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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2001220

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2001220

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2001220
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4e Ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantSCP LOGOS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la demande de la société Lenalexis, qui contestait un titre de perception de 6 842 euros émis pour le recouvrement de la taxe d’aménagement. La société invoquait l’irrégularité du titre pour défaut de signature de l’ordonnateur et pour absence de mention des bases de liquidation, ainsi qu’une méconnaissance des articles L. 331-12 et L. 331-14 du code de l’urbanisme. Le tribunal a écarté ces moyens, jugeant que l’état récapitulatif des créances comportait la signature requise et que le titre de perception détaillait suffisamment les bases de la liquidation. La solution retenue est le rejet de la requête, fondée sur le code de l’urbanisme et le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 février 2020, la société Lenalexis, représentée par

Me Cecere, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception d'un montant de 6 842 euros émis le 19 février 2019 pour le recouvrement de la taxe d'aménagement ainsi que la décision de rejet implicite de sa réclamation préalable ;

2°) de prononcer la décharge de la somme à payer ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat ou une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre de perception en litige est irrégulier dès lors qu'il n'a pas été signé par l'ordonnateur ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique dès lors qu'il ne mentionne ni les bases ni les éléments de calcul de la liquidation ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 331-12 du code de l'urbanisme dès lors que la valeur de la surface de la construction devait faire l'objet d'un abattement de 50 % en ce qu'il s'agit d'un entrepôt non-ouvert au public faisant l'objet d'une exploitation commerciale ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 331-14 du code de l'urbanisme dès lors que le taux communal de taxe d'aménagement était de 4,5 % à la date de son émission.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2024, le directeur de la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Lenalexis ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 05 septembre 2024.

Un mémoire présenté pour la société Lenalexis a été enregistré le 22 novembre 2024 et n'a pas été communiqué

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cabal, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cabal,

- les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public,

- et les observations de M. A, représentant la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. La société Lenalexis a bénéficié d'un permis de construire tacite né le 17 janvier 2018 délivré par le maire de la commune des Pennes-Mirabeau. Un titre de perception d'un montant de 6 842 euros a été émis à son encontre le 19 février 2019. Elle a formé une réclamation préalable contre ce titre le 15 avril 2019 qui a été tacitement rejetée par le directeur de la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône. La société Lenalexis demande au tribunal d'annuler ce titre de perception, ainsi que la décision implicite de rejet de sa réclamation préalable.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ".

3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.

4. En l'espèce, l'état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement du 4 mars 2019 mentionnant la taxe d'aménagement mise à la charge de la requérante comporte l'identité, la qualité et la signature de l'ordonnateur. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité du titre de perception ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret susvisé du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".

6. Il résulte de l'instruction que le titre de perception contesté en date du 19 février 2019 indique que la créance réclamée a trait à la taxe d'aménagement, vise les articles L. 331-1 à

L. 331-34 du code de l'urbanisme et mentionne le fait générateur de cette créance, à savoir le permis de construire n° PC01307117C0129. Ce titre de perception comporte une rubrique intitulée " détail de la somme à payer " précisant l'emplacement du projet, la surface taxable totale créée, la valeur forfaitaire applicable, le nombre de places de stationnement situées à l'extérieur de la construction, ainsi que la valeur de ces emplacements. Par ailleurs, ce titre précise également les montants des parts communale et départementale ainsi que le taux communal de 5 % et le taux départemental de 1,55 %. Enfin, ce titre mentionne le montant dû après application des abattements et exonérations. Le titre contesté comporte donc les indications mettant la société Lenalexis à même de comprendre et contester les bases de la liquidation de cette créance. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le titre de perception en litige ne comporterait pas les bases de sa liquidation.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 331-10 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur à la date du litige : " L'assiette de la taxe d'aménagement est constituée par : / 1° La valeur, déterminée forfaitairement par mètre carré, de la surface de la construction ; / 2° La valeur des aménagements et installations, déterminée forfaitairement dans les conditions prévues à l'article L. 331-13. () ". Aux termes de l'article L. 331-12 de ce code : " Un abattement de 50 % est appliqué sur ces valeurs pour : () / 3° Les locaux à usage industriel ou artisanal et leurs annexes, les entrepôts et hangars non ouverts au public faisant l'objet d'une exploitation commerciale et les parcs de stationnement couverts faisant l'objet d'une exploitation commerciale. "

8. Il résulte de la notice architecturale jointe à la demande de permis de construire que le projet a pour objet la construction d'un " bâtiment à usage de bureau en R+1 et mezzanine et garage en rez-de-chaussée ". Dans ces conditions, il ne peut prétendre à l'abattement de 50 % prévu pour les bâtiments à destination d'entrepôt ou de hangar. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 331-12 du code de l'urbanisme doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 331-14 du code de l'urbanisme : " Le fait générateur de la taxe est () celle de la naissance d'une autorisation tacite de construire () ". " Par délibération adoptée avant le 30 novembre, les communes ou établissements publics de coopération intercommunale bénéficiaires de la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement fixent les taux applicables à compter du 1er janvier de l'année suivante. () / La délibération est valable pour une période d'un an. Elle est reconduite de plein droit pour l'année suivante si une nouvelle délibération n'a pas été adoptée dans le délai prévu au premier alinéa. () ".

10. Par une délibération du 17 octobre 2016, dont il est constant qu'elle avait été tacitement reconduite à la date à laquelle la société Lenalexis a bénéficié d'un permis de construire tacite, le conseil de la métropole d'Aix-Marseille-Provence a fixé le taux de la taxe d'aménagement à 5 % sur le territoire de la commune des Pennes-Mirabeau à partir du 1er janvier 2017, lequel a été appliqué à l'intéressée par le titre de perception en litige. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit manque en fait et doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Lenalexis doit être rejetée. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Lenalexis est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Lenalexis et à la ministre du logement.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques des Bouches-du-Rhône et au directeur de la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P.Y. CABAL

La greffière,

signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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