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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2003550

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2003550

mardi 18 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2003550
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantDANJOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai 2020 et 27 avril 2022, M. B C et Mme E F, représentés par Me Danjou, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2020 par lequel le maire de la commune de La Ciotat a constaté la situation de péril imminent du mur de soutènement de leur propriété située au 590 boulevard de Lavaux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat les frais et honoraire de l'expert désigné par le tribunal administratif de Marseille ainsi qu'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la régularité de la délégation consentie au premier adjoint, signataire de l'arrêté attaqué, n'est pas justifiée ;

- cet arrêté ne mentionne pas le nom des propriétaires concernés ;

- la propriété bornée par le mur de soutènement est grevée d'une servitude aux fins d'agrandissement de la voie publique ; les travaux prescrits par l'arrêté attaqué et leur caractère pérenne ne sont pas conformes à la destination de cet emplacement réservé ;

- le mur de soutènement, qui protège la voirie des chutes de pierres et matériaux et concourt à l'utilisation de celle-ci, est un ouvrage public ; de ce fait, le mur doit être entretenu par la collectivité et la procédure de péril imminent n'est pas applicable ;

- le seul fait que les travaux prescrits par l'arrêté attaqué ont été réalisés par la commune ne permet pas de mettre un terme au litige notamment au regard des frais en résultant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2022, la commune de La Ciotat conclut au non-lieu à statuer sur la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les travaux prescrits par l'arrêté du 18 février 2020 ont été réalisés et qu'elle a prononcé la mainlevée de cet arrêté le 6 août 2021.

Vu l'ordonnance n° 2000954 du 5 février 2020 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Marseille a ordonné une expertise en vue d'apprécier l'état de l'immeuble situé au 590 boulevard de Lavaux sur la commune de Ciotat ;

Vu le rapport de l'expert enregistré le 6 février 2020 ;

Vu l'ordonnance en date du 12 mars 2020 par laquelle la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 766,66 euros ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,

- et les observations de Me Danjou, représentant M. C et Mme F.

Une note en délibéré, présentée pour M. C et Mme F, a été enregistrée le 4 octobre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Par une lettre du 30 janvier 2020, M. C et Mme F ont été avertis de l'intention du maire de la commune de La Ciotat d'engager une procédure de péril imminent concernant le mur de soutènement de leur propriété située au 590 boulevard de Lavaux. A la demande du maire, le tribunal administratif de Marseille a désigné le 5 février 2020 M. A, expert, dont le rapport a été remis le 6 suivant. Par un arrêté du 18 février 2020, le premier adjoint du maire a prononcé l'état de péril imminent du mur de soutènement et a prescrit les travaux devant être réalisés pour mettre fin à ce péril. Les requérants demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. / Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais. / Si les mesures ont à la fois conjuré l'imminence du danger et mis fin durablement au péril, le maire, sur le rapport d'un homme de l'art, prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement () ". La contestation d'un arrêté de péril imminent, pris sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation relève du contentieux de pleine juridiction.

3. Il résulte de l'instruction que la commune de La Ciotat a réalisé les travaux prescrits par l'arrêté attaqué. A la suite du constat de la réalisation conforme de ces travaux par un agent des services techniques de la commune, le maire a prononcé la mainlevée de l'arrêté de péril imminent par un arrêté du 6 août 2021. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 février 2020 ont perdu leur objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de La Ciotat les frais de l'expertise, d'un montant de 776,66 euros, ordonnée par le tribunal. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des parties une somme au titre des frais exposés par chacune d'elles et non compris par les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 février 2020 par lequel le maire de la commune de La Ciotat a constaté la situation de péril imminent du mur de soutènement de la propriété de M. C et de Mme F située au 590 boulevard de Lavaux .

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les frais d'expertise d'un montant de 766,66 euros sont mis à la charge de la commune de La Ciotat.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de La Ciotat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme E F, à la commune de La Ciotat et à M. A, expert.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.

La magistrate désignée,

Signé

E-M. D

La greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

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