jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2004272 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2020 et 29 juin 2022, Mme A B, représentée par Me Crisanti, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune d'Arles a rejeté sa demande indemnitaire préalable réceptionnée le 25 février 2020 ;
2°) de condamner la commune d'Arles à lui verser la somme de 23 059,70 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Arles une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune d'Arles a commis une faute en ne lui ayant pas adressé de mise en demeure de reprendre son poste l'informant qu'elle était susceptible en cas de refus de faire l'objet d'une mesure de radiation des cadres sans procédure disciplinaire ;
- la commune d'Arles a commis une faute en la radiant des cadres alors qu'elle était en arrêt de travail ;
- elle a subi un préjudice financier et un préjudice moral.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2022, la commune d'Arles, représentée par la SELARL Jean-Pierre et Walgenwitz avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juillet 2022.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- et les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B était agent titulaire, au grade d'adjointe du patrimoine de 2ème classe, affectée au sein du service nettoiement de la commune d'Arles. Par un arrêté du maire d'Arles du 29 novembre 2016 notifié le 1er décembre 2016, elle a été radiée des cadres de la fonction publique pour abandon de poste. Par un courrier recommandé avec accusé de réception du 21 février 2020 réceptionné le 25 février 2020, Mme B a adressé à la commune d'Arles un recours indemnitaire préalable resté sans réponse. Elle demande au tribunal de condamner la commune d'Arles à lui verser des dommages et intérêts en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de sa radiation des cadres qu'elle estime illégale, pour un montant total de 23 059,70 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire préalable
2. La décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à la demande indemnitaire préalable adressée le 25 février 2020 par le conseil de Mme B à la commune d'Arles a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante et a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les conclusions qu'elle présente à fin d'annulation de cette décision implicite ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité de la commune d'Arles :
3. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer ; une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation de cadres sans procédure disciplinaire préalable ; lorsque l'agent ne s'est ni présenté ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé ;
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la commune d'Arles a adressé à Mme B deux mises en demeure de reprendre ses fonctions, dont elle a accusé réception les 13 octobre puis 5 novembre 2016. Il résulte également de l'instruction que ces mises en demeure comportaient une information claire du risque qu'elle encourait, à défaut de reprise de ses fonctions, de radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Par suite, le moyen tiré du non- respect de l'envoi préalable d'une mise en demeure doit être écarté.
5. En second lieu, Mme B affirme qu'en tout état de cause elle ne pouvait être radiée des cadres de la fonction publique pour abandon de poste à compter du 21 novembre 2016 puisqu'elle a été en arrêt de travail jusqu'au 30 novembre 2016. Elle produit le duplicata d'un avis d'arrêt de travail couvrant la période du 2 mai 2016 au 30 novembre 2016. Toutefois, alors que la commune d'Arles conteste expressément avoir reçu cet arrêt de travail, Mme B se borne à soutenir qu'elle l'a remis en main propre " au service dédié " sans davantage de précision ni sur la date ni sur le nom de la personne ou le service à qui elle l'aurait remis. Ayant par ailleurs été avertie par deux mises en demeure successives, dont elle a accusé réception, du risque de radiation des cadres qu'elle encourait si elle ne reprenait pas son poste, elle ne s'est pas présentée à son poste, elle n'a pas fait connaître ses intentions à son employeur ni davantage adressé copie de l'arrêt de travail qu'elle verse aux débats, avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, pour justifier de son absence. Elle ne donne pas non plus d'explication à ce défaut de transmission. La commune d'Arles était, dès lors, en droit d'estimer que le lien avec le service avait été rompu du fait de l'intéressée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté prononçant le licenciement de Mme B pour abandon de poste n'est pas entaché d'illégalité. Dès lors, à défaut de toute illégalité fautive commise par la commune d'Arles, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la réalité des préjudices invoqués, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune à lui verser une somme en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Arles, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, une quelconque somme au profit du conseil de Mme B, bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. ll n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Arles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Cécile Crisanti et à la commune d'Arles.
Délibéré après l'audience du 1er mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026