit indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
5. A la suite de l'enquête publique qui s'est déroulée du 11 février au 14 mars 2019, le commissaire enquêteur a établi son rapport, dans lequel il a rappelé le contexte réglementaire de son intervention et le déroulement de l'enquête, et a procédé à une synthèse des avis du public recueillis lors des permanences, sur le registre et reçus par courrier. S'il ne détaille ni ne répond à l'ensemble des observations formulées par des particuliers lors de l'enquête, ce qu'il n'est pas tenu de faire, il a pris le soin de répertorier les observations présentées dans un tableau. Il a remis une copie de tous les courriers reçus ainsi qu'une copie du registre au maire, qui a transmis un mémoire en réponse. Le commissaire enquêteur précise que ce mémoire apporte des réponses claires et précises aux demandes. Ensuite, dans la partie conclusions et avis, il émet un avis, personnel, favorable au projet de plan local d'urbanisme, assorti d'une recommandation. Contrairement à ce que soutiennent les requérants les motivations du caractère favorable de cet avis sont exposées et permettent de comprendre les raisons qui ont déterminé son positionnement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des conclusions du commissaire enquêteur doit être écarté comme manquant en fait.
6. Les dispositions de l'article L.111-3 du code de l'urbanisme, qui prévoient que " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ", ne peuvent être utilement invoquées dans la mesure où elles concernent les autorisations de construction en zone urbaine en l'absence de tout document d'urbanisme.
7. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ". Aux termes de l'article R. 151-18 du même code : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ". Aux termes de l'article R. 151-20 dudit code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation ".
8. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts, entachée d'une erreur manifeste ou de détournement de pouvoir au regard du parti d'aménagement et de la vocation de la zone retenus.
9. Les auteurs du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Crépin ont procédé au classement en zone Ac de la parcelle cadastrée section F n° 452, alors qu'elle était en zone U et en zone A sous l'empire du précédent document d'urbanisme adopté en 2005 et modifié en 2014. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse est à l'état naturel ou de prairie. Elle est entourée au premier plan et de toutes parts de parcelles non construites, laissées également à l'état naturel ou de prairie. Les requérants reconnaissent que la parcelle est enclavée, bien qu'un contentieux judiciaire soit en cours pour leur permettre d'obtenir une servitude de passage. Le secteur dans lequel se situe la parcelle des requérants est situé au deuxième plan entre deux petits groupes d'habitations ou de bâtiments, éloignées à l'Ouest d'au moins cinquante mètres et à l'Est de plus d'une centaine de mètres. La parcelle litigieuse fait ainsi partie d'un vaste ensemble aux caractéristiques similaires, également classé en zone agricole. La circonstance que la parcelle cadastrée section F n° 452 soit raccordée à certains réseaux, à la supposer établie, n'est pas de nature à entacher le classement de la parcelle d'erreur manifeste d'appréciation, quand bien même aucune exploitation agricole ne serait organisée, eu égard aux caractéristiques de la parcelle et du secteur auquel elle appartient et qui viennent d'être décrits. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le classement en zone agricole de leur parcelle procèderait d'une erreur manifeste.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération adoptant le plan local d'urbanisme de la commune.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les sommes que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au bénéfice de la commune de Saint-Crépin au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Saint-Crépin une somme globale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la commune de Saint-Crépin.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rousselle, présidente,
- Mme Le Mestric, première conseillère,
- Mme Ollivaux, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
F. LE MESTRIC
La présidente-rapporteure,
Signé
P. C
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026