lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002266 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ROUANET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 mars 2020, le 26 mai 2020 et le 15 juillet 2020, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du 27 janvier 2020 par laquelle le conseil municipal de Rambaud a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme (PLU), en tant qu'elle répertorie la zone Devant de Ville n°2 en zone AU2.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir en tant qu'habitant de la commune ;
- le mémoire en défense du 13 mai 2020 est irrecevable en l'absence de mention de son initiateur ;
- la terminologie utilisée dans le PLU ne permet pas de distinguer les différentes zones AU en méconnaissance de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme ;
- le rapport de présentation du PLU est insuffisant ;
- une servitude grevant l'entièreté d'une zone libellée AU2 au profit du lotissement Pré Vescal est omise du règlement du PLU ;
- les risques naturels auxquels sont soumises la commune et la zone Devant de Ville 2 ne sont pas pris en compte par le PLU ;
- ces omissions constituent des dissimulations de la part des auteurs du PLU quant aux possibilités d'urbanisation de la commune.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 mai 2020 et le 19 juin 2020, la commune de Rambaud, représentée par Me Rouanet, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-M. B ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
-les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 octobre 2020, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 10 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 27 juin 2020, le conseil municipal de Rambaud a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de cette délibération, en tant qu'elle répertorie la zone Devant de Ville n°2 en zone AU2.
Sur la recevabilité des mémoires en défense :
2. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () / 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 10 avril 2014, le conseil municipal de Rambaud a autorisé le maire à défendre les intérêts de la commune dans les actions intentées contre elle. Il n'y a, par suite, pas lieu d'écarter ses mémoires de l'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. ()". Aux termes de l'article R. 151-20 du même code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. ".
5. Si M. B soutient que la dénomination " 2 AU " concernant la zone Devant de Ville 2 serait erronée, les lettres devant précéder les chiffres, une telle exigence n'est pas requise par les textes précités relatif aux zones AU. En outre, la circonstance que les auteurs du PLU aient subordonné dans le rapport de présentation, l'ouverture à l'urbanisation du secteur 2 à la réalisation de la viabilisation du secteur 1 est en conformité avec les dispositions de l'article R. 151-20 précitées qui prévoit des ouvertures à l'urbanisation à court terme en zone AU1 et à moyen terme en zone AU2.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'approbation du plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation explique de manière détaillée les choix retenus pour établir le PADD, le règlement et les OAP. Il présente un diagnostic socio-économique et environnemental, au sein duquel il aborde les questions liées aux risques naturels et établit un bilan des servitudes. De même, il analyse les capacités foncières du PLU en vigueur au regard des capacités de densification des espaces bâtis et des besoins en logement, et précise que les capacités foncières principales du chef-lieu de Rambaud. Le rapport indique enfin de manière détaillée les modalités de mise en œuvre de cet objectif de densification et s'accompagne des documents graphiques délimitant strictement les différentes zones AU. Contrairement à ce que soutient M. B, il ne résulte d'aucun principe ni d'aucun texte que les rapports de présentation doivent préciser, dans les zones ouvertes à l'urbanisation, les dates de réalisation des travaux et les délais estimés pour les travaux de viabilisation. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le rapport de présentation ne contient pas toutes les précisions nécessaires pour connaitre les intentions concrètes de la commune concernant la zone Devant de Ville n°2 doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-43 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme comportent en annexe les servitudes d'utilité publique affectant l'utilisation du sol et figurant sur une liste dressée par décret en Conseil d'Etat. ".
9. Si M. B soutient que le lotissement du Pré-Vescal, compris dans la zone Devant de Ville n°2, serait grevé par une servitude d'épandage constituée par le lot n°15, devenu inconstructible en vertu d'un arrêté préfectoral du 15 octobre 1976, et que celle-ci n'est pas reprise par les documents d'urbanisme, il ressort toutefois de l'acte notarié du 9 mars 1951 que cette servitude avait vocation d'assainissement des lots 1 à 14 du lotissement pendant les travaux exécutés par la société Secilef, qui avait acheté les lots, et que le raccordement au système d'assainissement collectif a depuis été réalisé. Dans ces conditions, la servitude n'ayant plus d'objet, elle n'avait pas à être annexée au PLU. Par suite, le moyen tiré de l'omission d'une servitude d'utilité publique Devant de Ville n°2 doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dans sa version applicable à la date du litige : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants :
1° L'équilibre entre : () 5° La prévention des risques naturels prévisibles, des risques miniers, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature ;() ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le territoire de la commune n'est pas couvert par un plan de prévention des risques naturels et que le rapport de présentation comporte, page 35, la cartographie des risques naturels réalisée par la direction des territoire des Hautes-Alpes. M. B n'apporte aucun élément de nature à justifier que cette carte aurait été incomplète ou que le niveau de risque invoqué soit tel que la zone Devant de Ville 2 ne puisse être ouverte à l'urbanisation. S'il indique que la présence d'un ruisseau dormant au droit de la zone Devant de Ville n°2 impliquerait un risque torrentiel, il ressort des écritures de la commune, non contestées par le requérant, que la zone AU a été limitée à l'Est afin de tenir compte de l'existence dudit ruisseau. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les risques naturels n'auraient pas été pris en compte par les documents d'urbanisme. Par suite, les dispositions susvisées n'ont pas été méconnues.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 125-2 du code de l'environnement : " Les citoyens ont un droit à l'information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Ce droit s'applique aux risques technologiques et aux risques naturels prévisibles. ".
13. M. B ne peut utilement se prévaloir de ces disposions qui ne trouvent pas à s'appliquer au présent litige.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 27 janvier 2020.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative, à verser à la commune de Rambaud.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Rambaud une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Rambaud.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026