mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2003849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LÊ |
Vu la procédure suivante :
Par l'effet de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Marseille a transmis au tribunal administratif de Marseille le dossier de l'instance introduite par M. B A le 25 octobre 2019, enregistré au greffe du tribunal le 22 mai 2020.
Par un mémoire enregistré le 17 avril 2023, M. A, représenté par Me Lê, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2019 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de révision de sa pension militaire d'invalidité au titre de ses infirmités " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier " et " séquelles de fracture de la cheville gauche " et rejeté sa demande de pension nouvelle pour l'infirmité " douleurs lombo-dorsales permanentes ".
2°) d'enjoindre à la ministre des armées de fixer le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier " au taux de 50% à compter 14 septembre 2020 et sur la période du 19 mars 2012 au 24 octobre 2016 et à ce jour, de fixer le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de fracture de la cheville gauche " au taux de 40% et celui de son infirmité " douleurs lombo-dorsales permanentes " au taux de 10% à compter du 25 octobre 2016.
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 800 euros à Me Lê sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier " doit être fixé à 50% ;
- le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de fracture de la cheville gauche " doit être fixé à 40% ;
- le taux d'invalidité de son infirmité " dorso-lombalgies chroniques. Pas de radiculalgie " doit être fixé à 10%.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le taux d'invalidité de l'infirmité de M. A " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier " doit être fixé à 50% à compter du 15 septembre 2017 ;
- il n'y a pas lieu de réviser le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de fracture de la cheville gauche " dès lors que l'expert ne fait état d'aucune aggravation de son infirmité ;
- le taux d'invalidité de son infirmité " dorso-lombalgies chroniques. Pas de radiculalgie " est inférieur au taux minimum indemnisable de 10% dès lors que le médecin en charge des pensions militaires d'invalidité, en désaccord avec l'expert, a relevé seulement un léger déficit fonctionnel avec une légère raideur rachidienne et une absence de radiculalgie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devictor,
- et les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est engagé dans l'armée française le 26 août 1971 et a été radié des contrôles le 19 avril 2011. Le 25 octobre 2016, il a présenté une demande de révision de sa pension militaire d'invalidité pour les infirmités " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier. Algies et Impotence de la main gauche " et " séquelles de fracture de la cheville gauche. Algies permanentes, boiterie nette, perte de 25% en flexion dorsale et en flexion plantaire, équin de 5°, fort retentissement fonctionnel " ainsi qu'une demande de pension militaire d'invalidité nouvelle pour l'infirmité " douleurs lombo-dorsales permanentes ". Par une décision du 16 septembre 2019, le ministre des armées a rejeté sa demande au motif qu'aucune aggravation n'a été constatée sur ses deux infirmités pensionnées, et que le taux d'invalidité de l'infirmité " douleurs lombo-dorsales permanentes " est inférieur au minimum indemnisable requis de 10 %. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, en vigueur à la date de la demande de M. A : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service ". Aux termes de l'article L. 3 de ce code : " Lorsqu'il n'est pas possible d'administrer ni la preuve que l'infirmité ou l'aggravation résulte d'une des causes prévues à l'article L. 2, ni la preuve contraire, la présomption d'imputabilité au service bénéficie à l'intéressé à condition : 1° S'il s'agit de blessure, qu'elle ait été constatée avant le renvoi du militaire dans ses foyers ; 2° S'il s'agit d'une maladie, qu'elle n'ait été constatée qu'après le quatre-vingt-dixième jour de service effectif et avant le soixantième jour suivant le retour du militaire dans ses foyers ; 3° En tout état de cause, que soit établie, médicalement, la filiation entre la blessure ou la maladie ayant fait l'objet de la constatation et l'infirmité invoquée. En cas d'interruption de service d'une durée supérieure à quatre-vingt-dix jours, la présomption ne joue qu'après le quatre-vingt-dixième jour suivant la reprise du service actif. La présomption définie au présent article s'applique exclusivement aux constatations faites, soit pendant le service accompli au cours de la guerre 1939-1945, soit au cours d'une expédition déclarée campagne de guerre, soit pendant le service accompli par les militaires pendant la durée légale, compte tenu des délais prévus aux précédents alinéas () ". Aux termes de l'article L. 4 de ce code : " Les pensions sont établies d'après le degré d'invalidité. Sont prises en considération les infirmités entraînant une invalidité égale ou supérieure à 10 %. Il est concédé une pension : () 3° Au titre d'infirmité résultant exclusivement de maladie, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse : 30 % en cas d'infirmité unique ; 40 % en cas d'infirmités multiples () ".
Sur l'infirmité " Séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier " :
3. Il résulte de l'instruction que le taux d'invalidité de cette infirmité a été fixé à 50% par le médecin en chef du bureau des expertises médicales dans son avis du 8 novembre 2022. Ce taux n'est pas contesté par le ministre des armées. Il y a lieu d'ouvrir le droit à révision de la pension à compter du 25 octobre 2016, date de sa demande de révision.
Sur l'infirmité " Séquelles de fracture de la cheville gauche "
4. Si le ministre fait valoir que l'expertise du 14 juin 2018 ne met en évidence aucune aggravation de cette infirmité, il résulte toutefois de l'instruction que, pour fixer le taux d'invalidité de cette infimité à 40%, l'expert a relevé que le requérant rencontre des difficultés importantes à la marche, le contraignant à un périmètre limité à 100 mètres et doit notamment disposer, compte tenu de son varus équin gauche et de son œdème de la cheville gauche, d'un appareillage de type botte anti équin ou chaussures thérapeutiques sur mesure avec aides techniques, dont il ne ressort pas de l'instruction qu'il en avait la nécessité jusqu'alors. Dans ces conditions, il y a lieu de constater l'aggravation de l'infirmité " séquelles de fracture de la cheville gauche " de M. A et de fixer le taux d'invalidité de cette infirmité à 40% à compter du 25 octobre 2016, date de sa demande.
Sur l'infirmité "Dorso-lombalgies chroniques. Pas de radiculalgie" :
5. Il résulte de l'instruction que le taux d'invalidité de cette infirmité a été fixé à 10% par l'expert dans son rapport du 14 juin 2018. Si le ministre conteste le taux retenu par l'expert, faisant valoir que le requérant ne souffre que d'une légère raideur lombaire sans douleur radiculaire, l'expert a toutefois relevé que le requérant souffre de douleurs du rachis dorso-lombaire avec raideur, diminution des rotations et inflexions latérales lombaires, qui le limitent dans son activité quotidienne et nécessitent la prise d'antalgique. Le requérant produit également un certificat médical du 13 juin 2016 attestant qu'il souffre de douleurs lombo-dorsales permanentes lui occasionnant les contraintes décrites. Dans ces conditions, dès lors que le guide barème prévoit un taux d'invalidité compris entre 5 et 25% en cas d'immobilisation douloureuse de la région lombaire, il sera fait une juste appréciation du taux d'invalidité de son infirmité " dorso-lombalgies chroniques. Pas de radiculalgie " en le fixant à 10% à compter du 25 octobre 2016, date de sa demande.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 16 septembre 2019 et qu'une pension militaire d'invalidité lui soit allouée au taux de 50% pour l'infirmité " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier ", aux taux de 40% pour l'infirmité " séquelles de fracture de la cheville gauche " et au taux de 10% pour l'infirmité " dorso-lombalgies chroniques. Pas de radiculalgie " à compter du 25 octobre 2016.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Lê, avocate de M. A, bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Annie Lê au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 16 septembre 2019 de la ministre des armées est annulée.
Article 2 : M. A a droit à une pension militaire d'invalidité pour l'infirmité " séquelles de maladie de Kienböck du poignet gauche chez un droitier " au taux de 50% à compter du 25 octobre 2016.
Article 3 : M. A a droit à une pension militaire d'invalidité pour l'infirmité " séquelles de fracture de la cheville gauche " au taux de 40% à compter du 25 octobre 2016.
Article 4 : M. A a droit à une pension militaire d'invalidité pour l'infirmité " dorso-lombalgies chroniques. Pas de radiculalgie " au taux de 10% à compter du 25 octobre 2016.
Article 5 : Sous réserve que Me Lê renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Annie Lê, avocate de M. A, une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Annie Lê et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Charbit, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
É. DevictorLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2003849
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026