vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2000644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBARRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2020, M. D A, représenté par Me Dubarry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 août 2019 par laquelle M. B C a été affecté au poste de technicien " suivi gestion déléguée ", à compter du mois de septembre 2019, au sein du centre pénitentiaire de Marseille, ensemble les décisions implicites du 14 janvier 2020 de rejet de ses recours gracieux auprès du centre pénitentiaire de Marseille et de la direction interrégionale des services pénitentiaires Sud-Est ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 97.955,60 euros, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de cette décision fautive, assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 novembre 2019 et capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, la commission administrative paritaire n'ayant pas donné d'avis consultatif préalablement à la décision attaquée ;
- l'administration a méconnu l'article 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 en s'abstenant de prendre en compte sa situation de handicap ;
- la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité de traitement ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il est parfaitement compétent pour occuper le poste de technicien responsable de la gestion déléguée, contrairement à M. C ;
- l'administration a commis un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation de la décision d'affectation de M. C sont irrecevables, celle-ci constituant une mesure d'ordre intérieur ;
- les moyens soulevés à l'appui des conclusions indemnitaires ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 4 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mars 2022.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, qui a été invité, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction, n'a produit aucun élément en réponse à cette demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été titularisé dans le corps des techniciens de l'administration pénitentiaire à compter du 1er décembre 2015 et affecté au centre pénitentiaire de Marseille par arrêté du 13 juin 2018, en charge de l'hygiène, de la sécurité et des conditions de travail. Il a présenté sa candidature pour le poste de technicien " suivi gestion délégué ". Par une note de service du 8 août 2019, l'administration a affecté M. B C au poste convoité par M. A. Celui-ci demande l'annulation de cette décision et la réparation de son préjudice en résultant.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Un agent public est recevable à contester une décision de nomination d'un autre agent à un poste qu'il avait vocation à occuper. M. A avait présenté sa candidature pour le poste de technicien suivi de gestion déléguée, auquel M. C a été affecté par la note de service du 8 août 2019. Par suite, cette décision attaquée fait grief au requérant. La fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de ce que la décision d'affectation constitue une mesure d'ordre intérieur doit, dès lors, être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Le 25 février 2019, M. A a formulé le vœu d'obtenir le poste de technicien en charge de la gestion déléguée au sein du centre pénitentiaire de Marseille. Le poste n'a pas été pourvu à l'issue de la commission administrative paritaire du 4 avril 2019. Par une note de service du 8 août 2019, M. C a été affecté à ce poste. Un avis favorable à cette mutation a ensuite été émis à l'issue de la commission administrative paritaire du 28 novembre 2019.
4. M. A a une ancienneté supérieure à celle de M. C dans leur corps et leur grade, et avait déjà exercé le poste de technicien en charge de la gestion déléguée au sein de la maison d'arrêt de Rodez. En comparaison, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C, qui occupait avant sa mutation le poste de responsable du service cantines / buanderie, bénéficiait d'une telle expérience. De plus, M. A démontre que sa manière de servir a été appréciée et reconnue antérieurement à sa candidature. En effet, il a obtenu la note maximale de 20/20 à l'issue de son évaluation professionnelle annuelle pour l'année 2018 et a reçu une lettre de félicitation du directeur interrégional du 9 mai 2018. En réponse à ces circonstances de fait, révélant les vrais atouts de la candidature de M. A par rapport à celle de M. C, le ministre de la justice n'apporte aucune explication quant au choix d'écarter la candidature du requérant au profit de celle de son concurrent. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête et sans qu'il soit besoin de demander communication du procès-verbal de la commission administrative paritaire, que la décision du 8 août 2019 portant affectation de M. C au poste de technicien en charge du " suivi de gestion déléguée " doit être annulée.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Eu égard à l'ancienneté et aux mérites de M. A et compte tenu, en particulier, de son expérience sur le poste de technicien " suivi de gestion déléguée ", qu'il a occupé du 1er décembre 2015 au 1er septembre 2018, ainsi que des appréciations favorables de son administration sur sa manière de servir, le requérant avait une chance sérieuse d'être nommé sur ce même poste au centre pénitentiaire de Marseille. Le requérant est dès lors fondé à solliciter l'indemnisation des préjudices subis du fait de la décision du 8 août 2019.
7. Si M. A demande la réparation de son préjudice tenant à la perte de chance de voir son loyer pris en charge, il ne produit aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait pu bénéficier d'un tel avantage s'il avait été nommé au poste convoité. Par suite, ce préjudice n'est pas établi.
8. Si M. A soutient qu'il aurait bénéficié d'une indemnité de fonction et objectif supérieure à celle qu'il a perçue, s'il avait obtenu le poste de technicien en charge du " suivi de la gestion déléguée ", il ne l'établit pas. Par suite, le préjudice n'est pas établi.
9. Eu égard au motif de l'annulation prononcée au point 4 et aux conditions relativement opaques dans lesquelles la candidature de M. A a été rejetée, alors que M. C a été affecté au poste convoité par une simple note de service, avant même que ne se prononce la commission administrative paritaire du 28 novembre 2019, il sera fait une juste évaluation du préjudice moral du requérant en lui allouant une indemnité de 2 500 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
10. En application de l'article 1231-6 du code civil, lorsqu'ils sont demandés, les intérêts au taux légal sur le montant de l'indemnité allouée sont dus, quelle que soit la date de la demande préalable, à compter du jour où cette demande est parvenue à l'autorité compétente ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. M. A a demandé le versement d'intérêts pour la première fois dans sa requête. Par suite, M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 2 500 euros, à compter du 25 janvier 2020.
11. En application de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 25 janvier 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 26 janvier 2021, date à laquelle était due pour la première fois une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 août 2019, d'affectation de M. C au poste de technicien en charge du suivi de gestion déléguée est annulée.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. A la somme de 2 500 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 25 janvier 2020. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : L'Etat versera à M. A, une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au garde des sceaux, ministre de la justice et à M. B C.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J-B. BrossierLa greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026