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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2002119

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2002119

mercredi 23 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2002119
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL GRIMALDI-MOLINA & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête, enregistrée le 9 mars 2020 sous le numéro 2002119 et un mémoire, enregistré le 20 janvier 2022, Mme C, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :

1°) à titre principal, de prononcer un non-lieu à statuer ;

2°) à titre subsidiaire :

- d'annuler la décision du 9 janvier 2020 par laquelle le maire de Ceyreste a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux du 18 janvier 2020 ;

- d'enjoindre à la commune de Ceyreste de réexaminer sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la commune a retiré la décision critiquée en cours d'instance alors que celle-ci était entachée d'illégalité ;

- subsidiairement, la requête est recevable ;

- l'arrêté du 9 janvier 2020 n'est pas suffisamment motivé ;

- la commission de réforme n'a pas été consultée ;

- le médecin de prévention n'a pas été informé de la réunion de la commission de réforme et son rapport écrit n'a pas été transmis à la commission de réforme ;

- l'avis qui a été rendu par la commission de réforme départementale, dans sa séance du 15 décembre 2020, est irrégulier dès lors qu'aucun représentant de l'administration n'était présent ;

- la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 27 mai 2021 et 1er février 2022, la commune de Ceyreste, représentée par Me Sindres, conclut :

1°) au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à ce que soit mise à la charge de Mme C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'arrêté du 17 décembre 2020 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme C, qui a fait disparaître la décision attaquée, rend la requête sans objet ;

- la requête est irrecevable ;

- les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 août 2022.

II- Par une requête, enregistrée le 18 mars 2021 sous le numéro 2102376 et un mémoire, enregistré le 20 janvier 2022, Mme C, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le maire de Ceyreste a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie ;

2°) d'enjoindre à la commune de Ceyreste de réexaminer sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté du 17 décembre 2020 n'est pas suffisamment motivé ;

- le médecin de prévention n'a pas été informé de la réunion de la commission de réforme et son rapport écrit n'a pas été transmis à la commission de réforme ;

- l'avis qui a été rendu par la commission départementale de réforme, dans sa séance du 15 décembre 2020, est irrégulier dès lors qu'aucun représentant de l'administration n'était présent ;

- la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2021 et une pièce complémentaire enregistrée le 17 mai 2022, la commune de Ceyreste, représentée par Me Sindres, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par une lettre du 16 mars 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative, que la clôture immédiate de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 16 mai 2022.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 8 juillet 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,

- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,

- les observations de Me Barlet, représentant Mme C, et celles de Me Chavalarias, représentant la commune de Ceyreste.

Des notes en délibéré présentées pour Mme C ont été enregistrées le 14 novembre 2022 dans les deux instances susvisées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, adjointe administrative territoriale principale de 2ème classe, qui occupait le poste d'instructrice des autorisations d'urbanisme au sein des services de la commune de Ceyreste, a demandé au maire de cette commune, le 26 décembre 2019, la reconnaissance de l'imputabilité au service des arrêts de travail des 16 octobre, 30 octobre et 21 novembre 2019 dont elle a fait l'objet. Par une décision du 9 janvier 2020, le maire a opposé un refus à cette demande. Son recours gracieux présenté à l'encontre de cette décision de rejet le 18 janvier 2020 n'a fait l'objet d'aucune réponse. Mme C a de nouveau sollicité l'imputabilité au service de sa pathologie par une demande du 3 mars 2020 qui a été rejetée par décision du maire du 23 juillet 2020. Mme C a formé un recours gracieux contre cette décision le 25 septembre 2020. En raison d'une irrégularité de procédure, la commune a retiré la décision du 23 juillet 2020 par un arrêté du 6 octobre 2020. La commission départementale de réforme, saisie de la demande, a émis le 15 décembre 2020 un avis neutre, par deux voix pour et deux voix contre. Par un nouvel arrêté du 17 décembre 2020 notifié le 20 janvier 2021, le maire de la commune de Ceyreste a refusé de reconnaître la maladie déclarée par Mme C imputable au service et a placé l'intéressée en congé de maladie ordinaire du 16 octobre 2019 au 13 septembre 2020. Par la requête enregistrée sous le numéro 2002119, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 9 janvier 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par une seconde requête enregistrée sous le numéro 2102376, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 17 décembre 2020.

2. Les requêtes de Mme C enregistrées sous les numéros 2002119 et 2102376 présentent à juger la situation d'une même fonctionnaire territoriale et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 janvier 2020 : :

3. Par un mémoire enregistré le 20 janvier 2022, Mme C a indiqué à titre principal que, le retrait de la décision du 9 janvier 2020 ayant été décidé par la commune de Ceyreste le 17 décembre 2020 en conséquence de son illégalité, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 9 janvier 2020 étaient ainsi devenues sans objet. Ces conclusions doivent être regardées comme un désistement pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 décembre 2020 :

4. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée, dès lors que les arrêts de travail de Mme C sont postérieurs à l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 19 janvier 2017, désormais codifié à l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. (). IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ".

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Les décisions refusant à un fonctionnaire le bénéfice de la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident ou d'une maladie doivent être regardées comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elles doivent en conséquence être motivées en droit et en fait.

6. L'arrêté du 17 décembre 2020 vise les dispositions légales et réglementaires applicables à la situation de Mme C, en particulier l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983 et le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, et se réfère à l'avis de la commission de réforme du 15 décembre 2020. Il énonce également, au titre des motifs de fait, qu'après examen de sa demande et recueil de l'avis de la commission de réforme, il n'est pas établi que la pathologie de Mme C serait essentiellement et directement causée par l'exercice de ses fonctions ni qu'elle entrainerait une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. Il en résulte que la décision attaquée, prise au vu de l'ensemble de ces éléments, est, contrairement à ce que soutient la requérante et nonobstant l'absence de précisions à caractère médical que la commune n'était pas tenue d'indiquer, suffisamment motivée en fait. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige, qui manque en fait, doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable à la présente espèce : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 () ". L'article 16 du même décret, jusqu'à son abrogation par le décret du 10 avril 2019, prévoyait également que le dossier soumis à la commission de réforme devait comprendre un rapport écrit du médecin de prévention.

8. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

9. Mme C soutient que le médecin du service de médecine professionnelle n'a pas été averti de la réunion de la commission de réforme le 15 décembre 2020 et qu'il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal de la commission de réforme réunie à cette date, que celle-ci aurait obtenu le rapport du Dr F, médecin du service de médecine professionnelle et préventive. Toutefois, s'il n'est pas établi en l'espèce que le médecin du service de médecine préventive aurait été effectivement informé de la réunion de la commission départementale de réforme du 15 décembre 2020, ce médecin avait déjà remis son rapport, en date du 16 juillet 2020, à l'occasion d'une précédente réunion de la commission de réforme appelée à se prononcer sur la situation de Mme C le 20 juillet 2020, et il ressort d'un courriel du chef de service des instances médicales du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Bouches-du-Rhône du 17 mai 2022, dont la teneur n'est pas contestée, que ce rapport a été amendé par un complément d'information le 15 décembre 2020, remis le jour même aux membres de la commission de réforme. En tout état de cause, Mme C ne pouvait être privée d'aucune garantie dès lors que, d'une part, il n'est pas contesté que la commission s'est prononcée au regard du dossier médical de l'intéressée, et que, d'autre part, il ne ressort d'aucun élément du dossier que, dans les circonstances de l'espèce, ce défaut d'information aurait pu être de nature à exercer une influence sur le sens de la décision attaquée.

10. En outre, Mme C ne peut utilement invoquer sur ce point la méconnaissance de l'article 26 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, qui ne régit pas la situation des fonctionnaires territoriaux, et qui a été abrogé depuis le 24 février 2019. Enfin, à supposer invoqué le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 16 du décret du 30 juillet 1987, imposant qu'un rapport écrit du médecin chargé de la prévention figure dans le dossier soumis à la commission de réforme, cette disposition a de même été abrogée depuis le 10 avril 2019, de sorte que le moyen, inopérant, ne peut qu'être écarté.

11. En troisième lieu, l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents publics de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière prévoit que la commission de réforme comprend, notamment, deux praticiens de médecine générale auxquels est adjoint, s'il y a lieu, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes, deux représentants de l'administration et deux représentants du personnel. Aux termes de l'article 17 du même arrêté : " La commission ne peut délibérer valablement que si au moins quatre de ses membres ayant voix délibérative assistent à la séance. Deux praticiens, titulaires ou suppléants, doivent obligatoirement être présents (). Les avis sont émis à la majorité des membres présents. Ils doivent être motivés, dans le respect du secret médical () ".

12. Il ressort du procès-verbal de la séance du 15 décembre 2020 de la commission de réforme, qu'étaient présents deux représentants du personnel, aux côtés de deux médecins généralistes, en plus de la présidente. Il en résulte que le quorum de quatre membres titulaires, prévu par les dispositions précitées au point précédent, était dès lors réuni. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de consultation de la commission de réforme en l'absence de représentants de l'administration doit être écarté.

13. En quatrième lieu, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il appartient au juge d'apprécier si les conditions de travail du fonctionnaire peuvent, même en l'absence de volonté délibérée de nuire à l'agent, être regardées comme étant directement à l'origine de la maladie dont la reconnaissance comme maladie professionnelle est demandée.

14. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a présenté un syndrome dépressif dans un contexte de difficultés professionnelles. Toutefois, si le docteur E, psychiatre, auteur de l'arrêt de travail du 16 octobre 2019 et de trois arrêts de travail de prolongation établis les 30 octobre, 21 novembre 2019 et 2 janvier 2020, a mentionné un " syndrome anxiodépressif " et un " effondrement dépressif sur fond de harcèlement professionnel ", et évoque le 28 janvier 2020 l'existence d'éléments relatifs à un burn-out professionnel, il ne ressort d'aucune autre pièce au dossier, en particulier des divers documents médicaux produits, que la pathologie de Mme C serait directement imputable au service. En effet, le docteur A, dans son attestation du 3 février 2020, ainsi que le docteur F, médecin de prévention, dans son rapport du 16 juillet 2020 transmis à la commission de réforme, relatent les allégations de la requérante relatives à un " vécu professionnel difficile ", sans conclure à l'imputabilité au service de la pathologie déclarée par Mme C. Les docteurs Prosperi le 1er septembre 2020 et Dumas le 16 juillet 2020, se bornent également à évoquer, en relayant les déclarations de la requérante, un contexte professionnel difficile. En outre, le docteur B, dans son expertise du 6 mai 2020 destinée à la commission de réforme, évoque un état dépressif en cours d'évolution favorable et une fragilité psychiatrique ainsi que des troubles anxieux, et le docteur G relève, dans les conclusions d'un rapport d'expertise du 4 décembre 2020, que Mme C a présenté un " deuxième épisode dépressif majeur caractérisé, d'intensité moyenne, dans un contexte de difficultés professionnelles, chez un sujet présentant des éléments de vulnérabilité de la personnalité et des antécédents de trouble psychique ". Le docteur E rappelle également, dans un certificat établi le 11 septembre 2020, qu'elle suit Mme C dans un contexte de fragilité psychologique consécutive à des tensions à son travail avec éléments de burn-out professionnel. Si la requérante invoque, au soutien de son affirmation du contexte professionnel difficile dans lequel elle a évolué, la surcharge de travail et l'état de sous-effectif du personnel communal, de même que l'existence d'un climat délétère au sein du personnel après le recrutement du directeur général des services, elle ne joint pas d'autres éléments à ce titre qu'une attestation du 14 juillet 2020 d'un adjoint au maire ayant démissionné en septembre 2019, qui est insuffisante à établir que ses conditions de travail étaient dégradées et seraient directement à l'origine de la pathologie au titre de laquelle elle a été placée en congé de maladie depuis le 16 octobre 2019.

15. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de lien de causalité direct et certain entre la pathologie et le service, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le maire de Ceyreste a rejeté sa demande d'imputabilité au service de sa pathologie aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et serait entachée d'illégalité. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

16. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision du maire de Ceyreste du 17 décembre 2020, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C doivent être rejetées.

Sur les frais liés aux litiges :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Ceyreste, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n° 2102376, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante les sommes que demande la commune sur le fondement de ces dernières dispositions dans les instances susvisées.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de Mme C à fin d'annulation de la décision du maire de Ceyreste du 9 janvier 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par Mme C est rejetée.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Ceyreste tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la commune de Ceyreste.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Felmy, première conseillère,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.

La rapporteure,

signé

E. Felmy

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2

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