lundi 20 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1911072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CLAUZADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 décembre 2019 et 4 mai 2021, M. A C, représenté par Me Bouyssou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du conseil municipal de la commune de Forcalquier en date du 11 juillet 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme en tant qu'elle classe la parcelle ZD 226 en zone UE et instaure sur ce terrain l'OAP " des Cordeliers Chalus ", ensemble la décision du 7 novembre 2019 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 6 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune était incompétente pour réviser le PLU par application de l'article L. 153-9 du code de l'urbanisme ;
- la convocation du conseil municipal était irrégulière ;
- l'enquête publique s'est déroulée dans des conditions irrégulières, le commissaire enquêteur étant partial et le dossier d'enquête étant insuffisant, de même que le rapport de présentation au regard des dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ;
- le classement de la parcelle ZD 226 en zone UE est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'OAP " les cordeliers Chalus " est illégale en ce que les règles relatives à l'aménagement commercial ne relèvent pas de la commune et que l'interdiction de galerie commerciale qu'elle pose est par trop précise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2021, la commune de Forcalquier, représentée par Me Clauzade, s'en remet à la sagesse du tribunal.
Par une ordonnance du 7 avril 2021, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 14 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B;
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public ;
- les observations de M. C ;
- et les observations de Me Clauzade pour la commune de Forcalquier.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 11 juillet 2019, le conseil municipal de la commune de Forcalquier a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme (PLU). Par un courrier du 7 novembre 2019, le maire de la commune a rejeté le recours gracieux formé par M. C, propriétaire de parcelles sur le territoire de la commune et conseiller municipal, tendant au retrait de cette délibération. M. C demande son annulation, en tant qu'elle classe la parcelle ZD 226 en zone UE et instaure sur ce terrain l'OAP " des Cordeliers Chalus ", ensemble la décision du 7 novembre 2019 rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. (.)/Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. /Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ".
3. D'abord, il ressort de la lecture du rapport de présentation du plan local d'urbanisme qu'il ne comporte pas d'analyse claire et précise de la consommation de l'espace sur les 10 années précédentes, en se contentant de présenter des données partielles et non explicites qui ne justifient pas suffisamment le respect de l'objectif d'une consommation autonome de l'espace.
4. Ensuite, les requérants soutiennent, sans être contredits, que les projections de la commune en termes d'évolution démographique et de besoins en logements sont excessivement optimistes et insuffisamment justifiés.
5. De même, le rapport est insuffisant pour ce qui concerne plus précisément la consommation d'espaces agricoles à hauteur de 6,5 ha, permettant l'extension de la zone des Chalus, alors qu'il n'est pas contesté qu'elle est susceptible d'avoir une incidence sur l'économie agricole de la commune.
6. En outre, il n'est pas contesté que le rapport de présentation ne présente pas de manière sincère l'état de la ressource en eau potable, M. C établissant par les relevés de la société des eaux de Marseille que son niveau est largement inférieur à ce qui est présenté, alors que l'extension de la zone des Chalus doit permettre un agrandissement substantiel de la ZAE et la création de 303 nouveaux logements.
7. Enfin, le rapport de présentation ne comporte pas d'évaluation des impacts paysagers des projets d'urbanisation ni d'étude paysagère de l'état initial des sites faisant l'objet d'une OAP.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à soutenir que le rapport de présentation était insuffisant au regard des exigences posées par l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme.
9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la parcelle 226 est une terre agricole, cultivée, d'1,7 ha, dont la qualité agronomique n'est pas contestée, entourée par d'autres terres agricoles pour l'essentiel, et qui est en l'état peu desservie par les réseaux. En l'absence de défense, et au regard des lacunes ci-dessus mentionnées du rapport de présentation qui ne justifie nullement d'un besoin en foncier économique de cette ampleur dans cette zone, et alors qu'une autre extension de la zone d'activité est prévue à l'ouest, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation de son classement en zone UE doit être accueilli.
10. Pour application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Forcalquier en date du 11 juillet 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme en tant seulement qu'elle classe la parcelle ZD 226 en zone UE, ensemble la décision du 7 novembre 2019 rejetant son recours gracieux, dans cette limite.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Forcalquier la somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de la commune de Forcalquier en date du 11 juillet 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme en tant seulement qu'elle classe la parcelle ZD 226 en zone UE, ensemble la décision du 7 novembre 2019 rejetant son recours gracieux, dans cette limite, sont annulées.
Article 2 : La commune de Forcalquier versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Forcalquier.
Délibéré après l'audience du 6 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Salvage, président,
- M. Ricard, premier conseiller,
- Mme Le Mestric, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2023
Le premier assesseur,
Signé
G. RICARD Le président-rapporteur
Signé
F. B
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Alpes de Haute Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026