mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 mars, 7 août et 2 novembre 2020, le 25 janvier 2021 et le 3 octobre 2022, M. A E et Mme B D épouse E, représentés par Me Laydevant, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019 et la décision du 7 janvier 2020 rejetant leur recours gracieux du 26 novembre 2019 en tant qu'ils les désignent comme propriétaires du mur de soutènement de leur villa dite " Les violettes ", située 2 montée des Vraies Richesses à Manosque (04100) ;
2°) de condamner la commune de Manosque à leur verser la somme totale de 299 018,60 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis à la suite de l'effondrement du mur de soutènement, cette somme devant être assortie des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de la requête et de la capitalisation des intérêts ;
3°) d'enjoindre à la commune de Manosque de reconstruire le mur de soutènement dans son état antérieur dans le délai de neuf mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant à fixer par le tribunal ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Manosque la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté du 4 novembre 2019 portant péril imminent a été pris par une autorité incompétente ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- le mur de soutènement qui s'est effondré dans la nuit du 23 au 24 octobre 2019 appartient au domaine public de la commune de Manosque et, par suite, le maire ne pouvait légalement mettre à leur charge les travaux prescrits par l'arrêté du 4 novembre 2019 ; aucun document ou circonstance ne permet d'établir qu'ils sont propriétaires du mur de soutènement et notamment pas leur acte de propriété, les plans établis à l'occasion d'un projet d'alignement en 1987 et la présence d'un portillon et d'un escalier permettant d'accéder à la propriété ; la présence du mur de soutènement évite la chute sur la voie publique de matériaux provenant de la parcelle qui la surplombe ;
- l'illégalité de l'arrêté du 4 novembre 2019 en tant qu'il met à leur charge l'obligation de réaliser les travaux prescrits en leur qualité de propriétaires du mur de soutènement constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Manosque ; celle-ci doit être condamnée à leur verser la somme de 11 000 euros au titre du préjudice financier qu'ils ont subi ;
- le mur de soutènement a eu pour objet dès l'origine la protection de la voie desservant une partie du flanc de la colline et non la délimitation de leur propriété ; ce mur qui présente un lien physique étroit avec la voie publique est un accessoire de cette voie ; la responsabilité sans faute de la commune de Manosque du fait de l'existence de ce mur, ouvrage public, est engagée ;
- ils ont droit à la réparation, sur le fondement de la responsabilité sans faute de la commune, de leur préjudice financier lié à la nécessité de remettre en état le terrain de leur propriété, à la perte de valeur de celle-ci et à la perte de salaire du requérant, ainsi qu'à la perte de jouissance de la villa et à leur préjudice moral et d'agrément ;
- la présence des arbres de leur propriété au surplomb du mur de soutènement n'est pas à l'origine de l'effondrement de ce mur et n'exonère pas la commune de Manosque de sa responsabilité ;
- la commune de Manosque doit se voir enjoindre de reconstruire le mur de soutènement dès lors que la sécurité de leur propriété n'est plus assurée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 juin et 21 décembre 2020 et un mémoire enregistré le 22 novembre 2022, non communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, la commune de Manosque, représentée par Me Berguet, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019, au rejet des conclusions à fin d'injonction ainsi que des conclusions indemnitaires et à la mise à la charge des requérants de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il y a lieu de prononcer un non-lieu sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019, dès lors que les travaux prescrits ont été réalisés et qu'un arrêté de mainlevée a été pris par le maire le 7 janvier 2020 sur la base d'un rapport établi par un expert ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- sa responsabilité est atténuée du fait de la faute des requérants dans la survenue des dommages.
Vu :
- l'ordonnance n° 1909131 du 14 novembre 2019 par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. C ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Berguet, représentant la commune de Manosque.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme E sont propriétaires de la villa dite " Les violettes " située 2 montée des Vraies Richesses à Manosque (04100). Cette propriété est longée par un mur de soutènement d'environ quatre mètres de haut, cadastré 112 AR 9, qu'elle surplombe, et au pied duquel se trouve la voie publique. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 2019, ce mur s'est effondré sur une longueur de 15 mètres. A la suite de l'examen du site par le service de restauration des terrains en montagne (RTM), le maire a mis en demeure les requérants, par un arrêté n° 2019-1008 du 24 octobre 2019, de procéder de manière urgente à l'abattage des arbres situés à l'aplomb du mur et menaçant la sécurité des domaines public et privé. Aprés l'abattage de ces arbres et de la sécurisation de la voie de circulation, un expert désigné par le tribunal administratif de Marseille s'est rendu sur place. A la suite de la remise de son rapport de visite, le premier adjoint au maire a constaté l'état de péril imminent du site et a ordonné aux requérants de prendre les mesures d'urgence prescrites par l'expert par un arrêté n° 2019-1040 du 4 novembre 2019 pris sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation. Les travaux ont été réalisés puis validés par l'expert le 2 décembre 2019. Le maire a prononcé la mainlevée de l'arrêté n° 2019-1040 du 4 novembre 2019 par un arrêté n° 2020-8 du 7 janvier 2020. Par une lettre du 26 novembre 2019, les requérants ont demandé à la commune d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2019 au motif qu'ils n'étaient pas propriétaires de la parcelle sur laquelle était située la partie du mur de soutènement qui s'est effondrée et que cette parcelle appartenait au domaine public. Cette demande a été rejetée par une décision du 7 janvier 2020.
2. Les requérants demandent au tribunal d'annuler partiellement l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019 ainsi que la décision du 9 janvier 2020 rejetant leur recours gracieux du 26 novembre 2019 en tant qu'ils les ont désignés comme propriétaires du mur de soutènement, de condamner la commune de Manosque à leur verser la somme totale de 299 018,60 euros en réparation de leur préjudice financier lié à la nécessité de remettre en état le terrain de leur propriété, à la perte de valeur de celle-ci et à la perte de salaire du requérant ainsi que de leur préjudice de jouissance et de leur préjudice moral et d'agrément, et de lui enjoindre de reconstruire le mur dans son état antérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer opposée aux conclusions à fin d'annulation partielle de l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019 :
3. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. / Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais () ".
4. La contestation d'un arrêté de péril imminent pris sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
5. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 7 janvier 2020, le maire de la commune de Manosque a mis fin à la procédure de péril imminent ouverte par l'arrêté du 4 novembre 2019 au motif de la pleine réalisation dans les règles de l'art des travaux prescrits. Si une telle circonstance a pour effet de rendre sans objet toute contestation relative aux travaux désignés par cet arrêté, il n'en est pas de même de celles, qui sont au demeurant les seules présentées en l'espèce par les requérants, relatives aux dispositions de cet arrêté par lesquelles a été mis à leur charge le paiement de ces travaux au motif qu'ils étaient propriétaires du mur de soutènement qui s'est effondré. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation de cette décision partielle de l'arrêté du 4 novembre 2019 ont conservé leur objet et, par suite, il y a lieu d'y statuer.
En ce qui concerne le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019 en tant qu'il désigne les requérants comme propriétaires du mur de soutènement effondré :
6. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Aux termes de l'article L. 2111-2 du même code : " Font également partie du domaine public les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 qui, concourant à l'utilisation d'un bien appartenant au domaine public, en constituent un accessoire indissociable ".
7. En l'absence de titre en attribuant la propriété aux propriétaires des parcelles en bordure desquelles il est édifié ou à des tiers, un mur situé à l'aplomb d'une voie publique et dont la présence évite la chute de matériaux qui pourraient provenir des fonds qui la surplombent doit être regardé comme un accessoire de la voie publique, même s'il a aussi pour fonction de maintenir les terres des parcelles qui la bordent.
8. Il ressort des pièces du dossier que l'acte notarié du 18 février 1998 par lequel les requérants ont acquis l'immeuble surplombant le mur de soutènement ne comporte aucune mention faisant référence à ce mur et ne peut être regardé comme se prononçant sur la propriété de celui-ci, étant précisé que la mention portée à la page 3 de cet acte notarié, aux termes de laquelle " tel qu'il existe avec toutes ses attenances, dépendances, tous immeubles par destination qui en dépendent et tous droits y attachés, sans exception ni réserve ", ne saurait, eu égard à son caractère très général, être regardée comme établissant que les requérants sont propriétaires de ce mur. De plus, le plan cadastral produit par la commune de Manosque et dont l'objet était de visualiser un projet d'alignement datant de 1987 n'est pas plus de nature à établir que les requérants sont propriétaires de ce mur de soutènement, dès lors qu'un tel document ne constitue pas un titre de propriété. Il en est de même de la circonstance qu'un des propriétaires concernés par ce projet aurait refusé de céder une partie de ses terres. En outre, l'existence d'un portillon et d'un escalier intégrés dans le mur de soutènement et servant à accéder à la propriété des requérants ne confère pas la propriété du mur à ceux-ci en dépit du caractère privé de ces aménagements. Si la commune de Manosque fait valoir qu'elle ne détient aucun titre de propriété concernant le mur de soutènement, cette circonstance est insuffisante pour établir le caractère privé de ce mur, et ce alors qu'il résulte la situation même de celui-ci qu'il a également pour effet de prévenir les chutes de matériaux provenant des terres qui le surplombent. Dans ces conditions, il présente le caractère d'un accessoire de la voie publique que constitue la montée des Vraies Richesses. Ainsi, la commune de Manosque, qui doit être regardée comme propriétaire de ce mur, n'a pu légalement mettre à la charge des requérants la réalisation des travaux prescrits par l'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019 au motif qu'ils en auraient été propriétaires. Dès lors, cet arrêté en tant qu'il leur attribue à tort cette qualité ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 9 janvier 2020 rejetant leur recours gracieux du 26 novembre 2019 doivent être annulés.
Sur la responsabilité et les préjudices :
9. D'une part, l'illégalité de la décision par laquelle une personne publique met à la charge des riverains d'un ouvrage public l'exécution de travaux de nature à mettre fin à un péril imminent constitue, à supposer même qu'elle ne soit imputable qu'à une simple erreur d'appréciation, une faute de nature à engager la responsabilité de la personne publique.
10. Ainsi qu'il a été dit au point 8, la commune de Manosque a entaché d'illégalité son arrêté du 4 novembre 2019 en tant qu'il met à la charge des requérants le montant des travaux réalisés pour mettre fin à la situation de péril imminent survenue à la suite de l'effondrement du mur de soutènement. Cette illégalité étant de nature à engager la responsabilité pour faute de la commune, les requérants sont fondés à demander réparation des dommages en découlant le cas échéant.
11. D'autre part, le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
12. Il résulte de l'instruction que l'effondrement du mur de soutènement, accessoire de la voie publique que constitue la montée des Vraies Richesses, est de nature à engager la responsabilité sans faute de la commune de Manosque envers les requérants, tiers à l'ouvrage, qui sont ainsi fondés à demander réparation, réserve faite d'éventuelles causes exonératoires, des dommages causés le cas échéant par cet évènement.
13. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ".
14. L'état du dossier ne permet au tribunal ni de connaître les causes de l'effondrement du mur de soutènement de la villa dite " Les violettes " située au 2 montée des Vraies Richesses sur le territoire de la commune de Manosque, ni la nature et l'étendue des préjudices subis à la suite de cet événement. Par suite, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une expertise sur ces points.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de péril imminent du 4 novembre 2019 pris par la commune de Manosque à la suite de l'effondrement du mur de soutènement situé à l'aplomb de la propriété de M. E et à Mme D épouse E, dite villa " Les violettes ", située 2 montée des Vraies Richesses à Manosque (04100), ainsi que la décision du 9 janvier 2020 rejetant le recours gracieux du 26 novembre 2019, sont annulés en tant qu'ils mettent à la charge des requérants le montant des travaux prescrits par cet arrêté.
Article 2 : Il sera, avant de statuer sur le surplus de la requête de M. E et Mme D épouse E, procédé par un expert désigné par la présidente du tribunal administratif de Marseille à une expertise.
Article 3 : L'expert aura pour mission :
1°) de convoquer les parties, de se rendre sur les lieux de l'effondrement du mur de soutènement situé à l'aplomb de la propriété de M. E et à Mme D épouse E, villa " Les violettes " située 2 montée des Vraies Richesses à Manosque (04100), de se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission et d'entendre les parties et toute personne susceptible de l'éclairer ;
2°) de fournir tous éléments techniques et de fait permettant de déterminer les causes de l'effondrement du mur de soutènement, notamment dans le cadre d'un éventuel défaut d'entretien de ce mur par la commune de Manosque et d'une éventuelle faute de M. E et de Mme D épouse E se trouvant à l'origine de l'effondrement de cet ouvrage, et de préciser la part respective de chaque cause (pourcentage) ;
3°) de décrire les désordres affectant le mur de soutènement ainsi que la propriété de M. E et à Mme D épouse E, d'en préciser la nature, l'ampleur, la date d'apparition et l'évolution, d'en déterminer les causes et, en cas de causes multiples, d'indiquer la part imputable (pourcentage) à chacune des causes ;
4°) de déterminer les travaux propres à remédier et à mettre fin aux désordres affectant le mur de soutènement ainsi que la propriété de M. E et à Mme D épouse E ;
5°) de fournir tous éléments permettant à la juridiction d'évaluer l'ensemble des préjudices subis par M. E et Mme D épouse E, notamment le coût des travaux dont le remblai et le nivellement de leur terrain préalable à la plantation de nouveaux arbres, la réfection de la pelouse, des allées, de l'arrosage et de la clôture, ainsi que la perte vénale de la propriété, la perte de salaire de M. E et la perte de jouissance, la perte d'agrément et le préjudice moral des requérants ;
6°) de fournir tous éléments permettant à la juridiction d'évaluer le coût des travaux de réparation du mur de soutènement ;
7°) d'une manière générale, d'apporter tous éléments qui seraient utiles à la solution du litige par la juridiction.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif de Marseille.
Article 5 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 6 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement en présence de M. E, de Mme D épouse E et de la commune de Manosque ou de leurs représentants.
Article 7 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 8 : L'expert déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires avant le délai de six mois à compter de sa désignation. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 9 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal administratif de Marseille liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 10 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Mme B D épouse E et à la commune de Manosque.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
La présidente,
Signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026