mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2001823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | ARNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 février 2020, la société Le bar à Bière Le B, représentée par Me Arnaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2020 par lequel le préfet de police des Bouches-du-Rhône a prononcé la fermeture de l'établissement " Le B " pour une durée de trois mois ;
2°) de mettre à la charge du préfet de police des Bouches-du-Rhône la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que la lettre du 3 janvier 2020 du préfet de police ne mentionne ni la nature ni le fondement de la mesure envisagée et n'était accompagnée d'aucun élément de justification, notamment pas d'un compte-rendu des services de police, d'un procès-verbal d'infraction et du compte-rendu du 16 décembre 2019 visé dans l'arrêté ; elle-même n'a reçu aucun élément pourtant sollicité auprès du préfet de police par sa lettre du 10 janvier 2020 ;
- il n'est pas établi que l'établissement a accueilli une personne manifestement ivre et qu'il lui a été quand même servi à boire ; seule une mineure s'est vu servir de l'alcool par le serveur qui pouvait raisonnablement penser qu'elle était majeure ;
- l'arrêté attaqué qui mentionne qu'une procédure judiciaire pour homicide involontaire est diligentée méconnaît le principe de la présomption d'innocence ;
- il est illégal dès lors qu'il ne désigne pas un sujet de droit ;
- le préfet de police ne pouvait légalement tenir compte des deux fermetures de l'établissement survenues avant le début de son activité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2021, la préfète de police des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Le bar à Bière Le B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 février 2020, le préfet de police des Bouches-du-Rhône a prononcé la fermeture pour une durée de trois mois de l'établissement " Le B ", exploité par la société Le bar à Bière Le B. Celle-ci demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements () ". Les mesures de fermeture de débits de boissons ordonnées par le préfet sur le fondement des dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique ont toujours pour objet de prévenir la continuation ou le retour de désordres liés au fonctionnement de l'établissement, indépendamment de toute responsabilité de l'exploitant. Une telle mesure doit être regardée en conséquence comme une mesure de police.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° () constituent une mesure de police ; () ".
4. Par une lettre du 3 janvier 2020, le préfet de police des Bouches-du-Rhône a porté à la connaissance de la société Le bar à Bière Le B les faits dont il l'avait avertie qu'ils étaient susceptibles de donner lieu à une mesure administrative à l'encontre de l'établissement " Le B ". Par une lettre du 10 janvier 2020, la société requérante a fait connaître ses observations à l'administration. Par ailleurs, si elle soutient ne pas avoir été informée de la nature de la mesure annoncée, c'est bien sur une mesure de fermeture administrative qu'elle a présenté ses observations au préfet de police. De plus, si la société soutient qu'aucun document n'était joint à la lettre du 3 janvier 2020, et notamment aucun compte-rendu des services de police et aucun procès-verbal d'infraction, il ressort des termes mêmes de cette lettre qu'elle comporte la description et la date de chacun des faits reprochés, survenus dans la nuit du 18 au 19 octobre 2019 et le 17 novembre 2019. Compte tenu des éléments portés à la connaissance à la société et alors même que le préfet de police n'a pas répondu à sa lettre d'observations, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 3342-1 de code de la santé publique : " La vente des boissons alcooliques à des mineurs est interdite. L'offre de ces boissons à titre gratuit à des mineurs est également interdite dans les débits de boissons et tous commerces ou lieux publics. La personne qui délivre la boisson exige du client qu'il établisse la preuve de sa majorité () ". Aux termes de l'article R. 3353-2 du même code : " Le fait pour les débitants de boissons de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe ".
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du compte-rendu du 16 décembre 2019 des services de police adressé au préfet, que dans la nuit du 18 au 19 octobre 2019, un client régulier de l'établissement " Le B " a été servi par le personnel alors qu'il venait de pénétrer dans les locaux dans un état d'ébriété manifeste. A la sortie de l'établissement, il a été pris à partie par un groupe de jeunes qui se sont amusés de son état d'ivresse. L'un d'entre eux lui a porté un coup à la tête provoquant son décès. Une procédure judiciaire pour homicide involontaire a par suite été diligentée. De plus, le 17 novembre 2019 vers 17 heures, une mineure de 17 ans et l'une de ses amies ont pu consommer de l'alcool dans l'établissement sans que le serveur ne contrôle l'âge de la première. En se bornant à prétendre qu'elle semblait majeure et que le serveur connaissait sa mère, la société n'établit pas que ce dernier aurait été induit en erreur sur la minorité de la cliente. Enfin, la circonstance que l'arrêté attaqué ne mentionne l'âge que de celle-ci n'est pas de nature, elle non plus, à mettre en cause la réalité des faits allégués.
7. En dernier lieu, la société Le bar à Bière Le B ne peut utilement soutenir que la mesure contestée, qui constitue une mesure de police administrative, méconnaîtrait le principe de la présomption d'innocence, dès lors que celui-ci ne trouve application qu'en matière répressive. Par ailleurs, une telle mesure visant un établissement et non la personne de son exploitant, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué serait dirigé à tort contre l'établissement " Le B " au motif qu'il serait dépourvu de personnalité juridique. Enfin, si dans sa lettre du 3 janvier 2020, le préfet de police a mentionné que l'établissement a déjà fait l'objet de quatre fermetures précédentes de quinze jours en mars 2013, un mois en juillet 2013, deux mois en février 2018 et quinze jours en mai 2019, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait tenu compte de ces mesures, notamment de celles survenues avant le rachat du fonds de commerce par la société et le début de son activité le 25 novembre 2013, pour décider de prononcer la fermeture de l'établissement pour trois mois.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 février 2020 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Le bar à Bière Le B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. Par ailleurs, la présente instance n'ayant occasionné aucun des frais prévus par les dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées en ce sens par la société Le bar à Bière Le B doivent, en tout état de cause, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Le bar à Bière Le B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Le bar à Bière Le B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au préfet de police des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
E.-M. A
La présidente,
Signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026