mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LE ROUX-BRIN-KUJAWA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 mars, 15 novembre 2020, 30 décembre 2021 et 24 mars 2022, Mme D C, représentée par Me Cros, demande au tribunal :
1°) d'annuler le permis de construire délivré tacitement le 25 septembre 2019 à M. B, le certificat du 17 octobre 2019 attestant l'existence de ce permis ainsi que la décision du 25 janvier 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir ;
- le dossier de permis de construire ne contient pas de documents graphiques permettant de visualiser les constructions à démolir ;
- les actes ont été obtenus par fraude compte tenu du caractère erroné des distances indiquées au dossier ;
- ils méconnaissent l'article 12 du règlement du PLU à défaut de place de stationnement supplémentaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 juin 2020, 23 juin 2021 et 7 mars 2022 M. A B, représenté par Me Le Roux, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de Mme C une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requérante ne dispose pas d'un intérêt à agir ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 septembre 2020 et 18 janvier 2022, la commune de Marseille, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 12 du règlement du PLU est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- les observations de Me Cros, représentant Mme C, et celles de Me Le Roux, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 juillet 2019, M. A B, propriétaire d'une maison n° 60 au sein de la résidence le Jardin des Hespérides à Marseille, a sollicité la délivrance d'un permis de démolir un local de climatisation, de démolir partiellement un salon d'été et de construire à nouveau ces locaux, de manière à régulariser ces constructions réalisées sans permis. Un permis de construire tacite est né du silence gardé par l'administration le 25 septembre 2019. Un certificat de permis tacite lui a par la suite été délivré le 17 octobre 2019. Le 22 novembre 2019, Mme D C, propriétaire d'une maison n° 59 au sein de la même résidence, a présenté un recours gracieux. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler les décisions portant permis de construire tacite, certificat de permis de construire et rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 c) du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de la demande de permis de construire comporte des plans de masse, des plans des façades et de la toiture faisant apparaître les constructions à démolir et celles projetées, et qui représentent également la parcelle et l'habitation de Mme C. Ces documents sont de nature à révéler le positionnement de ces différentes constructions, en particulier la distance entre le projet litigieux et la limite parcellaire de la requérante. Le dossier comporte également des photographies au sol, dont deux offrent une vue sur la maison de l'intéressée. Enfin, la notice de présentation du projet mentionne que le salon d'été a été réalisé sans autorisation, est mal implanté à une distance de 2,60 mètres de la limite séparative, et qu'il sera réalisé avec une toiture plate inaccessible. L'ensemble de ces documents a permis à l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet de construction, notamment par rapport aux constructions avoisinantes, et ainsi la conformité du projet à la réglementation applicable. Le moyen tiré de la composition irrégulière du dossier de demande de permis doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
6. Le dossier de permis de construire fait état d'une toiture plate inaccessible sur le projet de salon d'été. Les différents plans d'état des lieux mentionnent également un local pour la climatisation et un salon d'été situés respectivement à 1,90 mètre et 2,60 mètres de la limite séparative. Il ressort des différents plans transmis que le projet en litige implique la démolition du local et d'une partie du salon d'été afin que ce dernier soit implanté à 3 mètres de la limite séparative. La requérante affirme qu'après réalisation des travaux, la distance entre le salon d'été et la limite séparative s'établira à 2,65 mètres, révélant l'existence de mesures erronées dans le projet de nature à caractériser une fraude. Toutefois, la présence au dossier de mentions erronées ne permet pas par elle-même de caractériser une telle fraude. Et par ailleurs, la circonstance que la réalisation du projet, à la supposer terminée, ce qui en l'espèce n'est pas établi, ne soit pas conforme aux indications présentées dans le dossier de permis ne permet pas davantage de caractériser une intention de frauder. En l'espèce, contrairement à ce qu'indique la requérante, il ressort des pièces du dossier, en particulier des différentes photographies illustrant le positionnement de l'habitation préexistante par rapport au salon d'été, que ce dernier n'a pas été partiellement détruit conformément à ce qu'annonce le projet, seul le local de climatisation ayant à ce jour été démoli. Par suite, la requérante ne démontre pas que les mesures soumises à l'autorité administratives étaient erronées, et aucune fraude n'est établie à la date de la délivrance du permis contesté.
7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour les travaux sur les constructions existantes à destination d'habitat, s'il est créé plus de 40m² de surface de plancher ou plus de 1 logement supplémentaire, il est exigé 1 place de stationnement par tranche entamée de 50 m² de surface de plancher créée ou 1 place de stationnement par logement supplémentaire créé ".
8. Il est constant que le projet comporte une place de stationnement supplémentaire. La circonstance que cette place de stationnement n'aurait pas été effectivement créée est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions mentionnées ci-dessus ne peut qu'être écarté, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme sollicitée par M. B au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, M. A B et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Arnaiud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition confirme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026