mercredi 10 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002814 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GOBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2020, la société Finareal, représentée par Me Fouilleul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du territoire Marseille-Provence ;
2°) d'enjoindre à la métropole Aix-Marseille-Provence de modifier le classement de sa parcelle en zone AUH ou AUM et, à défaut, en zone AU3 ou AU1 ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence une somme de
4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de la certification de conformité est incompétent ;
- l'affichage de la délibération est incomplet ;
- la délibération est entachée d'un manque de clarté et d'intelligibilité ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de motivation de l'avis du commissaire-enquêteur ;
- le classement de sa parcelle en zone AU2 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 novembre 2020, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Mialot, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens présentés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 janvier 2021, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat à 11 heures en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Le mémoire enregistré le 12 janvier 2021 à 16 heures 27 pour la société requérante n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- les observations de Me Ponsot, représentant la société Finareal, et celles de
Me Poulard, représentant la métropole Aix-Marseille-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que la société Finareal est propriétaire d'une parcelle cadastrée section DZ n° 0059 située chemin de Barbaraou sur la commune d'Allauch. Elle demande l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du territoire Marseille Provence.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre () ". Aux termes de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors applicable : " Les délibérations sont inscrites par ordre de date. / Elles sont signées par tous les membres présents à la séance, ou mention est faite de la cause qui les a empêchés de signer ".
3. S'agissant du respect des formalités afférentes à leur signature, les délibérations d'un conseil métropolitain ne sont pas soumises aux dispositions générales de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, mais aux dispositions spéciales de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales, qui prévoit la signature de tous les membres présents à la séance, lesquelles ne sont pas prescrites à peine de nullité de ces délibérations. Sont dès lors sans incidence sur la légalité de la délibération contestée les circonstances qu'elle ne serait pas signée par les conseillers communautaires et que l'auteur de la mention " certifié conforme " serait incompétent.
4. En deuxième lieu, la circonstance selon laquelle la délibération attaquée n'aurait pas fait l'objet d'un affichage sur l'ensemble des communes concernées est sans incidence sur sa légalité.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions et contre-propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserve ou défavorables au projet () ". Si ces dispositions n'imposent pas au commissaire-enquêteur de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
6. A l'issue de l'enquête publique, la commission d'enquête a rendu un avis favorable au projet de PLUi, assorti de 17 réserves et de 32 recommandations. Il ressort des pièces du dossier que la commission a recueilli 7 787 demandes distinctes. Son rapport a classé ces nombreuses observations par localisation et thématique, classement qui répond à la volonté de les rendre plus lisibles. Il comporte, en outre, un avis motivé de 143 pages, distinct du résumé des observations, ainsi qu'un procès-verbal de synthèse des observations dans lequel la commission d'enquête fait une analyse synthétique des demandes individuelles de constructibilité. Les observations produites par la société Finareal ont été dûment enregistrées au tableau des observations n°1 " par site et par auteur " annexé au rapport et le commissaire-enquêteur n'était pas tenu d'y répondre spécifiquement. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen soulevé par la société requérante tiré de ce que la délibération attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en tant que le commissaire enquêteur aurait insuffisamment motivé son avis.
7. En quatrième lieu, si les dispositions de l'article 2 de la délibération attaquée sont reprises à l'identique par l'article 3 et si deux articles différents sont numérotés " article 3 ", ces erreurs, purement matérielles, n'ont pas d'influence sur la clarté ou l'intelligibilité ni de l'arrêté attaqué ni, au demeurant, des dispositions du document d'urbanisme approuvé par cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération serait entachée d'un manque de clarté et d'intelligibilité doit être écarté.
8. En cinquième lieu, en vertu de l'article L. 131-1 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige, les plans locaux d'urbanisme sont compatibles avec le document d'orientations et d'objectifs des schémas de cohérence territoriale (SCOT). Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
9. Le document d'orientations générales (DOG) du schéma de cohérence territoriale (SCoT), approuvé le 29 juin 2012 par la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole, affiche comme objectif de préserver et de développer l'offre de locaux d'activités (artisanat, petite logistique, activités de services) dans le tissu urbain en tenant compte de la forme urbaine et en organisant une mixité fonctionnelle. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle de la requérante, auparavant classée AUE, soit une zone à urbaniser réglementée à vocation d'activités économiques et de services d'intérêt collectif, a été classée en zone AU2, c'est-à-dire en zone à urbaniser à vocation principale d'activités économiques qui correspond ainsi à l'objectif de développement de locaux d'activités. Par ailleurs, la zone en cause concerne des parcelles peu ou non urbanisées et se situe entre des zones classées U et des zones classées N. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le classement de sa parcelle en zone AU2 rend le PLUi incompatible avec le SCoT.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
11. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme (PLU) entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
12. Selon le PADD applicable à la commune d'Allauch, le territoire de cette dernière est composé de tissus pavillonnaires aux densités diverses, entre tissus denses et plus mités situés aux franges de la zone urbaine avec la zone naturelle, sur des espaces à la topographie marquée qui " ne feront donc pas l'objet d'évolution, mais plutôt de limitation ". Par contre, les secteurs pavillonnaires mieux desservis, présentant moins de contraintes que les quartiers en franges, peuvent faire l'objet d'évolutions dans la mesure des capacités d'assimilation des quartiers. Ainsi, les secteurs pavillonnaires entre les zones urbaines et les zones naturelles peuvent être soit préservés soit, en fonction de leur desserte, faire l'objet d'évolutions du tissu urbain. Alors que les capacités de desserte de la parcelle en cause ne sont pas décrites, et compte tenu, d'une part, de sa faible urbanisation et de sa situation entre des zones classées U et des zones classées N et, d'autre part, de son zonage AU2 dédié au développement d'activités économiques, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le classement de sa parcelle en zone AU2 caractériserait une incohérence entre le règlement classant sa parcelle et le PADD.
13. En dernier lieu, la zone AU2 à vocation à accueillir des activités économiques. Compte tenu de la situation de la parcelle de la requérante, telle que décrite au point précédent, c'est-à-dire en limite de zones A et N, sur les contreforts du massif du Garlaban et en limite d'urbanisation, son classement en zone AU2 n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Finareal doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par la société requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Finareal demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Finareal une somme de 1 000 euros à verser à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la société Finareal est rejetée.
Article 2 : La société Finareal versera une somme de 1 000 euros à la métropole Aix-Marseille-Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Finareal et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Copie en sera transmise pour information à la commune d'Allauch.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026