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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2001640

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2001640

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2001640
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantHANFFOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une première requête, enregistrée sous le n° 2001640 le 23 février 2020 et complétée par un mémoire enregistré le 14 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Hanffou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 décembre 2019 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de reconnaître comme imputables au service une névralgie cervico-brachiale et des troubles musculo-squelettiques ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de reconnaître cette pathologie imputable au service, ou à défaut de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, sur le fondement de l'article L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;

3°) à titre subsidiaire d'ordonner une expertise sur le fondement de l'article R. 621-1 et suivants du code de justice administrative ;

4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sauf pour l'administration à justifier que le signataire de l'acte attaqué était titulaire d'une délégation de signature régulièrement publiée, la décision est entachée d'incompétence ;

- en l'absence de la saisine obligatoire de la commission de réforme, la décision est entachée d'un vice de procédure ;

- l'arrêté n'est pas motivé ;

- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit au regard de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;

- sa maladie est imputable au service ;

- le non-lieu à statuer sollicité par le préfet sera rejeté, dès lors que la décision ayant procédé au retrait de la décision présentement attaquée fait aussi l'objet d'un recours en annulation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'arrêté attaqué a été rapporté par un arrêté ultérieur en date du 19 mai 2020 ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance en date du 4 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.

II. Par une deuxième requête, enregistrée sous le numéro 2005448 le 21 juillet 2020 et complétée par un mémoire enregistré le 14 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Hanffou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 mai 2020 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de reconnaître comme imputable au service la maladie dont il est atteint ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de reconnaître sa maladie imputable au service, ou à défaut de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, sur le fondement de l'article L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;

3°) à titre subsidiaire d'ordonner une expertise sur le fondement de l'article R. 621-1 et suivants du code de justice administrative ;

4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En tant qu'il porte retrait de l'arrêté du 24 décembre 2019 :

- l'arrêté est illégal au regard de l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

En tant qu'il porte refus d'imputabilité au service de sa pathologie :

- sauf pour l'administration à justifier que le signataire de l'acte attaqué était titulaire d'une délégation de signature régulièrement publiée, la décision sera entachée d'incompétence ;

- la commission de réforme n'ayant pu valablement délibérer en raison de sa composition et de ses signataires et en l'absence du rapport du médecin de prévention, la décision est entachée de vices de procédure au regard des dispositions du décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;

- l'arrêté n'est pas motivé ;

- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit au regard de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;

- sa maladie étant imputable au service, l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2022, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance en date du 4 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Busidan, rapporteure ;

- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,

- les observations de Me Hanffou, représentant le requérant, présent à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, technicien supérieur de l'économie et de l'industrie affecté depuis le 5 janvier 2015 au sein de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Provence Alpes Côte d'Azur, exerce des fonctions de technicien en charge du contrôle des véhicules. Victime d'un accident du service survenu le 10 mars 2016, reconnu par l'administration pour une pathologie rachidienne lombaire, il forme, par lettre datée du 14 février 2018, une demande d'imputabilité au service d'une autre pathologie, caractérisée par une névralgie cervico-brachiale et des troubles musculo-squelettiques. Le préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur, préfet des Bouches-du-Rhône, a rejeté cette demande d'imputabilité au service une première fois par un arrêté daté du 24 décembre 2019, puis une seconde fois par un arrêté daté du 19 mai 2020, qui procède également au retrait de l'arrêté daté du 24 décembre 2019. Dans l'instance enregistrée sous le numéro 2001640, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 24 décembre 2019, et dans l'instance enregistrée sous le n° 2005448, l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2020.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées concernent la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté daté du 19 mai 2020 :

En tant que cet arrêté procède au retrait de l'arrêté du 24 décembre 2019 :

3. L'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction. ".

4. Si l'administration prétend que M. A aurait présenté un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 24 décembre 2019 par une lettre datée du 23 janvier 2020, elle ne verse pas ce courrier au dossier. Par suite, elle ne peut valablement soutenir qu'elle aurait retiré l'arrêté du 24 décembre 2019 à la demande de l'intéressé, ni que les dispositions précitées de l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration ne s'appliqueraient pas en conséquence. Alors que plus de quatre mois se sont écoulés entre le 24 décembre 2019 et le 19 mai 2020, l'arrêté du 19 mai 2020, en tant qu'il procède au retrait de l'arrêté du 24 décembre 2019, est illégal au regard de l'article L. 243-3 précité et doit être annulé pour ce motif.

En tant qu'il refuse l'imputabilité au service de la pathologie présentée par M. A :

5. D'une part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté en litige : " IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau.// ().// Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ". L'article 47-6 du décret susvisé du 14 mars 1986 prévoit que la commission de réforme est consultée " 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ". Il résulte ainsi de la conjugaison de ces dispositions que la commission de réforme doit être consultée quand l'administration est saisie d'une demande de reconnaissance d'imputabilité au service d'une pathologie ne figurant pas dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale, ce qui est le cas, non contesté par M. A, de la pathologie en litige.

6. D'autre part, l'article 19 du décret susvisé du 14 mars 1986 dispose : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération.// Les avis sont émis à la majorité des membres présents.// Lorsqu'un médecin spécialiste participe à la délibération conjointement avec les deux praticiens de médecine générale, l'un de ces deux derniers s'abstient en cas de vote. ". Par l'effet des articles 12 et 6 de ce même décret, outre le représentant du préfet qui dirige les délibérations mais ne participe pas aux votes, la commission de réforme comprend, en principe, sept personnes, à savoir le chef de service du fonctionnaire intéressé, le directeur des finances publiques ou son représentant, deux représentants du personnel, deux praticiens généralistes et, si nécessaire, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandée la reconnaissance de l'imputabilité au service.

7. Enfin, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

8. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de la commission de réforme saisie de l'imputabilité au service de la pathologie présentée par M. A et réunie le 10 mars 2020, qu'outre la présidente dirigeant les débats, ont siégé la représentante du directeur des finances publiques, un médecin spécialiste, et deux représentants de l'administration, dont la cheffe de service de M. A et le secrétaire général de la DREAL. D'une part, eu égard à la composition de la commission de réforme rappelée au point 6 qui comprend un seul représentant de l'administration, à savoir le chef de service du fonctionnaire intéressé, le secrétaire général ne pouvait ni siéger ni signer l'avis émis. D'autre part, quatre personnes seulement, habilitées à siéger, ont participé à cette réunion, alors que la majorité absolue des membres en exercice de la commission s'établit à cinq. Dès lors, l'avis émis par la commission de réforme l'a été au terme d'une procédure irrégulière, dont les vices relevés ont, en l'espèce, été susceptibles d'exercer une influence sur le sens de la décision prise et ont privé M. A d'une garantie. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre par M. A, l'arrêté du 19 mai 2020 doit également être annulé en tant qu'il rejette la demande d'imputabilité au service de la pathologie que M. A a présentée par courrier daté du 14 février 2018.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté daté du 24 décembre 2019 :

9. Comme il vient d'être dit aux points précédents, l'arrêté du 19 mai 2020 doit être annulé en son intégralité. Par suite, les conclusions à fin de non-lieu, présentées par le préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur et relatives à l'arrêté du 24 décembre 2019, en tant que cet arrêté aurait été retiré par l'arrêté du 19 mai 2020, ne peuvent qu'être rejetées.

10. Comme il a été dit au point 5 du présent jugement, en vertu de la conjugaison des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et de l'article 47-6 du décret susvisé du 14 mars 1986, la commission de réforme doit être consultée quand l'administration est saisie, comme en l'espèce, d'une demande de reconnaissance d'imputabilité au service d'une pathologie ne figurant pas dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Alors qu'il ressort des pièces du dossier, et que l'administration ne conteste pas, que la commission de réforme n'a pas été saisie préalablement à l'arrêté en litige, le moyen tiré pour ce motif de l'irrégularité de la procédure au terme de laquelle l'arrêté du 24 décembre 2019 a été pris doit être accueilli. Ce vice ayant été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise et ayant privé M. A d'une garantie, l'arrêté du 24 décembre 2019 doit être annulé pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre par le requérant.

Sur les conclusions en injonction :

11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. //() ". L'article L. 911-2 du même code dispose : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. //() ". L'article L. 911-3 dudit code prévoit que : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. "

12. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions à fin d'annulation, des conclusions à fin d'injonction tendant à ce que le juge enjoigne à l'autorité administrative de prendre une décision dans un sens déterminé, il incombe au juge de l'excès de pouvoir d'examiner prioritairement les moyens qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de l'injonction demandée. Il en va également ainsi lorsque des conclusions à fin d'injonction sont présentées à titre principal sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire sur le fondement de l'article L. 911-2. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens assortissant la demande principale du requérant mais retient un moyen assortissant sa demande subsidiaire, le juge de l'excès de pouvoir n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler la décision attaquée : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande principale.

13. Alors que la pathologie dont M. A demande la reconnaissance de l'imputabilité au service n'est pas une maladie professionnelle inscrite aux tableaux du code de la sécurité sociale, il repose sur le requérant, en application de l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983, la charge d'en prouver l'imputabilité au service. En l'espèce, au vu, notamment, de la seule première page versée au dossier du certificat médical établi le 27 février 2018 par son médecin traitant, de la circonstance que ce médecin déclare avoir constaté la pathologie en litige à partir de juin 2017 alors que M. A était déjà en arrêt de travail depuis le 3 octobre 2016 et l'est resté continûment jusqu'à la mise à la retraite demandée pour invalidité à compter du 1er septembre 2019, et du lien seulement théorique apparaissant dans certains documents du dossier entre les fonctions exercées par M. A et sa pathologie, le requérant ne peut être regardé comme apportant cette preuve en l'espèce. Dès lors, ses conclusions principales à fin qu'il soit enjoint au préfet de reconnaître imputable au service la pathologie en litige, comme ses conclusions à fin qu'il soit ordonné une expertise, ne peuvent qu'être rejetées.

14. En revanche, l'exécution du présent jugement implique que la demande de M. A soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur de procéder à ce réexamen, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer contre l'Etat (préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur), à défaut pour lui de justifier de l'exécution du présent jugement dans le délai susdit, une astreinte de 100 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.

Sur les frais liés au litige :

15. L'article L. 761-1 du code de justice administrative dispose : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Sur le fondement de ces dispositions et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur) une somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige demandés par le requérant dans chacune des instances susvisées, soit une somme globale de 3 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur, en date des 24 décembre 2019 et 19 mai 2020, refusant l'imputabilité au service de la pathologie présentée par M. A sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur de procéder à un nouvel examen de la demande de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Une astreinte de 100 euros par jour est prononcée à l'encontre de l'Etat (préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur) s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l'article 2 ci-dessus. Le préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le présent jugement.

Article 4 : L'Etat (préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur) versera à M. A la somme globale de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions présentées par M. A dans chacune des instances enregistrées sous les numéros 2001640 et 2005448 est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Hogedez, présidente,

- Mme Busidan, première conseillère,

- M. Peyrot, premier conseiller,

assistés de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

H. BusidanLa présidente de la 2ème chambre,

signé

I. Hogedez

Le greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

7

N°s 2001640, 2005448

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