mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LEMAIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 mars 2020, le 20 octobre 2020, le 2 février 2021 et le 20 mai 2021, M. B A, représenté par Me Lemaire, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2020 par lequel le maire de Châteaurenard a délivré à la SCI Les Cigales un permis de construire un hangar avec places de stationnement sur un terrain situé 1307, route d'Avignon ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Châteaurenard la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de demande d'autorisation est incomplet ;
- le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et le conseil départemental n'ont pas été consultés ;
- la décision contestée méconnait les articles 1AUz3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) et R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires, enregistrés le 14 mai 2020, et le 3 novembre 2020, la SCI Les Cigales, représentée par Me Sacchet, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et, en toutes hypothèses, demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne justifie pas de sa qualité à agir ;
- la requête est tardive ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 16 mars 2021, la commune de Chateaurenard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 avril 2022, a été prononcée, en dernier lieu, la clôture de l'instruction.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique
- et les observations de Me Anselmino, représentant la commune de Chateaurenard et de Me Thellide représentant la SCI les cigales.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 21 janvier 2020, le maire de Chateaurenard a délivré à la SCI les Cigales un permis de construire un hangar d'une surface de 227, 20 m² avec places de stationnement sur un terrain situé 1307 route d'Avignon. Cette autorisation a été modifiée par décision du 23 décembre 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " R. 431-8 : Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet :a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ;e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Et aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier côté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les côtes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'abord, eu égard à la destination de la construction, qui consiste en l'édification d'un hangar avec places de stationnement, il n'est pas établi par les pièces du dossier que le raccordement au réseau de distribution en eau potable et à l'évacuation des eaux usées aurait été nécessaire. Ainsi, l'insuffisance du dossier de demande sur ce point n'a pu exercer d'influence sur le sens de la décision contestée. En outre, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette se situe en zone BE au sein de laquelle le plan de prévention des risques inondation (PPRI) de la Basse Vallée de la Durance ne fixe aucune prescription constructive mais uniquement des recommandations. Aussi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les côtes du plan de masse ne seraient pas rattachées au système altimétrique de référence dudit PPRI. Enfin, les dispositions de l'article R. 431-8 précité n'exigent pas qu'il soit expressément fait mention des réseaux dans les notices explicatives. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande d'autorisation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ". Aux termes de l'article R. 423-53 du même code : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le projet ne porte pas sur une dépendance du domaine public, constitué par la route départementale, mais seulement sur l'accès au chemin de servitude sis sur la parcelle 58, débouchant sur ladite route départementale. Il s'ensuit que la consultation du département des Bouches-du-Rhône n'était pas impérative. En outre, la consultation du SDIS n'est pas obligatoire pour les projets de hangar. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut être accueilli.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 1AUz3 du règlement du PLU : " Les accès et voirie doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de ramassage des ordures ménagères. Les dimensions, formes, caractéristiques techniques des accès, voirie publiques ou privés doivent être adaptées aux usages qu'ils supportent ou aux opérations qu'elles desservent. Règlement : Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies publiques, l'accès sur celle de ces voies qui présenterait un gène ou un risque pour la circulation, est interdit. (). ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
8. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique permettent d'octroyer un permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
9. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette se situe en zone AUz, zone d'urbanisation future à usage d'activité industrielle et commerciale, à côté de la zone d'activité de Barret qui induit une circulation importante de véhicules et de poids lourds sur l'ensemble de cette zone. Le chemin de desserte du projet, qui est entretenu, rectiligne et sans déclivité, ne dessert que deux maisons d'habitation et ne sera emprunté que sur une dizaine de mètres par les usagers du projet. Ainsi, le projet, à supposer même qu'il induise un afflux de circulation supplémentaire, n'est pas de nature à créer ou aggraver des risques de sécurité sur ledit chemin de desserte. Par suite, il n'est pas établi que cette voie n'aurait pas les caractéristiques nécessaires pour supporter un accroissement du trafic routier alors même qu'il s'agirait de poids lourds. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance des accès doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir invoquées en défense, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais irrépétibles :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chateaurenard et de la SCI Les Cigales qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au même titre à verser la commune de Chateaurenard et la SCI Les Cigales.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Chateaurenard et à la SCI Les Cigales une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SCI Les Cigales et à la commune de Chateaurenard.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fayard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
F. FOURRIER
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026