jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2001878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MARECHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mars 2020, Mme A C, représentée par Me Maréchal, demande au tribunal d'annuler la décision du 20 décembre 2019 par laquelle le directeur des relations sociales, des règles RH et des instances réglementaires nationales de La Poste lui a infligé la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans dont un an avec sursis.
Elle soutient que :
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis et n'ont pas fait l'objet d'un dépôt de plainte ;
- la décision litigieuse est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la sanction infligée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2020, La Poste, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une lettre du 1er avril 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative, que la clôture immédiate de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 30 avril 2021.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 18 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi du n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service de la poste et des télécommunications ;
- le décret n° 90-1111 loi du 12 décembre 1990 portant statut de La Poste ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public ;
- les observations de Me Tosi pour la société La Poste.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, recrutée le 19 juillet 1999 par La Poste, occupe des fonctions de cadre organisatrice du courrier au sein de la plateforme de distribution du courrier Marseille Corniche et Calanques. Elle demande au tribunal l'annulation de la décision du 20 décembre 2019 par laquelle le directeur des relations sociales, des règles RH et des instances réglementaires nationales lui a infligé la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans dont un an avec sursis.
2. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. () ". Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. () Troisième groupe : () /- l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois mois à deux ans ; () L'exclusion temporaire de fonctions, qui est privative de toute rémunération, peut être assortie d'un sursis total ou partiel () ".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. En l'espèce, pour prononcer la sanction en litige, la société La Poste s'est fondée sur des faits précis établis par les pièces du dossier contrairement à ce que soutient la requérante. En effet, s'agissant du grief relatif à un geste déplacé à connotation sexuelle sur un agent prestataire le 16 décembre 2017, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation d'un témoin, que Mme C a touché les parties génitales d'un agent sans son consentement. Les enregistrements vidéo, visionnés par le directeur et plusieurs cadres, ont consigné ce geste, l'agent prestataire concerné ayant en outre confirmé les faits lors d'un entretien et par un témoignage écrit versé au dossier. S'agissant du grief relatif à un comportement et des propos inadaptés à connotation sexuelle à destination des postiers dans les locaux et pendant les heures de service, il ressort de plusieurs auditions, du rapport d'enquête et de l'enquête sociale que la requérante a eu, à plusieurs reprises, des propos déplacés à caractère sexuel ou ambigu envers certains collègues, et a également eu parfois un comportement inadapté à connotation sexuelle. Il suit de là que ces faits, dont la matérialité est établie, doivent être regardés comme étant constitutifs de fautes de nature à justifier une sanction disciplinaire. Ces manquements constituent des fautes présentant un caractère de gravité suffisante pour justifier, sans erreur d'appréciation, la sanction de l'exclusion temporaire pour une durée de deux ans dont un avec sursis. La circonstance qu'aucune poursuite pénale n'a été diligentée à l'encontre de la requérante est sans incidence sur la possibilité qu'a l'autorité administrative d'apprécier si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application d'une sanction administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision contestée.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par La Poste sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de La Poste, qui n'est pas la partie perdante à l'instance une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société La Poste tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à La Poste.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Fedi, présidente,
- Mme Le Mestric première conseillère,
- Mme Houvet conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
A. BLa présidente,
Signé
C. FEDI
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2001878
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026