mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2003814 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LATAPIE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 29 août 2019, le tribunal des pensions militaires de Marseille a sursis à statuer sur les conclusions de la requête de M. D enregistrée le 17 août 2018 tendant à l'annulation de la décision du 8 février 2018, et a ordonné une expertise en vue de se prononcer sur son infirmité.
Par l'effet de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Marseille a transmis au tribunal administratif de Marseille le dossier de l'instance introduite par M. D enregistrée au greffe du tribunal le 22 mai 2020.
Par cette requête, M. A D, représenté par Me Latapie, demande au tribunal d'annuler la décision du 8 février 2018 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de sa pension militaire d'invalidité.
Il soutient que :
- il était en service au moment où il a eu son accident ;
- son infirmité est imputable au service ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2019, la ministre des armées conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par un courrier du 20 février 2023 Me Latapie, désigné au titre de l'aide juridictionnelle, a été mis en demeure de produire.
Par un courrier du 14 avril 2023 M. D a été informé que son avocat n'avait pas produit de mémoire et qu'il disposait d'un mois pour, s'il le souhaitait, choisir un autre avocat.
Vu :
- la décision accordant l'aide juridictionnelle totale à M. D du 5 mars 2019 ;
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif du 21 février 2022 désignant le docteur C en qualité d'expert ;
- l'ordonnance de la présidente du tribunal administratif du 12 avril 2023 taxant et liquidant les frais d'expertise à la somme de 1 000 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gonneau, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D s'est engagé dans l'armée française le 1er octobre 2001. Le 29 avril 2015, il a présenté une demande de pension militaire d'invalidité pour l'infirmité " ostéonécrose de la tête humérale épaule droite ". Par une décision du 8 février 2018, la ministre des armées a rejeté sa demande au motif que la preuve de l'imputabilité n'était pas établie. M. D demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, en vigueur à la date de la demande de M. D : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; () 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service ". Aux termes de l'article L. 3 de ce code : " Lorsqu'il n'est pas possible d'administrer ni la preuve que l'infirmité ou l'aggravation résulte d'une des causes prévues à l'article L. 2, ni la preuve contraire, la présomption d'imputabilité au service bénéficie à l'intéressé à condition : 1° S'il s'agit de blessure, qu'elle ait été constatée avant le renvoi du militaire dans ses foyers ; () 3° En tout état de cause, que soit établie, médicalement, la filiation entre la blessure ou la maladie ayant fait l'objet de la constatation et l'infirmité invoquée. En cas d'interruption de service d'une durée supérieure à quatre-vingt-dix jours, la présomption ne joue qu'après le quatre-vingt-dixième jour suivant la reprise du service actif. La présomption définie au présent article s'applique exclusivement aux constatations faites, soit pendant le service accompli au cours de la guerre 1939-1945, soit au cours d'une expédition déclarée campagne de guerre, soit pendant le service accompli par les militaires pendant la durée légale, compte tenu des délais prévus aux précédents alinéas () ". Aux termes de l'article L. 4 de ce code : " Les pensions sont établies d'après le degré d'invalidité. Sont prises en considération les infirmités entraînant une invalidité égale ou supérieure à 10 %. Il est concédé une pension : () 3° Au titre d'infirmité résultant exclusivement de maladie, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse : 30 % en cas d'infirmité unique ; 40 % en cas d'infirmités multiples () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque la présomption légale d'imputabilité ne peut être invoquée, l'intéressé doit apporter la preuve de l'existence d'une relation directe et certaine entre l'origine ou l'aggravation de son infirmité et une blessure reçue, un accident subi ou une maladie contractée par le fait du service. Cette preuve ne peut pas résulter de la seule circonstance que l'infirmité est apparue durant le service, d'une hypothèse médicale, d'une vraisemblance ou d'une probabilité ou encore des conditions générales du service.
4. Pour rejeter la demande du requérant, la ministre des armées a considéré que l'ostéonécrose affectant M. D n'avait pas été constatée lors d'une opération de guerre ou de maintien de l'ordre permettant de présumer l'existence d'un lien d'imputabilité avec le service, et qu'elle ne résultait pas d'un fait précis survenu au cours d'une séance de sport de l'intéressé. Il résulte de l'expertise réalisée le 28 novembre 2022 que, s'il n'est pas possible de déterminer l'origine de l'ostéonécrose, cette infirmité ne peut être regardée comme un accident de service ou une pathologie liée à son activité de professeur de sport dans l'armée dès lors qu'aucune pièce médicale n'indique que M. D aurait subi un traumatisme violent et unique, seul de nature, selon l'expert, à provoquer cette pathologie. M. D, qui allègue avoir subi une multitude de chutes, de chocs violents et de traumatismes sur son épaule dans le cadre de son service, ne produit toutefois aucune pièce permettant de contredire cette expertise. Dans ces conditions, la ministre des armées n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que l'infirmité de M. D n'était pas imputable au service.
5. Il résulte de ce qui précède M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 février 2018.
Sur les frais d'expertise :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Les dépenses qui incomberaient au bénéficiaire de l'aide juridictionnelle s'il n'avait pas cette aide sont à la charge de l'Etat () ". Aux termes de l'article 40 de la même loi : " L'aide juridictionnelle concerne tous les frais afférents aux instances, procédures ou actes pour lesquels elle a été accordée, à l'exception des droits de plaidoirie. / Le bénéficiaire de l'aide est dispensé du paiement, de l'avance ou de la consignation de ces frais. / Les frais occasionnés par les mesures d'instruction sont avancés par l'Etat ". Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, lorsque la partie perdante bénéficie de l'aide juridictionnelle totale, et hors le cas où le juge décide de faire usage de la faculté que lui ouvre l'article R. 761-1 du code de justice administrative, en présence de circonstances particulières, de mettre les dépens à la charge d'une autre partie, les frais d'expertise incombent à l'État.
7. Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés pour un montant de 1 000 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal du 12 avril 2023, sont mis à la charge de l'État au titre de l'aide juridictionnelle totale dont M. D est bénéficiaire.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros, sont mis à la charge de de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au ministre des armées.
Copie en sera adressé à l'expert M. B C.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère
Mme Charbit, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
P-Y. GonneauLa première conseillère,
Signé
É. Devictor
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2003814
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026