jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ALPAZUR AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés les 6 mars 2020, 4 août 2022 et 27 octobre 2022, Mme C B, représentée par Me Aoudiani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 15 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de Champcella a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Champcella la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération du 5 juillet 2018 par laquelle le conseil municipal a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme n'a pas été notifiée aux personnes publiques associées, en méconnaissance des dispositions de l'article L.153-11 du code de l'urbanisme ;
- le classement des parcelles cadastrées C 1688 et C 1689 en zone A est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- un tel classement est en outre incohérent au regard des orientations du projet d'aménagement et de développement durables.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 30 juin et 30 août 2022, la commune de Champcella, représentée par Me Loiseau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 600 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est tardive et par suite irrecevable et, à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- les observations de Me Loiseau pour la commune de Champcella.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 15 octobre 2019, le conseil municipal de Champcella (Hautes-Alpes) a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par sa requête, Mme B en demande l'annulation.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'art L.153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L.153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L.103-3. / La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. () ".
3. La délibération du 5 juillet 2018 prescrivant l'élaboration du plan local d'urbanisme prévoit expressément sa notification aux personnes publiques associées qu'elle énumère. En l'absence d'éléments circonstanciés avancés par la requérante au soutien de son moyen tiré de l'absence de notification aux personnes publiques associées de cette délibération, ses allégations ne sauraient remettre en cause ces mentions factuelles précises, qui au demeurant, font foi jusqu'à preuve du contraire. En outre, il ressort du rapport du commissaire enquêteur et des visas même de la délibération attaquée que les personnes publiques associées ont été consultés sur le projet arrêté de plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure au regard de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ". Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée.
5. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de définir des zones urbaines normalement constructibles et des zones dans lesquelles les constructions peuvent être limitées ou interdites. Ils ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme ou par la qualification juridique qui a pu être reconnue antérieurement à certaines zones sur le fondement d'une réglementation d'urbanisme différente. L'appréciation à laquelle ils se livrent ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste ou de détournement de pouvoir.
6. Mme B critique le classement en zone agricole A de ses parcelles cadastrées C 1688 et C 1689 situées au lieu-dit " Le Chambon ". Si l'espace composé par ces deux parcelles se situe à proximité des constructions composant le bourg situées au nord et de quelques constructions éparses situées au sud-est, il ressort toutefois des pièces du dossier que les deux parcelles sont nues de toute construction, ne sont pas dépourvues de potentiel agronomique et font partie d'une zone agricole plus vaste qui s'étend à l'ouest. Par ailleurs, les auteurs du plan local d'urbanisme ont pris le parti de limiter l'extension de l'urbanisation à une superficie totale de 1,98 hectare, sur deux zones précises, situées d'une part au nord du hameau du Chambon et, d'autre part, au sud du bourg de Champcella. Il n'est pas contesté que cette superficie du potentiel constructible de la commune est suffisante pour répondre à l'orientation n°1 du plan d'aménagement et de développement durable (PADD) qui souhaite " Permettre l'accueil de nouvelles populations et le développement économique ". En outre, le souhait de resserrer l'enveloppe urbaine sur les autres secteurs, notamment au sud du Chambon, a pour objectif, outre le respect des obligations de la commune en matière de protection des surfaces agricoles, de répondre à l'orientation n°2 du PADD d'" assurer un développement urbain organisé et en harmonie avec l'existant " et à son objectif de " modérer la consommation de l'espace urbain et de lutter contre l'étalement urbain ". Dans ces conditions, le classement desdites parcelles en zone agricole, qui n'est pas entaché d'incohérence au regard des orientations du PADD, ne repose pas sur une appréciation manifestement erronée.
7. Enfin, la circonstance, aussi regrettable soit-elle, qu'un tel classement en zone agricole priverait la requérante d'une part substantielle de son héritage, ce qui n'est au demeurant pas établi, est en tout état de cause sans influence sur l'application de la règle d'urbanisme. Si le commissaire enquêteur évoque la nécessité de " retravailler " le secteur afin de prendre en compte la situation de Mme B, un tel argument est aussi étranger aux motifs d'urbanisme, et la commune n'était en tout état de cause pas tenue d'y faire droit ni même d'y répondre.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération du 15 octobre 2019.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Champcella, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que demande Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B le paiement d'une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Champcella au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Champcella la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Champcella.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller,
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
P. ALa présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026