jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET LAMBALLAIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2020, Mme B A, épouse C, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel négatif, délivré le 11 février 2020 par le maire de La Barben ;
2°) d'enjoindre au maire de La Barben de procéder à une nouvelle instruction de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Barben la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le motif tiré de ce que l'opération ne pourrait être réalisée, car située en dehors des parties urbanisées de la commune, est erroné ;
- le motif tiré de ce que l'opération ne pourrait être réalisée, car exposée à un risque d'inondation, est erroné.
Mise en demeure de présenter ses observations par une lettre qui a été prise en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative et qui a été mise à sa disposition par l'application Télérecours le 14 octobre 2021 à 11h23, la commune de La Barben n'a pas produit de mémoire.
Par un mémoire, enregistré le 8 novembre 2022, Mme B C a déclaré reprendre l'instance engagée par sa mère, Mme B A, épouse C, décédée le 23 mai 2021.
Par ordonnance en date du 9 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée 24 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- et les conclusions de M. Terras, rapporteur public.
Une note en délibéré, présentée par Me Jarre pour la requérante, a été enregistrée le 8 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 décembre 2019, Mme C, née A, a déposé auprès des services de la commune de La Barben une demande tendant à l'obtention d'un certificat d'urbanisme opérationnel au titre du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, en vue de la réalisation d'une construction à usage d'habitation sur un terrain à détacher en partie nord d'une parcelle dont elle est propriétaire, cadastrée AC n°1 sur le territoire de ladite commune. Le 11 février 2020, le maire de La Barben lui a délivré un certificat négatif, dont Mme C demande l'annulation dans la présente instance.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 410-14 du code de l'urbanisme : " Dans les cas prévus au b de l'article L. 410-1, lorsque la décision indique que le terrain ne peut être utilisé pour la réalisation de l'opération mentionnée dans la demande, ou lorsqu'elle est assortie de prescriptions, elle doit être motivée. "
3. Le certificat en litige expose les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Dans les premières, sont visés notamment le code de l'urbanisme, plus précisément ses articles L. 410-1, R. 410-1, L. 111-1 et suivants et R. 111-1 et suivants. Parmi les secondes, sont rappelés en particulier l'objet de la demande présentée par Mme C, la circonstance que le terrain d'assiette de l'opération envisagée est située hors des parties urbanisées de la commune, et la situation du terrain en zone B2 du plan d'exposition aux risques naturels prévisibles " Séismes " approuvé par arrêté préfectoral du 2 novembre 1989. Ces éléments suffisent, au regard des dispositions précitées de l'article R. 410-14, à mettre le requérant en mesure de discuter utilement le certificat attaqué et permettent au juge d'en contrôler les motifs. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée :/ a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ;/ b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus.//() ".
5. Il ressort du certificat en litige qu'en raison de la caducité du plan d'occupation des sols de la commune intervenu le 27 mars 2017, le territoire de la commune de La Barben n'est pas couvert par un plan local d'urbanisme, ou un document d'urbanisme en tenant lieu à la date de la décision contestée. Par suite, les autorisations d'urbanisme sont soumises aux dispositions du règlement national d'urbanisme, et notamment à l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme qui dispose : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". Aux termes de l'article L. 111-4 du même code : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune :/ 1° L'adaptation, le changement de destination, la réfection, l'extension des constructions existantes ou la construction de bâtiments nouveaux à usage d'habitation à l'intérieur du périmètre regroupant les bâtiments d'une ancienne exploitation agricole, dans le respect des traditions architecturales locales ;/ 2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées, à la réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, à la mise en valeur des ressources naturelles et à la réalisation d'opérations d'intérêt national ;/() ".
6. Il résulte de la conjugaison de ces dispositions qu'en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, sont interdites, en principe, les constructions implantées en dehors des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors des cas où ils relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4, les projets ne peuvent être autorisés, dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune.
7. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la vue aérienne extraite de Géoportail versée en pièce n° 4 jointe à la requête, que le nombre et la densité des constructions existantes sur le secteur proche de la parcelle en litige en rive nord de la route des Feissiniers peuvent conduire à regarder ce secteur, qui n'est d'ailleurs pas exactement en face de la parcelle en cause mais à l'est, comme une partie urbanisée de la commune de La Barben. En revanche, il ressort de la même pièce que l'urbanisation qui s'est développée le long de la rive sud de la route des Feissiniers, au bord de laquelle se trouve la parcelle en litige, présente un caractère diffus, notamment en raison de l'étendue des parcelles qui supportent déjà des constructions, ou qui en supporteront à bref délai en raison de permis de construire délivrés à la date de l'arrêté contesté. A cet égard, la circonstance que le côté ouest de la parcelle en litige soit contigu avec une zone à urbaniser AU, actuellement dépourvue de toute construction et située sur le territoire de la commune limitrophe de Pélissanne, est sans incidence sur l'appréciation du caractère actuellement urbanisé de la partie du territoire de la commune de La Barben dans laquelle se trouve la parcelle en litige. Par suite, doit être écarté le moyen tiré de ce que le certificat délivré, négatif au motif que la construction envisagée se situerait en dehors des parties urbanisées de la commune, serait entaché d'erreurs de fait et de droit au regard des articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme.
9. Il résulte de l'instruction que le maire de La Barben aurait pris le même certificat négatif s'il s'était fondé sur le seul motif tiré de la non-conformité de l'opération envisagée avec les articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme. Par suite, il n'y a pas lieu de se prononcer sur la légalité de l'autre motif fondant, au demeurant à titre superfétatoire, le caractère négatif du certificat en litige.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation du certificat qu'elle conteste.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Barben, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de La Barben.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- M. Peyrot, premier conseiller,
assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet de Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026