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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2001561

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2001561

mardi 2 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2001561
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantVICTORIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 février 2020 et le 23 septembre 2020, les associations Agir pour la Crau, Nature et Citoyenneté Crau-Camargue-Alpilles (NACICCA) et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône (FNE 13), représentées par Me Victoria, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Martin de Crau a délivré à la Société Logiprest un permis de construire une plate-forme logistique composée de deux entrepôts SMC6+ et SMC7 sur le territoire de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- le recours est recevable ;

En ce qui concerne la légalité externe :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;

- l'étude d'impact est insuffisante au regard de l'article R. 122-5 du code de l'environnement et de la directive n°2014/52/UE ;

- l'évaluation des incidences Natura 2000 est insuffisante ;

En ce qui concerne la légalité interne :

- le projet méconnait l'article UE 6 du règlement du Plan local d'urbanisme (PLU) ainsi que l'article 7 des dispositions générales du même règlement ;

- il méconnait l'article UC 9 du même règlement ;

- le PLU approuvé par délibération du 27 juin 2019 est illégal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2020, la commune de Saint-Martin de Crau, représentée par Me Ladouari, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire demande au tribunal de prononcer un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à titre infiniment subsidiaire de prononcer une annulation partielle sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et, en toutes hypothèses, de mettre à la charge des associations requérantes la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par les associations requérantes sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, la société Logiprest, représentée par Me Illouz, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des associations requérantes au paiement d'une somme de 10 000 euros pour recours abusif et de mettre à leur charge la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par les associations requérantes ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 avril 2023, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

Par une lettre du 11 avril 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de se fonder sur un moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions pour recours abusif présentées par la société Logiprest.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,

- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,

- et les observations de Me Victoria, représentant les associations requérantes et de Me Illouz pour la SARL Logiprest.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 7 novembre 2012, la SARL Logiprest s'est vu délivrer un permis de construire une plate-forme logistique comprenant deux bâtiments " SMC 6 " et " SMC 7 " à usage de stockage sur la zone industrielle Bois de Leuze, au lieu-dit A de Leuze, situé sur la commune de Saint-Martin-de-Crau. Par arrêt n°15MA00459 du 6 avril 2017, la Cour a annulé le jugement n°1302128 du 27 novembre 2014 du tribunal rejetant le recours des associations Agir pour la Crau, NACCICA et FNE13 contre ce permis de construire du 7 novembre 2012 et a partiellement annulé cette autorisation. La SARL Logiprest a déposé le 30 avril 2019 une nouvelle demande d'autorisation en vue de régulariser les éléments déjà construits et d'achever le projet de plate-forme logistique. Par arrêté du 18 décembre 2019, le maire de Saint-Martin-de-Crau a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, les associations Agir pour la Crau, NACICCA et FNE 13 demandent au tribunal d'annuler le permis de construire délivré le 18 décembre 2019.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

S'agissant de l'incomplétude du dossier de demande d'autorisation :

2. Aux termes de l'article R. 431-22 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur une construction à édifier sur un terrain inclus dans un lotissement, la demande est accompagnée, s'il y a lieu : a) Du certificat prévu par le premier alinéa de l'article R. 442-11, quand la surface de plancher constructible a été répartie par le lotisseur ; b) Du certificat prévu par le quatrième alinéa de l'article R. 442-18, quand l'ensemble des travaux mentionnés dans le permis d'aménager n'est pas achevé ". Aux termes de l'article R. 442-11 du même code : " Lorsque la répartition de la surface de plancher maximale est effectuée par le lotisseur, celui-ci fournit aux attributaires de lots un certificat indiquant la surface de plancher constructible sur le lot. / Dans ce cas, lorsque le versement pour sous-densité prévu à l'article L. 331-36 est institué dans le secteur où est situé le projet, le lotisseur fournit également aux attributaires de lots un certificat indiquant la surface de plancher résultant du seuil minimal de densité. / Ces certificats sont joints à la demande de permis de construire ".

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la SCI Boussard Sud, lotisseur, qui a vendu le terrain d'assiette du projet en 2013 à la société Logiprest, ait réparti la surface de plancher entre les lots vendus. Dans ces conditions, les associations requérantes n'établissent pas que le dossier de permis de construire aurait dû comprendre le certificat indiquant la surface de plancher constructible. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article et R. 442-11 précités du code de l'urbanisme doit être écarté.

S'agissant de l'étude d'impact et de l'évaluation environnementale :

4. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement dans sa version à la date de la décision en litige : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : 1° Un résumé non technique des informations prévues ci-dessous. Ce résumé peut faire l'objet d'un document indépendant ; 2° Une description du projet, y compris en particulier : - une description de la localisation du projet ; - une description des caractéristiques physiques de l'ensemble du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de démolition nécessaires, et des exigences en matière d'utilisation des terres lors des phases de construction et de fonctionnement ; - une description des principales caractéristiques de la phase opérationnelle du projet, relatives au procédé de fabrication, à la demande et l'utilisation d'énergie, la nature et les quantités des matériaux et des ressources naturelles utilisés ; - une estimation des types et des quantités de résidus et d'émissions attendus, tels que la pollution de l'eau, de l'air, du sol et du sous-sol, le bruit, la vibration, la lumière, la chaleur, la radiation, et des types et des quantités de déchets produits durant les phases de construction et de fonctionnement. Pour les installations relevant du titre Ier du livre V et les installations nucléaires de base relevant du titre IX du même livre, cette description peut être complétée, dans le dossier de demande d'autorisation, en application des articles R. 181-13 et suivants et de l'article R. 593-16. 3° Une description des aspects pertinents de l'état actuel de l'environnement, dénommée "scénario de référence", et de leur évolution en cas de mise en œuvre du projet ainsi qu'un aperçu de l'évolution probable de l'environnement en l'absence de mise en œuvre du projet, dans la mesure où les changements naturels par rapport au scénario de référence peuvent être évalués moyennant un effort raisonnable sur la base des informations environnementales et des connaissances scientifiques disponibles ; 4° Une description des facteurs mentionnés au III de l'article L. 122-1 susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet : la population, la santé humaine, la biodiversité, les terres, le sol, l'eau, l'air, le climat, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris les aspects architecturaux et archéologiques, et le paysage ; 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : a) De la construction et de l'existence du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de démolition ; b) De l'utilisation des ressources naturelles, en particulier les terres, le sol, l'eau et la biodiversité, en tenant compte, dans la mesure du possible, de la disponibilité durable de ces ressources ; c) De l'émission de polluants, du bruit, de la vibration, de la lumière, la chaleur et la radiation, de la création de nuisances et de l'élimination et la valorisation des déchets ; () 7° Une description des solutions de substitution raisonnables qui ont été examinées par le maître d'ouvrage, en fonction du projet proposé et de ses caractéristiques spécifiques, et une indication des principales raisons du choix effectué, notamment une comparaison des incidences sur l'environnement et la santé humaine ; 8° Les mesures prévues par le maître de l'ouvrage pour : - éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine et réduire les effets n'ayant pu être évités ; - compenser, lorsque cela est possible, les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine qui n'ont pu être ni évités ni suffisamment réduits. S'il n'est pas possible de compenser ces effets, le maître d'ouvrage justifie cette impossibilité. La description de ces mesures doit être accompagnée de l'estimation des dépenses correspondantes, de l'exposé des effets attendus de ces mesures à l'égard des impacts du projet sur les éléments mentionnés au 5° ; 9° Le cas échéant, les modalités de suivi des mesures d'évitement, de réduction et de compensation proposées ; 10° Une description des méthodes de prévision ou des éléments probants utilisés pour identifier et évaluer les incidences notables sur l'environnement ; (). ". Aux termes de la directive n°2014/52/UE : " afin de garantir un niveau de protection élevé de protection de l'environnement et de la santé humaine, les procédures de vérification préliminaire et d'évaluation des incidences sur l'environnement devraient tenir compte des incidences du projet concerné dans son ensemble, pendant les phases de construction, de fonctionnement et, le cas échéant, de démolition. ".

5. L'article R. 122-5 du code de l'environnement définit le contenu de l'étude d'impact, qui est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, ouvrages et aménagements projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. Cette étude a pour objet, d'abord de donner la possibilité à la population de faire connaître utilement ses observations sur le projet à l'occasion de l'enquête publique, ensuite de mettre l'autorité administrative à même de porter une juste appréciation sur les effets de l'installation envisagée sur l'environnement ainsi que sur l'adéquation des mesures prévues par l'exploitant pour les supprimer, les limiter ou les compenser. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'impact ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

Quant à la description des aspects pertinents de l'état actuel de l'environnement :

6. Il résulte de l'instruction que le projet de la société Logiprest consiste à finaliser des aménagements existants et à construire dans la continuité des entrepôts existants, de nouvelles cellules, tel que le prévoyait le projet initialement autorisé. L'étude d'impact a présenté l'état actuel de l'environnement, en tenant compte des travaux réalisés sur le fondement de l'autorisation de construire et de l'autorisation d'exploiter, avant qu'elles ne soient annulées pour des motifs de fond, et des dérogations au régime de protection des espèces protégées délivrées en 2012. En tenant compte de la situation de fait s'agissant de l'état de l'environnement, et des effets du projet sur ce dernier, tels qu'ils existaient au moment où elle a été réalisée, l'étude d'impact n'est ni erronée, ni entachée d'insuffisance au regard des dispositions précitées.

Quant aux insuffisances de l'étude d'impact relatives aux incidences du projet sur son environnement :

7. Il ressort de la lecture de l'étude d'impact que l'évaluation du scénario de référence (point 3.8) est suffisamment étayée et circonstanciée. A cet égard, l'étude expose que le projet consiste à finaliser des aménagements existants et à construire dans la continuité des entrepôts existants, de nouvelles cellules, tel que le prévoyait le projet initialement autorisé, le site étant voué à accueillir des activités économiques. Elle précise qu'ainsi, l'évolution possible du terrain avec ou sans la réalisation du projet demeure identique puisqu'en l'absence de réalisation du projet, les terrains seraient cédés à un autre aménageur pour un usage similaire ou lié à une activité économique.

8. L'étude d'impact présente en ses points 1.6 " Impacts du projet et mesures associées ", de manière détaillée, l'évaluation des impacts bruts du projet sur les milieux naturels, c'est-à-dire avant prise en compte des mesures d'évitement, de réduction et de compensation. Elle analyse le cumul des impacts en son point 1.6.1.4, en précisant notamment que la notion d'effets cumulés a été analysée pour chaque groupe biologique, voire pour chaque espèce, lorsque cela a été possible ou pertinent. L'étude effectue une évaluation des impacts résiduels en son point 1.6.1.5. Elle justifie le choix des espèces intégrant la démarche dérogatoire en son point 1.6.1.6 en indiquant que, malgré les précautions prises, les destructions accidentelles d'individus ne sont pas entièrement à exclure et qu'une liste de 30 espèces devant faire l'objet de la démarche dérogatoire a été remise. L'étude d'impact détaille les mesures de compensation et d'accompagnement ainsi que leur suivi, en précisant que la compensation du projet a déjà été mise en œuvre dans le cadre de la première dérogation espèces protégées obtenue en 2013, qui consistait en l'acquisition d'unités de compensation dans le programme " Cossure en plaine de Crau " sur une surface de 57 Ha représentant un budget de 1,9 millions d'euros pour la société Logiprest. Elle indique, en outre que, malgré les évolutions depuis les inventaires de 2012 des cortèges biologiques présents sur le site, les mesures d'évitement et de réduction ont permis de ramener les impacts résiduels à des niveaux ne justifiant pas de nouvelle compensation. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que l'étude d'impact présentée par la société Logiprest aurait pour but ou pour effet de minimiser les impacts du projet sur l'environnement, le pétitionnaire n'étant pas tenu de décrire l'état du site vierge de toute construction, y compris quand, comme en l'espèce, ces dernières ont été réalisées sur le fondement d'autorisations qui ont fait l'objet d'annulations contentieuses.

9. S'agissant des continuités et fonctionnalités écologiques, les associations requérantes ne sont pas fondées à critiquer l'insuffisance de l'étude d'impact en ce qu'elle résulterait d'un fractionnement du projet entre ce qui a été réalisé et ce qui reste à réaliser et qu'elle éluderait ce faisant les effets des constructions déjà réalisées, dans la mesure où l'étude d'impact devait tenir compte de la situation de fait telle qu'elle existait et non de celle correspondant à l'état initial du site. De même, si les associations requérantes critiquent l'insuffisance de l'étude d'impact produite par la société Logiprest à l'appui de sa demande d'autorisation, en la comparant à celle réalisée en 2011 dans le cadre de la procédure de la première demande d'autorisation de construire, et en soutenant que les travaux réalisés sur le fondement de précédentes autorisations pourtant annulées par la juridiction sont à l'origine de la raréfaction de l'espèce Bupreste de Crau et de la disparition sur l'emprise du site de l'espèce Outarde canepetière, l'étude d'impact devait tenir compte de la situation de fait telle qu'elle existait et non de celle correspondant à l'état initial du site. Les associations requérantes n'établissent par la production d'aucune étude que les effets cumulés du projet pourraient provoquer une diminution de la taille de la population des espèces Œdicnème criard et Petit gravelot sur le secteur, traduisant sur ce point une insuffisance de l'étude d'impact. En outre, elles ne sont pas fondées à soutenir que l'étude d'impact serait insuffisante s'agissant de l'évaluation des impacts bruts et résiduels sur ces deux espèces, compte tenu des constats et analyses présentés dans le volet naturel de l'étude d'impact, en annexe 3, réalisée par le bureau d'études Eco-Med qui recense les enjeux écologiques dans la zone d'étude entre 2016 et 2017.

10. De plus, l'étude d'impact réitère en son point 6 " Description des solutions de substitution raisonnables et indication des principales raisons du choix effectué ", la description de la zone industrielle du Bois de Leuze où se situe le projet et précise que cet espace jouit d'une position géostratégique privilégiée sur l'axe Espagne-Italie, au cœur d'un réseau routier performant et bénéficiant d'une desserte ferrée. Elle expose la vocation mixte de la zone industrielle, principalement tournée vers l'industrie et la logistique et la présence d'un tissu de PME actif et performant renforçant son attractivité. Son essor considérable depuis plusieurs années et l'aménagement de l'Ouest de cette zone doit être lancé sur près de 100 Ha dans le cadre d'une opération privée. Si l'étude d'impact ajoute que le projet de plateforme logistique n'a pas formellement fait l'objet de variantes, elle a toutefois fait l'objet d'adaptations et de complétements itératifs afin d'assurer une cohérence avec les différentes règlementations applicables et son intégration sur la parcelle, et, s'agissant d'une demande d'autorisation de construire portant sur un site déjà partiellement construit et exploité, cette absence de description des solutions de substitution raisonnables qui ont été examinées n'a, en l'espèce, compte tenu des éléments ainsi exposés par l'étude d'impact, pas eu pour effet de nuire à l'information complète de la population et n'a pas été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

11. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments exposés par l'étude d'impact, cette dernière peut ainsi être regardée comme suffisante s'agissant de l'évaluation des impacts du projet au regard des enjeux environnementaux en présence.

Quant à l'évaluation des incidences Natura 2000 :

12. Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'ils sont susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000, individuellement ou en raison de leurs effets cumulés, doivent faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences au regard des objectifs de conservation du site, dénommée ci-après " Evaluation des incidences Natura 2000 " : () 2° Les programmes ou projets d'activités, de travaux, d'aménagements, d'ouvrages ou d'installations ; (). ". Aux termes de l'article R. 414-23 du même code : " Le dossier d'évaluation des incidences Natura 2000 est établi, s'il s'agit d'un document de planification, par la personne publique responsable de son élaboration, s'il s'agit d'un programme, d'un projet ou d'une intervention, par le maître d'ouvrage ou le pétitionnaire, enfin, s'il s'agit d'une manifestation, par l'organisateur. / Cette évaluation est proportionnée à l'importance du document ou de l'opération et aux enjeux de conservation des habitats et des espèces en présence. / I. Le dossier comprend dans tous les cas : 1° Une présentation simplifiée du document de planification, ou une description du programme, du projet, de la manifestation ou de l'intervention, accompagnée d'une carte permettant de localiser l'espace terrestre ou marin sur lequel il peut avoir des effets et les sites Natura 2000 susceptibles d'être concernés par ces effets ; () ; 2° Un exposé sommaire des raisons pour lesquelles le document de planification, le programme, le projet, la manifestation ou l'intervention est ou non susceptible d'avoir une incidence sur un ou plusieurs sites Natura 2000 ; dans l'affirmative, cet exposé précise la liste des sites Natura 2000 susceptibles d'être affectés, compte tenu de la nature et de l'importance du document de planification, ou du programme, projet, manifestation ou intervention, de sa localisation dans un site Natura 2000 ou de la distance qui le sépare du ou des sites Natura 2000, de la topographie, de l'hydrographie, du fonctionnement des écosystèmes, des caractéristiques du ou des sites Natura 2000 et de leurs objectifs de conservation. / II. Dans l'hypothèse où un ou plusieurs sites Natura 2000 sont susceptibles d'être affectés, le dossier comprend également une analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects, que le document de planification, le programme ou le projet, la manifestation ou l'intervention peut avoir, individuellement ou en raison de ses effets cumulés avec d'autres documents de planification, ou d'autres programmes, projets, manifestations ou interventions dont est responsable l'autorité chargée d'approuver le document de planification, le maître d'ouvrage, le pétitionnaire ou l'organisateur, sur l'état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation du ou des sites. / III. S'il résulte de l'analyse mentionnée au II que le document de planification, ou le programme, projet, manifestation ou intervention peut avoir des effets significatifs dommageables, pendant ou après sa réalisation ou pendant la durée de la validité du document de planification, sur l'état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation du ou des sites, le dossier comprend un exposé des mesures qui seront prises pour supprimer ou réduire ces effets dommageables. / IV. Lorsque, malgré les mesures prévues au III, des effets significatifs dommageables subsistent sur l'état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation du ou des sites, le dossier d'évaluation expose, en outre : 1° La description des solutions alternatives envisageables, les raisons pour lesquelles il n'existe pas d'autre solution que celle retenue et les éléments qui permettent de justifier l'approbation du document de planification, ou la réalisation du programme, du projet, de la manifestation ou de l'intervention, dans les conditions prévues aux VII et VIII de l'article L. 414-4 ; 2° La description des mesures envisagées pour compenser les effets dommageables que les mesures prévues au III ci-dessus ne peuvent supprimer. Les mesures compensatoires permettent une compensation efficace et proportionnée au regard de l'atteinte portée aux objectifs de conservation du ou des sites Natura 2000 concernés et du maintien de la cohérence globale du réseau Natura 2000. Ces mesures compensatoires sont mises en place selon un calendrier permettant d'assurer une continuité dans les capacités du réseau Natura 2000 à assurer la conservation des habitats naturels et des espèces. Lorsque ces mesures compensatoires sont fractionnées dans le temps et dans l'espace, elles résultent d'une approche d'ensemble, permettant d'assurer cette continuité ; 3° L'estimation des dépenses correspondantes et les modalités de prise en charge des mesures compensatoires, qui sont assumées, pour les documents de planification, par l'autorité chargée de leur approbation, pour les programmes, projets et interventions, par le maître d'ouvrage ou le pétitionnaire bénéficiaire, pour les manifestations, par l'organisateur bénéficiaire. ".

13. Une évaluation des incidences sur le réseau Natura 2000 figure en annexe 4 de l'étude d'impact réalisée par le bureau d'études Eco-Med. Cette étude, qui s'appuie sur l'état du site existant après réalisation des travaux sur le fondement des précédentes autorisations, relève que l'emprise du projet n'est pas située dans le périmètre d'une zone Natura 2000, d'une zone spéciale de conservation (ZSC), d'une zone de protection spéciale (ZPS) ni dans la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 " Crau sèche ". Après analyse de l'état du site, prospections des habitats naturels, de la flore et de la faune, et évaluation des atteintes résiduelles sur les espèces présentes dans chaque site Natura 2000, l'étude retient qu'au regard des atteintes résiduelles de niveau très faibles à faibles sur les différents éléments évalués, le projet de finalisation de la plateforme logistique a une incidence non notable dommageable sur la ZPS FR9312001 " Marais entre Crau et grand Rhône " et qu'il ne portera pas atteinte à l'état de conservation des habitats et des espèces d'intérêt communautaire qui ont justifié la désignation de la ZPS, sous réserve de l'application des mesures d'atténuation. Elle retient également que le projet ne génère pas d'incidence notable dommageables sur les espèces d'intérêt communautaire qui ont justifié la désignation des ZSC FR9301595 " Crau centrale -Crau sèche ", FR9301596 " Marais de la Vallée des Baux et marais d'Arles " et des ZPS FR9310064 " Crau " et FR9312001 " Marais entre Crau et grand Rhône ", et qu'il n'y a donc pas lieu de justifier l'absence de solutions alternatives de moindre incidence, de prouver que le projet est d'intérêt général et ce pour des raisons impératives, ni de prévoir de mesures compensatoires.

14. L'évaluation des incidences Natura 2000 réalisée à l'appui de la demande d'autorisation se fonde sur l'état actuel du site, en tenant compte des travaux réalisés sur le fondement de l'autorisation de construire et de l'autorisation d'exploiter, avant qu'elles ne soient annulées pour des motifs de fond. En se fondant sur la situation de fait s'agissant de l'état de l'environnement, telle qu'elle existait au moment où elle a été réalisée, l'évaluation des incidences Natura 2000 n'est ni erronée, ni entachée d'insuffisance au regard des dispositions précitées de l'article R. 414-23 du code de l'environnement et apparaît proportionnée à l'importance du projet et aux enjeux de conservation des habitats et des espèces en présence.

En ce qui concerne la légalité interne :

S'agissant de l'exception d'illégalité du PLU :

15. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme : " Sous réserve de l'application des articles L. 600-12-1 et L. 442-14, l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a pour effet de remettre en vigueur le schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document d'urbanisme en tenant lieu ou la carte communale immédiatement antérieur ". Aux termes de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions de refus de permis ou d'opposition à déclaration préalable. Pour ces décisions, l'annulation ou l'illégalité du document d'urbanisme leur ayant servi de fondement entraîne l'annulation de ladite décision. ".

16. Il résulte de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Un vice de légalité externe est étranger à ces règles, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. En revanche, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, un vice de légalité interne ne leur est pas étranger. Lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.

17. Les associations requérantes soulèvent, par la voie de l'exception, l'illégalité de la délibération du 27 juin 2019 par laquelle le conseil municipal de Saint Martin-de-Crau a approuvé son plan local d'urbanisme. Toutefois, en application des dispositions précitées, elles ne peuvent utilement exciper de l'illégalité du PLU sans préciser les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur et méconnues par le projet. Par suite, le moyen invoqué est irrecevable.

S'agissant de la méconnaissance des articles UE 6 et 7 du règlement du PLU :

18. Aux termes de l'article UE 6 du règlement du PLU : "() 2/ Espaces de pleine terre : en zone UE : La surface des espaces libres doit représenter au moins 10% de la surface du terrain. () Ces espaces libres devront comporter au moins un arbre de haute tige pour 50 m² de surface. (). 3/ Aires de stationnement : Les aires de stationnement devront être paysagées en respectant les mesures de sécurité liées à la circulation (accès, visibilité) et seront plantées à raison d'au moins un arbre à haute tige pour 3 emplacements. (.). ". Aux termes de l'article 7 du même règlement : " Espaces libres ou Espaces en pleine terre : Les espaces libres correspondent à la superficie du terrain non occupée par l'emprise au sol des constructions ou par tout autre aménagement entrainant une imperméabilisation des sols sur lesquels il a été réalisé (aire de stationnement, aménagements de voirie ou d'accès). Ces espaces de pleine terre sont non bâtis ni en surface ni en sous-sol, permettant la libre infiltration des eaux pluviales. Ils peuvent être aménagés en espaces verts (pelouse, plantation) mais aussi en allée de jardin piétonne perméable, non dallée ou cimentée ".

19. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la plantation de 673 arbres, alors que l'application de l'article UE 6 précité implique la plantation de 1013 arbres pour une superficie de 50 667m² d'espaces libres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles précités s'agissant de la plantation d'arbres sur les espaces libres doit être accueilli.

20. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la plantation de 176 arbres de haute tige sur les aires de stationnement ventilées entre 43 emplacements poids lourds, 528 emplacement véhicules et 73 emplacement vélos, soit 644 emplacements. A raison d'un arbre de haute tige tous les trois emplacements, le nombre d'arbres de haute tige à planter est de 215 unités. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles précités s'agissant de la plantation d'arbres sur les aires de stationnement doit être également accueilli.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UE9 du même règlement :

21. Aux termes de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Eaux pluviales : Se référer au schéma directeur de gestion des eaux pluviales pour connaitre les règles de gestion quantitative et qualitative des eaux pluviales et de compensation de nouvelle imperméabilisation en fonction du zonage d'assainissement pluvial. ".

22. Les associations soutiennent que le schéma directeur de gestion des eaux pluviales imposerait de présenter des mesures de limitation de l'imperméabilisation totale de la zone EP3 dans laquelle se trouve le terrain d'assiette du projet en litige. Elles ne produisent toutefois à l'appui de cette allégation ni élément ni démonstration permettant au tribunal de se prononcer sur le bien-fondé du moyen invoqué qui doit, par suite, être écarté.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

23. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

24. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

25. Les vices dont le présent jugement reconnaît qu'ils entachent d'illégalité l'arrêté en litige, relatifs à la méconnaissance des articles UE 6 et 7 du règlement du PLU apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la SARL Logiprest et à la commune de Saint-Martin-de-Crau un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire les mesures de régularisation nécessaires.

Sur les conclusions présentées par la société Logiprest pour recours abusif :

26. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, alors en vigueur : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui excèdent la défense des intérêts légitimes du requérant et qui causent un préjudice excessif au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. Lorsqu'une association régulièrement déclarée et ayant pour objet principal la protection de l'environnement au sens de l'article L. 141-1 du code de l'environnement est l'auteur du recours, elle est présumée agir dans les limites de la défense de ses intérêts légitimes. ".

27. Les conclusions à fin de condamnation des associations requérantes au paiement d'une somme de 10 000 euros ont été présentées dans le mémoire du 7 février 2023 par la SARL Logiprest au même titre que les conclusions présentées afin de rejet de la requête des associations requérantes. Dans ces conditions, les conclusions pour recours n'ont pas été présentées dans un mémoire distinct et sont par suite irrecevables.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la SARL Logiprest et à la commune de Saint-Martin-de-Crau pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices mentionnés aux points 18 à 20 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié aux associations Agir pour la Crau, Nature et Citoyenneté Crau-Camargue-Alpilles et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône, à la SARL Logiprest et à la commune de Saint-Martin-de-Crau.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Dyèvre, première conseillère,

Mme Le Mestric, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

F. LE MESTRIC

Le président,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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